La chronique de Faiza Rhoul

Sebta: comment la «victoire» annoncée des droites se liquéfie à la lecture de la résolution du Parlement européen
La résolution sur Sebta évoque une «guerre hybride», réclame la coopération du Maroc et désavoue le gouvernement espagnol, mais elle n’accuse aucunement l’État marocain. Cela n’a pas empêché le Parti populaire espagnol, ses alliés au Parlement européen et certains médias ibériques de donner une portée spectaculaire à une «victoire» aussi relative que résistant mal à une lecture attentive du document.
Sebta: l’eurodéputée Ilaria Salis ouvre le débat que l’Espagne voulait à tout prix éviter
L’eurodéputée italienne a nié que Sebta soit espagnole ou européenne, la qualifiant de «vestige du colonialisme européen». Son intervention a bouleversé le scénario d’un débat que les formations espagnoles avaient porté à Strasbourg pour réclamer solidarité, financements et pression sur le Maroc, mais qui a finalement ouvert une discussion autrement plus dérangeante sur l’histoire et la signification de la présence européenne en territoire africain.
Sahara: quand l’Espagne transforme son passé colonial en passeport
En adoptant une proposition de loi accordant la nationalité espagnole aux personnes originaires du Sahara et à leurs descendants, le Congrès des députés ressuscite l’héritage franquiste au nom d’une prétendue «réparation». Cette mesure unilatérale porte en elle une ultime contradiction: prétendre effacer les traces du passé avec les instruments légués par ce même passé, en offrant un passeport européen tout en s’immisçant dans un équilibre géopolitique particulièrement sensible.
Oscar Puente défend la coopération avec le Maroc face aux lectures «biaisées»
Pour le ministre espagnol des Transports, les documents déclassifiés ne permettent nullement d’attribuer au Maroc l’organisation de l’entrée massive à Sebta. Oscar Puente dénonce des interprétations «biaisées» et rappelle que la coopération avec Rabat demeure indispensable au contrôle de la frontière.
Affaire Sebta: quand les documents censés faire la lumière amplifient le cafouillage
Les très attendus documents sur Sebta étaient à peine publiés qu’ils alimentaient déjà deux récits opposés: l’un mettant en cause le Maroc, l’autre visant la gestion de Pedro Sánchez. Le gouvernement espagnol a rapidement réagi pour imposer sa lecture. Le CNI avait bien repéré des appels sur les réseaux sociaux, mais il n’a jamais annoncé une arrivée massive ni estimé à 180.000 le nombre de participants potentiels.
Pedro Sánchez constant face aux accusations de «chantage marocain» agitées par la droite
Mercredi devant le Congrès, le président du gouvernement espagnol a de nouveau affirmé que son gouvernement ne céderait au chantage d’aucun pays ni d’aucune puissance étrangère. Ni le PP ni Vox ne sont parvenus à lui faire infléchir sa ligne.
Un drapeau marocain brûlé près du Santiago Bernabéu, symptôme du racisme qui gangrène le football espagnol
À quelques heures du match Real Madrid–Inter Milan, des membres d’Ultras Sur ont incendié un drapeau marocain aux abords du Santiago Bernabéu. Cette nouvelle provocation intervient six jours seulement après que des dirigeants d’extrême droite ont déchiré l’emblème du Royaume devant le Congrès des députés.
Affaire Sebta: quand un rapport sans fondements attise l’hystérie contre le Maroc
Le gouvernement espagnol a approuvé la déclassification des rapports élaborés avant et pendant les événements des 30 et 31 juillet. Leur publication permettra de savoir ce que l’exécutif savait réellement. Mais elle intervient après que des fuites orientées ont transformé un rapport de police truffé de suppositions en un acte d’accusation presque définitif contre le Maroc. Or, sa lecture intégrale raconte une tout autre histoire: des soupçons, mais aucun auteur identifié, aucun ordre, aucune chaîne de commandement et aucune preuve permettant d’attribuer l’opération à l’État marocain.
Entre enquête judiciaire et nouveau soutien au Maroc, l’Espagne s’égare dans sa propre cacophonie
Entre des alertes qui existaient sans rien anticiper, des rapports qui pointent des responsabilités sans identifier leurs auteurs, des fuites ensuite démenties et des versions contradictoires au sein même du gouvernement, il devient impossible, de l’autre côté du détroit, de savoir quelle est réellement la position de l’Espagne.
Sebta, le Maroc et Trump: la présidente de la région de Madrid s’empêtre dans ses contradictions
Figure de l’aile dure du Parti populaire espagnol, Isabel Díaz Ayuso promet de rompre les relations avec le Maroc, de militariser la frontière et érige en certitudes des accusations toujours dépourvues de preuves. Une offensive qui cadre mal avec son admiration affichée pour l’Amérique de Donald Trump.