Tous les articles correspondant à #parution

Billet littéraire KS. Ep 86. «Houaria» d’Inam Bioud, ou la décennie noire vue des bas-fonds
Inam Bioud plonge dans l’Oran des années 1990 et raconte la décennie noire depuis ceux que les grands récits historiques laissent généralement hors champ. Prostituées, voyantes, petits délinquants, étudiants, médecins et laissés-pour-compte composent une fresque chorale où la violence politique descend jusque dans les corps, les amours et les familles. Ce roman âpre donne à lire une Algérie saisie par ses marges.
Parution. «Sahara 1975» de Rahal Boubrik: l’Espagne, le retrait et la fabrique d’un conflit
Dans son dernier essai sur le Sahara occidental, Rahal Boubrik relit les derniers mois de présence espagnole comme l’aboutissement d’un long projet colonial de tutelle indirecte, en consolidant une thèse diffusée par des historiens espagnols. L’ouvrage éclaire utilement la provincialisation, le PUNS, les manœuvres diplomatiques de 1975 et l’Accord de Madrid, tout en s’inscrivant dans une historiographie qui voit dans le conflit l’héritage d’une ingénierie coloniale hispano-française.
Parution. «L’Algérie 1830-2026. Vérités et légendes» de Xavier Driencourt, ou le procès
Xavier Driencourt instruit un double procès: celui du régime algérien, dont il décrit l’architecture militaire, mémorielle et rentière; celui de la France, puissance voisine, ancienne colonisatrice et mauvaise conscience d’elle-même. Ancien ambassadeur à Alger, observateur privilégié des dernières années Bouteflika, du Hirak et de l’installation du régime Tebboune, il condense en vingt-sept questions deux siècles de face-à-face franco-algérien. Un livre de lucidité blessée, à la fois témoignage diplomatique, essai historique et intervention politique.
Parution. «Les généraux français et le Maroc: de la pacification à l’administration (1903-1955)» de Farid Bahri
Farid Bahri relit le Protectorat français à partir de ses hommes en uniforme. Lyautey, Pétain, Noguès, Juin, Guillaume et leurs lieutenants y sont convoqués comme des chefs de guerre, mais également comme des architectes de territoire, des producteurs d’ordre, des administrateurs de souveraineté diminuée. Derrière l’euphémisme colonial de la «pacification», l’essai met au jour une continuité plus dure: la conquête militaire fabrique l’administration, puis l’administration prolonge la conquête par d’autres moyens.
Billet littéraire KS. Ep 85. «Vivre à l’endroit» de Mamoun Lahbabi ou l’art de désapprendre la ville
Mamoun Lahbabi entraîne un homme ordinaire hors de sa vie réglée, jusqu’à une oasis en plein Sahara où se réapprennent l’attention, le désir et le sens des liens. Entre conte philosophique et interrogation sociale, «Vivre à l’endroit» explore ce que la ville, le travail et l’habitude défont silencieusement en nous.
Dans un nouveau livre, Xavier Driencourt déconstruit les fictions qui habitent le récit national algérien
Alors que les relations franco-algériennes peinent à se renouer, Xavier Driencourt, fervent partisan d’une posture plus ferme de la France vis-à-vis de son ancienne colonie, apporte un précieux éclairage historique sur la relation entre les deux pays. Un bond dans le passé nécessaire car aujourd’hui, en Algérie, de contre-vérités en mensonges, les faits historiques se transforment en légendes officielles.
Parution. «Le temps de Fès: du mythe à la métropole» de Mohamed Métalsi, ou la ville qui résiste au musée
Ni relique impériale, ni carte postale patrimoniale, Fès s’offre dans le dernier opus de Mohamed Métalsi comme une ville en tension, traversée par douze siècles d’histoire, de pouvoir, de foi et de métamorphoses urbaines. À travers une approche innovante où l’humain a pleinement sa place, l’auteur relit la cité non comme un décor figé, mais comme un organisme vivant, travaillé par ses secrets, ses héritages coloniaux, ses réappropriations sociales et ses fractures contemporaines.
Parution. «La Légende» de Boualem Sansal: un prisonnier encombrant
*«La Légende» n’est pas un traité froid sur l’arbitraire. C’est un texte écrit depuis une zone de brûlure, dont on ne peut nier la puissance de dévoilement. Boualem Sansal n’y raconte pas seulement sa détention: il ausculte la machine qui transforme un homme en dossier, puis en symbole fabuleux. Livre de prison, de colère politique, de douleur conjugale et de méditation sur la langue, le récit chemine entre témoignage, pamphlet, parabole et confession. Sa force tient à ce refus de la posture héroïque pure: la légende protège, mais elle confisque aussi quelque chose à celui qu’elle consacre.
Billet littéraire KS. Ep 84. «Moi, fille d’un prisonnier politique!» de Soumaya Naamane Guessous, ou à l’ombre du père
Soumaya Naamane Guessous déplace la mémoire politique marocaine vers son lieu le plus fragile: la maison. Son autobiographie intimiste ne raconte pas seulement l’emprisonnement d’un père aimé, mais l’enfance d’une fille placée devant l’absence, la peur, les silences et les demi-vérités.
Billet littéraire KS. Ep 83. «Le drame linguistique marocain» de Fouad Laroui, ou le volcan des langues
Vu par Fouad Laroui, la question des langues au Maroc revient dans une réédition qui n’a rien perdu de sa capacité d’irritation. Entre arabe classique, darija, amazighe, français et anglais, l’essai rouvre un dossier que le Maroc n’a jamais vraiment refermé: celui d’un pays où la langue engage à la fois l’école, la littérature, la mobilité sociale et l’idée même de la nation.