Un système d’information national pour moderniser le parcours de soins

Entrée principale de l'hôpital Hassan II d'Agadir.

Revue de presseAdopté en Conseil de gouvernement, le projet de loi instaurant un système d’information national intégré marque un tournant stratégique dans la modernisation de la santé au Maroc. Entre création d’un identifiant unique, déploiement du dossier médical partagé et renforcement des droits des patients, cette réforme ambitieuse vise à connecter les secteurs public et privé pour offrir une prise en charge plus efficace, fluide et sécurisée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 11/08/2026 à 01h42

Le Royaume franchit une étape déterminante dans la transformation en profondeur de son paysage sanitaire. Récemment adopté lors du Conseil de gouvernement, le projet de loi portant création d’un système d’information national intégré de santé dessine les contours d’une modernisation stratégique et attendue. Cette initiative ambitieuse s’inscrit au cœur des grands chantiers du pays, au premier rang desquels figurent la généralisation de la protection sociale, la restructuration globale de l’offre de soins et la mise en place opérationnelle des Groupements sanitaires territoriaux. Bien que cette réforme d’envergure survienne dans la dernière ligne droite du mandat de l’actuel exécutif, elle jette les bases d’une gouvernance sanitaire résolument tournée vers le numérique et l’efficience, écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 11 août.

Au centre de cette nouvelle architecture technologique figure une plateforme centrale destinée à orchestrer le traitement et la circulation fluide des informations médicales entre l’ensemble des intervenants du secteur public et du secteur privé. Grâce à des normes strictes d’interopérabilité, cette infrastructure transversale vise à briser le cloisonnement historique entre les établissements tout en garantissant la sécurité, la confidentialité et la traçabilité rigoureuse des données à caractère personnel. L’une des avancées maîtresses du texte réside dans l’instauration d’un identifiant national de santé, attribué individuellement à chaque usager. Ce matricule unique permettra d’identifier sans équivoque chaque bénéficiaire et d’assurer un suivi fluide et coordonné de l’ensemble de son parcours de soins, qu’il s’agisse de prévention, de traitement ou de réadaptation.

Élément pivot de ce dispositif, le dossier médical partagé centralisera l’identité, les données administratives et l’historique médical complet du patient. Pour garantir le succès et l’exhaustivité du système, la loi fait obligation à l’ensemble des professionnels et des établissements de santé, tous secteurs confondus, d’alimenter systématiquement ce dossier à l’occasion de chaque consultation ou acte médical. Cette exigence implique une mise en conformité des systèmes informatiques existants avec un cahier des charges national précis. L’accès à ces informations s’effectuera à travers un portail électronique dédié, sur lequel chaque opération de consultation sera scrupuleusement enregistrée afin de prévenir tout abus et d’assurer une traçabilité sans faille, lit-on dans L’Economiste.

Au-delà des aspects purement techniques, la centralisation et la standardisation des données visent à élever la qualité globale de la prise en charge et à optimiser la coordination médicale. En facilitant le travail quotidien des praticiens et en évitant la redondance des examens ou des traitements, ce réseau intégré contribuera de manière significative à la maîtrise des coûts de santé. De plus, il permettra de mettre à la disposition des autorités gouvernementales et des organismes publics compétents des données et des indicateurs fiables, renforçant ainsi la capacité de pilotage et d’évaluation des politiques publiques de santé, souligne le quotidien.

Le projet de loi consacre également une avancée majeure en matière de droits des usagers en replaçant le patient au centre du dispositif. Chaque citoyen disposera d’un accès électronique direct à son dossier médical partagé, qu’il pourra consulter ou télécharger à tout moment. Il aura la faculté de solliciter la rectification, la mise à jour ou le complément de ses données s’il constate des inexactitudes, bien qu’il soit préalablement informé des risques potentiels qu’une telle modification pourrait faire peser sur la continuité de ses soins.

Le patient pourra en outre consulter l’historique complet des personnes ayant accédé à ses informations et exercer un droit de confidentialité sélective en masquant, s’il le souhaite, certains documents à l’attention de professionnels ou d’établissements spécifiques. Dans le cas des mineurs ou des personnes sous régime de protection juridique, l’exercice de l’ensemble de ces prérogatives sera assuré par leurs représentants légaux.

Par La Rédaction
Le 11/08/2026 à 01h42