Depuis vendredi dernier, la ville d’Agadir et les communes de son périmètre ont été placées en état de vigilance maximale, après la publication par la Direction générale de la météorologie d’une alerte rouge. «Cette mise en garde faisait craindre des pluies diluviennes et des vents violents susceptibles de causer des dommages importants aux infrastructures, voire des pertes humaines», écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 5 janvier. Face à cette menace, les autorités publiques et les institutions concernées se sont mobilisées immédiatement, multipliant les actions sur le terrain pour limiter les risques potentiels. Plusieurs réunions de cellules de veille ont été organisées afin d’anticiper les conséquences graves que pourraient provoquer des précipitations exceptionnelles sur la ville et ses environs.
«Cette mobilisation a fortement marqué les habitants, qui ont pris l’alerte très au sérieux. Samedi, la vie quotidienne s’est presque arrêtée», constate Al Akhbar. La direction provinciale de l’Éducation nationale et de l’enseignement préscolaire a décidé la suspension des cours dans toutes les écoles par précaution, protégeant ainsi élèves et enseignants. Le centre commercial Souk El-Had, connu pour son affluence particulièrement en fin de semaine, a également été fermé.
Sur le terrain, de nombreux moyens ont été déployés. Des ambulances de la protection civile, des camions-citernes et divers équipements logistiques ont été positionnés dans différents quartiers de la ville. Les agents de la société régionale des services multiples ont nettoyé et dégagé les canalisations et les réseaux d’évacuation des eaux de pluie, en prévision de précipitations que certains annonçaient comme historiques.
«Cependant, la réalité a été loin des scénarios alarmants», souligne Al Akhbar. Les pluies, qui sont tombées depuis vendredi et tout au long de la journée de samedi, sont restées très modérées, loin de l’intensité annoncée. Elles sont apparues en retard par rapport aux prévisions et se sont manifestées par des averses intermittentes, sans vents violents accompagnateurs.
Cette situation a suscité de nombreuses interrogations parmi les habitants d’Agadir, notamment sur l’efficacité des bulletins météorologiques. L’ampleur de la mobilisation et le niveau des alertes reçues avaient conduit une grande partie de la population à rester confinée chez elle samedi, et provoqué une affluence inhabituelle dans les commerces vendredi, dans une sorte de précaution extrême qui ressemblait à un nouveau confinement. Le bilan réel, avec des pluies relativement normales et sans conséquences majeures, a donc démenti le scénario catastrophique anticipé.
Ainsi, cette alerte météorologique a mis en lumière la capacité de réaction des autorités et la prudence des citoyens, tout en soulevant des questions sur la communication et la précision des prévisions météorologiques. Elle rappelle aussi à quel point la préparation peut parfois surpasser la menace elle-même, soulignant l’importance d’un équilibre entre vigilance et perception réaliste des risques.







