Le 14 juin 1894, moins de dix jours après la mort du sultan Moulay Hassan Ier, le gouverneur général de l’Algérie, Jules Cambon, adresse au ministre français des Affaires étrangères un rapport qui est aussi un programme d’action. Le Touat et In Salah y apparaissent comme des territoires que la France ne contrôle pas encore, mais qu’elle cherche à détacher de l’Empire chérifien par des négociations secrètes avec des gouverneurs marocains, sans renoncer à la force. Sous la plume de Cambon, le Touat n’est ni une dépendance algérienne ni un désert sans maître, mais un territoire qu’il faut stratégiquement placer sous «protectorat» au moment où la mort de Moulay Hassan lui paraît offrir l’occasion d’avancer.