Bernard Lugan

La chronique de Bernard Lugan

Bernard Lugan est un historien français, né à Meknès au Maroc. Auteur de plusieurs ouvrages| dédiés principalement au continent africain| il est considéré comme l’un des africanistes les plus réputés et a enseigné à cet égard l’histoire de l’Afrique dans plusieurs universités et écoles. Il a reçu en 1988 le prix Louis-Marin de l’Académie française pour son livre Huguenots et Français| ils ont fait l'Afrique du Sud.

Réflexions à propos du prochain voyage du pape en Algérie
Le chef de l’Église catholique va se rendre en visite officielle en Algérie où en dehors de migrants sudsahariens et de quelques diplomates, les catholiques ont disparu, chassés en 1962 par une épuration ethnique organisée par les fondateurs de l’actuel régime. Mais pourquoi donc avoir choisi l’Algérie où, depuis 1962, tout a été entrepris afin d’éradiquer ce qui, de près ou de loin, restait du christianisme?
Du nouveau sur le Maroc romain
Les découvertes récentes apportent bien des faits nouveaux à cet état des connaissances. Concentrées autour de Volubilis et du Chellah, elles renouvellent notre compréhension de la réalité de l’occupation romaine, de ses frontières et de ses interactions avec les populations berbères.
Le réchauffement de l’Afrique ne date pas d’aujourd’hui
Le but de cette chronique n’est pas d’alimenter le débat entre «catastrophistes» et «climato-sceptiques», mais de porter sur le phénomène un simple regard d’historien, loin des passions et des anathèmes.
Le passé saharien du Maroc remonte au 8ème siècle
Tout le Maroc s’enrichissait à partir de Sijilmassa. Le fret caravanier venu du sud consistait en or produit au Bambouk, à proximité du fleuve Sénégal, au Bouré sur le Niger et au Lobi sur la Volta. Mais l’or n’était pas le seul produit fourni par le sud.
Le blé, une production de plus en plus stratégique
En 2024-2025, le blé est devenu la deuxième céréale la plus consommée en Afrique sud-saharienne, derrière le maïs. Or, la production locale est insuffisante pour répondre à la demande. Pour l’année 2024-2025, les importations africaines de blé ont atteint 55,6 millions de tonnes. Quelles sont les solutions d’avenir compte tenu de l’augmentation des besoins africains en blé?
Quel avenir pour la Libye après l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi?
Désigné le 14 septembre 2015 par le Conseil suprême des tribus de Libye comme son représentant légal, donc comme étant seul habilité à parler au nom des forces structurantes du pays, candidat à l’élection présidentielle, Seif al-Islam aurait pu reconstruire l’alchimie tribale qui avait permis à la Libye «unitaire» de vivre. Il l’aurait pu parce que, par les liens du sang, il se rattachait aux deux grandes confédérations tribales du pays, les Awlad Sulayman de Tripolitaine par son père, et les Sa’adi de Cyrénaïque par sa mère.
L’Algérie cessera-t-elle d’exporter des hydrocarbures en 2040?
L’Algérie se trouve donc dans une situation de grande vulnérabilité, avec à la fois une baisse de la production et une hausse de la demande interne, le tout dans le cadre d’un budget qui dépend quasi totalement de la vente des hydrocarbures, avec en plus, en arrière-plan, une population vivant de la perfusion par les subventions.
L’Algérie se marginalise
Face à ces échecs, et si elle ne veut pas sortir de l’histoire, l’Algérie doit prendre une grave décision car elle n’a en réalité le choix qu’entre deux options.
Adieu Maghreb?
Après le lamentable et scandaleux spectacle offert par l’équipe nationale algérienne le samedi 10 janvier 2026 dernier sur la pelouse, dans les vestiaires et dans la tribune algérienne du Grand stade de Marrakech, je pensais que nous avions tout vu de l’âme profonde des Algériens. Or, ce qui s’est passé après la finale de la CAN est proprement stupéfiant. Stupéfiant et unique dans les annales du sport, à savoir qu’un pays étranger au match a célébré, non pas la victoire d’une équipe, mais la défaite d’une autre.
L’Algérie n’est pas encore intellectuellement décolonisée
Les historiens algériens, dont Mohamed El Amine Belghit, s’inscrivent bien dans la ligne des idéologues français qui les ont formés. En leur donnant quitus, le président Tebboune montre que l’Algérie a encore un long chemin à faire avant de se décoloniser mentalement.