L’«après-Madrid» a déclenché dans les camps de Tindouf un processus intérieur. Un travail lent, presque souterrain, d’appropriation d’un avenir différent. Rien de visible à première vue: les citernes d’eau continuent de soulever la poussière, les rations restent comptées, les files d’attente ne disparaissent pas. Pourtant, le temps lui-même semble hésiter. Il flotte. Une majorité silencieuse commence à envisager ce qui, pendant près d’un demi-siècle, paraissait impensable: la fin d’un provisoire éternel.