À Tanger, un immeuble construit sur un cours d’eau déclenche une vive polémique

Une artère de Tanger, suite aux inondations dans la ville, au début du mois de février 2026.

Revue de presseLa construction d’un immeuble résidentiel sur le lit d’un cours d’eau reliant Akzénia à Tanger, le long de la route de Rabat, suscite une vague d’indignation et relance le débat sur le respect des règles d’urbanisme et la protection du domaine public hydraulique. Élus et habitants réclament l’ouverture d’une enquête pour établir l’ensemble des faits ayant entouré les conditions d’autorisation d’un projet jugé à haut risque. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/02/2026 à 19h54

Une nouvelle affaire immobilière secoue Tanger. Au cœur de la polémique, la construction d’un immeuble résidentiel directement construit sur le lit d’un cours d’eau reliant la commune de Gueznaya à Tanger, le long de la route de Rabat, indique Assabah de ce vendredi 27 février. Cette construction controversée indigne les habitants tandis que des constructions outrepassant les normes d’urbanisme se multiplient dans la région, alors même que les autorisations qui leur ont été octroyées sont jugées opaques, voire complaisantes.

Selon Assabah, le chantier de cet immeuble a progressé à un rythme soutenu, alimentant les interrogations sur la nature du permis accordé au projet et sur le respect effectif des documents d’urbanisme, ainsi que des études techniques relatives aux risques hydrologiques. L’édification d’un bâtiment sur un cours d’eau naturel, qu’il s’agisse d’un oued à débit permanent ou saisonnier, est de fait une entorse aux règles d’urbanisme et aux dispositions légales encadrant la protection du domaine public hydraulique. Selon le quotidien, ces constructions sont un danger, dans la mesure où en cas de fortes précipitations, ces zones deviennent particulièrement vulnérables aux crues soudaines. La région a d’ailleurs récemment connu des épisodes pluvieux intenses, qui rappellent la puissance imprévisible des crues et les risques encourus par les riverains de ces oueds, lorsque leur trajectoire est entravée ou artificialisée. Pour les riverains, la perspective de voir des familles s’installer dans un immeuble exposé à un tel danger est inquiétant.

Au-delà du cas précis, l’affaire relance le débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle des chantiers et sur le suivi de leur conformité aux plans approuvés. Elle pose également la question de la responsabilité des différents intervenants dans la procédure d’octroi des autorisations, qu’il s’agisse des services communaux ou d’instances techniques compétentes. Tout relâchement ne menace pas seulement la sécurité physique des habitants, mais fragilise aussi le principe d’égalité devant la législation, et encourage l’implantation de constructions dans des zones impropres à l’urbanisation.

Devant cette controverse, plusieurs élus ont appelé «à l’ouverture d’une enquête administrative et technique en urgence, afin de déterminer les circonstances exactes de la délivrance de l’autorisation, si celle-ci existe, et d’établir les responsabilités le cas échéant», relaie Assabah. Ils plaident également pour la réalisation d’une expertise de terrain indépendante destinée à évaluer les risques potentiels pour l’immeuble et son environnement immédiat. Les textes de loi encadrant l’urbanisme et la construction sont pourtant explicites: ils interdisent en principe toute édification sur les lits des oueds, à l’intérieur du domaine public hydraulique ou à proximité immédiate de celui-ci, afin de préserver les vies humaines, les biens et les équilibres écologiques. La législation relative à l’eau sanctionne par ailleurs toute occupation ou construction sur le domaine public hydraulique sans autorisation légale expresse et confère à l’administration de larges prérogatives pour faire cesser les infractions, rétablir les lieux en l’état et appliquer, le cas échéant, des sanctions administratives et financières.

Cette affaire révèle un phénomène qui semble prendre de l’ampleur dans certaines zones sensibles de Tanger, notamment dans des quartiers connaissant une expansion urbaine rapide, a-t-on pu lire dans Assabah. Des cas de constructions à proximité immédiate de cours d’eau ou sur des axes naturels d’évacuation des eaux pluviales y auraient été recensés, révélant, selon plusieurs observateurs, une permissivité préoccupante dans la délivrance des autorisations. Dans un contexte où la pression foncière s’intensifie, nombreux sont ceux qui appellent désormais à un sursaut des autorités pour faire respecter la loi et prévenir des drames annoncés.

Par La Rédaction
Le 26/02/2026 à 19h54