Sahara: Alger regrette la fin d’une MINURSO qu’elle a contribué à faire tomber
Vingt-quatre heures après le vote du Conseil de sécurité, le ministère algérien des Affaires étrangères est sorti de son silence. Son communiqué ne célèbre aucune victoire: il exprime le «profond regret» du gouvernement face à la fin du mandat de la MINURSO. Il en accuse le projet américain, mais ne dit pas un mot du veto russe que la diplomatie algérienne avait sollicité.
Sahara marocain: le Parlement se réunira lundi en séance extraordinaire
Le Parlement, avec ses deux chambres réunies, a décidé de tenir lundi prochain une session conjointe spéciale dédiée aux derniers développements qu’a connus la question nationale au Conseil de sécurité des Nations unies, a indiqué un communiqué officiel.
Le Sahara ne peut rester l’otage de retards sans fin
Le Maroc aurait préféré que le processus des Nations Unies se poursuive, à condition qu’il avance. Après 35 ans, les parties avaient l’occasion de s’appuyer sur la dynamique de la résolution 2797 du Conseil de sécurité et de prendre la proposition américaine comme base de négociations sérieuses. L’objectif aurait dû être une solution pacifique et mutuellement acceptable, au service des populations, de la région et de la communauté internationale.
Sahara marocain: fermeté royale et changement de stratégie
Il faut prendre le temps de lire ce communiqué, d’en peser chaque mot et surtout de comprendre le moment choisi pour le rendre public. Sa portée dépasse largement la réaction à un épisode mouvementé au Conseil de sécurité. Il traduit une évolution de la doctrine marocaine dans la gestion du dossier du Sahara.
Tindouf: un recensement différé, la transparence exigée
En proposant de donner au HCR six mois pour procéder à l’enregistrement des populations de Tindouf, Washington entendait transformer une supplique onusienne ancienne en obligation assortie d’un calendrier. Le veto russe a provisoirement mis fin à cette perspective. Mais la nécessité du recensement demeure et dépasse la responsabilité des acteurs locaux récalcitrants, Algérie et Polisario: identifier les bénéficiaires de l’aide humanitaire oblige aussi les bailleurs internationaux à mieux contrôler l’utilisation des fonds qu’ils engagent.
Le précieux cadeau diplomatique de Moscou emballé dans un veto
Le veto russe devait barrer la route au Maroc. Il lui a ouvert une issue plus favorable encore. Dans cette tribune, le chercheur marocain Abderrahman Boukhaffa décortique les trois ironies du vote du 30 octobre: la déception marocaine trop hâtive, le pari assumé de Washington et le sauvetage russe lancé avec trop peu de rameurs. Une lecture à la fois psychologique et diplomatique d’un cadeau que Moscou n’avait aucune intention de faire.
La MINURSO n’est pas la première mission de l’ONU à être congédiée
Avant la MINURSO, d’autres missions des Nations unies ont été dissoutes. Certaines sont parties parce que le pays hôte l’exigeait, d’autres parce qu’un membre permanent du Conseil de sécurité l’a imposé par son veto. La MINURSO est la première à cumuler les deux. Et l’histoire enseigne qu’aucune de ces missions n’est jamais revenue.
Le veto russe, ou le service involontaire rendu au Maroc
En bloquant le projet américain sur le Sahara, Moscou voulait prolonger la MINURSO à l’identique. Il a obtenu l’inverse. Faute de résolution, la mission perd son mandat et, selon le communiqué du Cabinet royal, quittera les provinces du Sud «dans les prochains jours». Le veto russe a débarrassé le Maroc d’une mission qui ne servait plus que ses adversaires. Spassiba, Moskva!
Au Conseil de sécurité, Omar Hilale démonte le «réquisitoire» d’Alger sur le Sahara
Intervenant devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc a vivement riposté aux attaques de son homologue algérien, Amar Bendjama, sur la question du Sahara. Dénonçant le «réquisitoire» d’Alger contre les Nations unies, Omar Hilale a déconstruit point par point la posture algérienne et a dénoncé un discours qu’il juge dépourvu de consistance juridique.
Sahara: malgré le veto russe, le projet américain révèle un soutien croissant à l’initiative marocaine
Le projet de résolution présenté par les États-Unis au Conseil de sécurité n’a pas été adopté, en raison du veto de la Russie. Mais avec onze voix favorables et trois abstentions, le texte a mis en évidence une évolution significative des positions au sein de l’instance onusienne, en plaçant l’initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté du Royaume, au cœur de la recherche d’une solution politique.