L’édition 2026 de l’Instruction générale des opérations de change redessine en profondeur les conditions de déplacement et de transfert de devises. Que l’on voyage pour affaires, agrément, études ou raison de santé, ce cadre réglementaire impose une discipline stricte où le justificatif est roi et où la gestion de l’argent liquide se retrouve sous haute surveillance, indique le quotidien Les Inspirations Éco.
Dans le monde des affaires, la grande évolution repose sur la corrélation directe entre la dotation accordée et l’impôt acquitté par l’entreprise. Une société ayant payé 800.000 dirhams d’impôt sur les sociétés au titre du dernier exercice peut ainsi prétendre à un plafond équivalent, dans la limite d’un million de dirhams, voire un million et demi pour les opérateurs bénéficiant du statut de catégorie A auprès de l’Office des changes. Cette enveloppe globale ne signifie pas pour autant une liberté totale au guichet. Un dirigeant ne peut pas obtenir plus de 100.000 dirhams en espèces par voyage. Le surplus doit emprunter les canaux scripturaux via des cartes de paiement ou des virements émis depuis un compte dédié en devises ou en dirhams convertibles, dont l’ouverture est désormais obligatoirement adossée à une domiciliation bancaire unique du dossier.
Le secteur public n’échappe pas à ce durcissement. Lorsque l’ordre de mission officiel ne mentionne pas explicitement la prise en charge intégrale des frais, la dotation servie est strictement fixée à 2.000 dirhams par jour et par personne. Toutefois, un piège attend les missions de longue durée: le texte instaure un butoir absolu de 20.000 dirhams par déplacement. Une mission de trois semaines recevra exactement la même somme qu’un séjour de dix jours.
Pour les voyages personnels, explique Les Inspirations Éco, le dispositif offre un volume de devises potentiellement plus généreux tout en bridant l’usage du cash. La dotation individuelle de base s’élève à 100.000 dirhams par année civile, à laquelle s’ajoute un supplément équivalant à 30% de l’impôt sur le revenu payé ou prélevé à la source l’année précédente, le tout dans la limite d’un plafond global de 500.000 dirhams. Un contribuable s’étant quitté de 50.000 dirhams d’impôt sur le revenu dispose ainsi d’un droit annuel de 115.000 dirhams. Mais là encore, la règle des 100.000 dirhams en billets de banque étrangers par voyage s’impose comme une limite infranchissable. La fraction supérieure doit impérativement être chargée sur des cartes bancaires internationales.
Cette rigueur s’étend également aux professionnels du tourisme. Les agences de voyages sollicitant la subrogation de la dotation personnelle de leurs clients pour régler des prestations à l’étranger doivent fournir un dossier exhaustif comprenant les contrats signés avec les prestataires étrangers, les listes nominatives de voyageurs, les copies de passeports, les titres de transport et l’acte de subrogation dûment formalisé. Il leur appartient ensuite de produire les factures définitives dans les 30 jours et de solder l’intégralité des pièces justificatives dans un délai de trois mois.
Pour les familles accompagnant un étudiant à l’étranger, les règles apportent une visibilité accrue, notamment lors de la phase délicate de la préinscription. Si la règle générale borne le transfert anticipé des frais de séjour à quatre mois, ce verrou saute dès lors qu’un établissement d’enseignement ou une représentation consulaire exige la preuve de ressources supérieures pour la délivrance d’un visa ou la confirmation de l’admission. La production du document officiel permet d’obtenir le transfert de la totalité de la somme réclamée, à charge pour l’usager de fournir l’attestation d’inscription définitive dans un délai de quatre mois. Les allocations mensuelles pour frais de séjour restent fixées par défaut à 15.000 dirhams, mais ce montant peut être ajusté à la hausse si l’université ou le pays d’accueil certifie un coût de la vie supérieur. Les règlements liés au logement et à la caution sont transférables sur justificatifs, avec l’obligation stricte de rapatrier la caution ou de la réaffecter aux loyers dans les 60 jours suivant l’expiration du bail. De même, les comptes bancaires ouverts à l’étranger durant le cursus doivent être clôturés et leur solde rapatrié dans les deux mois suivant la fin des études, même si un délai de grâce d’un an permet encore de transférer le loyer et les frais de subsistance aux jeunes diplômés en phase de transition, lit-on dans Les Inspirations Éco.
Le volet relatif aux soins médicaux à l’étranger opère une distinction majeure entre patients assurés et non assurés. Pour les personnes bénéficiant d’une prise en charge accordée par une compagnie d’assurance ou un organisme de prévoyance supervisé par l’autorité de contrôle, les formalités sont réduites au strict minimum: la simple attestation de prise en charge suffit à débloquer les transferts, dispensant le patient de produire factures pro-forma ou certificats médicaux. Pour les patients non couverts, la procédure classique demeure exigée avec fourniture préalable de devis et remise de la facture définitive dans un délai de trois mois. En cas de soins payés directement sur place par le patient, le remboursement bancaire à son retour reste conditionné par la présentation simultanée de la facture définitive et de la quittance originale du règlement.




