Tous les articles correspondant à #parution

Une maison pleine
«Le soleil se lève deux fois» est le premier roman de Soundouss Chraïbi. Soundouss est de ma famille. C’est la fille de l’un de mes neveux. Je dois vous dire qu’à aucun moment je n’ai ni lu ni eu vent de ce roman. Je ne suis intervenu nulle part pour qu’il soit publié. C’est en toute transparence et en toute sincérité que je recommande aujourd’hui la lecture d’un premier roman courageux, écrit avec rigueur et exigence.
Parution. «La main, l’argile et le feu»: Mohamed Métalsi célèbre l’art vivant d’Ahmed Serghini et des potiers de Safi
Mohamed Métalsi rend un hommage vibrant à Ahmed Serghini, maître-potier de Safi, et à tout un patrimoine artisanal. À travers la voix du potier et les photos puissantes captées par Ricky Laven Martin, ce beau-livre interroge la place du geste dans notre monde numérique, et rappelle que la main, bien avant l’Intelligence artificielle, fut notre premier outil de création. Un chant profond en faveur de la lenteur, de la transmission et d’une esthétique enracinée.
Parution. «Pigiste au Monde» de Tahar Ben Jelloun: chronique d’une initiation
C’est l’histoire autobiographique d’un jeune Maghrébin arrivé en France, entrant avec crainte et admiration dans les couloirs enfumés du quotidien «Le Monde». Entre souvenirs lumineux et blessures tenaces, Tahar Ben Jelloun livre une traversée de près de quarante ans, où la subjectivité assumée fait basculer l’institution dans le romanesque et la mémoire personnelle dans l’histoire collective.
«Pigiste au Monde»: sans nostalgie, ni regrets, Tahar Ben Jelloun raconte les coulisses de sa collaboration avec «Le Monde»
Dans ce nouvel ouvrage, paru aux éditions Gallimard, Tahar Ben Jelloun fait le récit de son expérience au journal «Le Monde», avec lequel il a collaboré en tant que pigiste de 1973 à 2011. Un récit qui nous entraîne dans les coulisses du journal, siège de belles amitiés et de redoutables rivalités, et apporte un précieux éclairage sur le traitement médiatique accordé tant au Maroc qu’à l’Algérie à travers le temps par le média.
Billet littéraire KS. Ep. 75. «Café noir», recueil de nouvelles collectif, ou le polar revisité
Neuf nouvelles, neuf pays, un même goût du noir. Dans «Café noir», le polar devient un outil d’exploration sociale et politique, révélant les fractures intimes, les violences ordinaires et les désillusions contemporaines. Une anthologie internationale qui détourne les codes du genre pour mieux interroger le monde.
Billet littéraire KS. Ep. 74. «Le corbeau qui m’aimait», d’Abdelaziz Baraka Sakin, ou la satire de l’exil
Et si l’exil cessait d’être raconté comme un dossier, une statistique ou une posture morale? Avec «Le corbeau qui m’aimait», le soudanais Abdelaziz Baraka Sakin choisit la voie la plus risquée: celle du rire inquiet, du burlesque tragique, de la fable qui dérange. Un roman qui déplace la Jungle de Calais du reportage vers le mythe moderne, et fait de la littérature un poste-frontière.
Billet littéraire KS. Ep. 73. «Quatre jours sans ma mère», de Ramsès Kefi, ou la quête des origines
Une mère disparaît sans bruit, laissant une casserole sur le feu et un mot d’amour en guise d’adieu provisoire. En quatre jours d’absence, ce premier roman de l’écrivain franco-tunisien Ramsès Kefi fait vaciller un fils adulte resté enfant, un père démuni et tout un édifice familial bâti sur le silence. Court et dense, ce texte drôle et bouleversant explore la dignité invisible des mères, la fragilité des hommes et la quête tardive d’une identité façonnée par l’exil et les non-dits.
Parution. «Les nouveaux antisémites: enquête au cœur de l’ultragauche française», de Nora Bussigny
Pendant un an, la journaliste franco-marocaine Nora Bussigny s’est fondue sous une fausse identité dans l’ultragauche française, jusqu’à en éprouver la peur au quotidien. Dans «Les nouveaux antisémites», prix Edgar Faure et best-seller de l’automne, elle raconte à la première personne l’embrasement idéologique des campus, la convergence entre une certaine gauche française et l’islamisme radical, les antennes d’Iran et de l’Algérie ou la «guillotine digitale» des réseaux sociaux. Une enquête incarnée qui décrit, selon ses mots, l’objectif d’«instaurer un état de guerre» dans l’espace français.
Billet littéraire KS. Ep. 72. «Partout le même ciel», de Hajar Bali, ou les désillusions algériennes
Hajar Bali signe un roman d’apprentissage et de désillusion où l’intime se heurte de plein fouet à l’Histoire. À travers le destin de deux adolescents épris de liberté et la figure énigmatique d’un mentor en quête de rédemption, l’auteure capte l’élan, l’ivresse puis l’échec du Hirak, et dresse le portrait sensible d’une génération algérienne réveillée trop tard, condamnée à choisir entre l’exil et l’étouffement.
Billet littéraire KS. Ep. 71. «Je suis ma liberté», de Nasser Abu Srour, sacré par le Prix de la littérature arabe 2025
Le Prix de la littérature arabe 2025, coorganisé par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe, a choisi cette année de consacrer un texte singulier et bouleversant: «Je suis ma liberté» du palestinien Nasser Abu Srour, traduit en français par Gallimard en janvier 2025. Pourquoi ce choix et en quoi ce récit régénère-t-il la littérature?