«C’était un enfer». Le mot revient avec insistance dans les récits de ces hommes, femmes et enfants qui ont réussi à regagner Fnideq après s’être introduits dans la ville occupée. Beaucoup évoquent des nuits «catastrophiques», passées à errer dans des quartiers réputés dangereux, livrés à eux-mêmes, sans assistance.
Des femmes et des mineurs racontent avoir vécu «une peur réelle», notamment après avoir été témoins d’agressions visant d’autres migrants. «Les portes étaient fermées partout», confie une jeune femme. «Ni les habitants ni les forces de l’ordre espagnoles n’ont répondu à nos appels à l’aide».
La situation a atteint un point critique dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon plusieurs témoignages, des individus armés, parfois munis d’armes à feu et d’armes blanches, auraient pris pour cible des groupes de migrants, notamment dans les zones sud et ouest de la ville. Des tentatives d’agression visant des femmes et des enfants ont été rapportées, accentuant un climat de panique généralisée.
À ces violences s’ajoutent des conditions de vie extrêmes. Les personnes rencontrées évoquent une lutte constante contre la faim et la soif, aggravée par la fermeture, vendredi, de nombreux commerces, cafés et grandes surfaces dans la ville.
Face à cette situation jugée «insoutenable», des milliers de personnes ont finalement choisi de rebrousser chemin. Le flux de retour vers Fnideq s’est intensifié ces dernières heures, à travers le passage de Bab Sebta. Beaucoup affirment avoir été trompés par des réseaux de passeurs ou des appels diffusés sur les réseaux sociaux.
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Dans les gares routières de Tétouan, Tanger, l’affluence a été particulièrement importante, des milliers de jeunes regagnant leurs villes d’origine, notamment Chefchaouen, Ouezzane, Larache, Ksar El Kébir ou encore Kénitra.
Sur les 50.000 à 60.000 migrants, plus de 48.000 sont déjà rentrés à Fnideq, d’après le gouvernement espagnol.
الفنيدق تستعيد طبيعتها بعد موجة اقتحام معبر سبتة. le360
Samedi matin, à l’occasion d’un point presse, le ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska a annoncé qu’au moins 67 migrants sont morts en essayant d’entrer à Sebta, évoquant des «événements tristes, dramatiques».
«En moins de 48 heures, la situation à Sebta n’a plus rien à voir et un retour à la normale est en cours», a par ailleurs indiqué Fernando Grande-Marlaska depuis Sebta, à l’issue d’une réunion d’urgence sur cette crise d’ampleur inédite.
Pour les rescapés, l’expérience a laissé des traces profondes. «On ne recommencera plus jamais», assurent-ils, encore marqués par ce qu’ils décrivent comme l’un des épisodes les plus éprouvants de leur vie.











