Mostafa Nissabouri

Mostafa Nissabouri est une figure du mouvement culturel post-indépendance. Il est l’un des fondateurs des revues Souffles (1966) et Intégral (1971), symboles de renouveau, de liberté de pensée, d’émergence littéraire et de la réflexion autour de la création picturale. Ses œuvres, essentiellement poétiques, ont été traduites en arabe et en anglais.

La gravure d’Anfa
Pour des raisons d’aménagement urbain, la tour fut détruite par les autorités du Protectorat dans les années 1940. Dans l’intervalle, la tour était devenue une référence pour les vieux casablancais: qui n’en a pas souvenir n’est qu’un intrus de campagnard. Il fallut attendre 1994 pour la voir à nouveau surgir au même endroit, reconstruite à l’identique par le conseil municipal de la ville; le conseil municipal était persuadé lui aussi, à sa manière, de restituer à la ville une spécificité perdue.
Trois consonnes trois voyelles
Oui, il faut avoir un jour dormi et rêvé dans la grotte des Aït Baâmrane dans la région de Tiznit, oui il faut y avoir bu l’eau sacrée de l’inspiration surnaturelle, dont s’abreuvent les aèdes du Souss, oui, il faut avoir pu en toute spontanéité inventer le moyen de faire concorder à la perfection la rythmique du classique alexandrin dans «Cinna» ou «Ses purs ongles très haut»… à la cadence d’un air de Sidi Hemmou.
Demande à la poussière
Figure incontournable de la littérature marocaine moderne et voix majeure de la réflexion sur la création picturale, le poète Mostafa Nissabouri inaugure une chronique hebdomadaire sur Le360. Regard affûté et mémoire vive, il y livre chaque semaine une traversée sensible des lieux, des arts et des figures qui façonnent notre imaginaire. Pour ce premier rendez-vous, le poète remonte le fil des cinémas casablancais d’antan, du Vox à l’Apollo, en passant par le Moghreb, entre décombres, souvenirs d’enfance et pérégrinations.