Israël reporte la libération de Palestiniens et lance des frappes sur le sud du Liban

Un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) s'approche d'un barrage routier de l'armée libanaise près d'un point de contrôle dans le village de Burj el-Meluk à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 25 janvier 2025

Un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) s'approche d'un barrage routier de l'armée libanaise près d'un point de contrôle dans le village de Burj el-Meluk à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 25 janvier 2025. AFP or licensors

Israël a annoncé dimanche reporter les libérations de prisonniers palestiniens, prévues dans le cadre du fragile cessez-le-feu en vigueur à Gaza, en attendant que le Hamas garantisse qu’il mettra fin aux «cérémonies humiliantes» pour les otages libérés. L’armée israélienne a déclaré par ailleurs avoir procédé à des frappes contre des lanceurs de roquettes dans le sud du Liban.

Le 23/02/2025 à 08h33

L’armée israélienne a annoncé avoir frappé dimanche des lanceurs de roquettes dans le sud du Liban présentant une «menace imminente».

«Une frappe a été menée contre plusieurs lance-roquettes représentant une menace imminente pour les civils israéliens dans le sud du Liban», a indiqué l’armée dans un communiqué, ajoutant avoir aussi mené ailleurs au Liban «une frappe précise (...) contre un site militaire (...) où une activité du Hezbollah (avait) été identifiée.»

Alors qu’était prévue la libération de 620 prisonniers palestiniens, le premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé à l’issue d’une réunion sécuritaire qu’elle n’aurait pas lieu.

Le Hamas a bien libéré six otages. Mais déjà assombri par la confusion qui a régné sur le sort de l’otage Shiri Bibas, finalement confirmée morte samedi matin, cet échange a été marqué, comme les précédents, par des mises en scène du Hamas qui a exhibé cinq otages sur des podiums, face à la foule, avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

À une semaine de la fin de la première phase de l’accord de trêve en vigueur dans le territoire palestinien ravagé par 15 mois de guerre, le gouvernement israélien et le mouvement islamiste se sont accusés mutuellement de le violer, à l’occasion de ce qui devait être le septième échange prévu d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens.

«Il a été décidé de retarder la libération des terroristes (prisonniers palestiniens, NDLR) qui était prévue (samedi), jusqu’à ce que la libération des prochains otages soit assurée sans cérémonies humiliantes», a déclaré Netanyahu dans un communiqué de son bureau dans la nuit.

Le Hamas a accusé Israël de «violation flagrante» de l’accord de trêve.

Dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, occupée par Israël, des familles attendaient pourtant avec impatience la libération de leurs proches et sont reparties bredouilles.

«Notre Seigneur nous donnera la patience et nous attendrons simplement jusqu’à la libération de nos fils», réagit auprès de l’AFP Oumm Alaa, après avoir attendu en vain la libération de son fils à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

«Vous avez reçu vos prisonniers de guerre, alors pourquoi retarder la remise de nos prisonniers de guerre palestiniens?» proteste Bassam Al-Khatib, à Khan Younès, dans le sud de Gaza. «Cela fait mal au cœur, le manque d’engagement et le mépris de toutes les normes et lois internationales, ainsi que le mépris des pays qui soutiennent cet accord.»

Vidéo «dérangeante»

Lors des premières libérations, samedi à Rafah, où s’étaient déployés des combattants en treillis, Tal Shoham, un Israélo-Italo-Autrichien de 40 ans enlevé le 7 octobre 2023, a été contraint de prononcer quelques mots.

À ses côtés se tenait, l’air hagard, Avera Mengistu, 38 ans, otage depuis plus de dix ans à Gaza, après avoir été filmé en 2014 escaladant la barrière séparant le territoire d’Israël.

Le même scénario s’est répété à Nousseirat, dans le centre de Gaza, pour la libération de Eliya Cohen, Omer Shem Tov et Omer Wenkert, âgés de 22 à 27 ans, enlevés au festival de musique Nova, apparus souriants après 505 jours de captivité.

Ces mises en scène ont été dénoncées à plusieurs reprises par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.

Samedi soir, la branche armée du Hamas a en outre publié une vidéo apparemment tournée dans la journée à Nousseirat, montrant deux otages en train de regarder la libération des trois Israéliens et suppliant Benjamin Netanyahu de les libérer.

Le Forum des familles d’otages l’a qualifiée de «dérangeante», y voyant une «démonstration de cruauté particulièrement écœurante».

Négociations retardées

Malgré ces scènes, des centaines d’Israéliens ont suivi en direct à Tel-Aviv, sur la «place des otages» la retransmission des libérations, entre sanglots et explosions de joie.

«Après 505 jours, je l’ai vu pour la première fois, et grâce à Dieu, je l’ai vu sur ses deux jambes, souriant, c’est Omer! C’est mon Omer», s’est exclamée Sara Ashkenazi, la grand-mère d’Omer Shem Tov, qui attendait dans un appartement de Tel-Aviv.

Sur les 251 otages enlevés le 7 octobre 2023, 62 restent retenus à Gaza parmi lesquels 35 sont morts, selon l’armée israélienne.

Depuis le début de la trêve le 19 janvier, 29 otages israéliens, dont quatre décédés, ont été remis à Israël, en échange de plus de 1.100 détenus palestiniens.

Selon le Hamas, seuls quatre otages morts devront encore être rendus à Israël avant la fin de la première phase de l’accord.

Le mouvement s’est dit prêt à libérer «en une seule fois» tous les otages qu’il détient encore durant la deuxième phase, censée mettre fin définitivement à la guerre.

Mais les négociations indirectes sur cette deuxième étape ont jusque-là été retardées après des accusations mutuelles de violations de la trêve.

Violation «cruelle»

L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.

L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a averti samedi que le Hamas serait «détruit» s’il ne libérait pas «immédiatement» tous les otages.

Benjamin Netanyahu avait de son côté juré vendredi de faire payer au Hamas le prix fort de sa violation «cruelle» du cessez-le-feu, après avoir affirmé qu’un corps restitué la veille n’était pas celui de l’Israélienne Shiri Bibas comme annoncé.

Symbole du drame des otages, cette femme avait été capturée le 7 octobre 2023 avec ses deux fils Kfir et Ariel, alors âgés de huit mois et demi et quatre ans.

La dépouille de Shiri Bibas a finalement été restituée dans la nuit de vendredi à samedi. Et son autopsie, et celle de ses deux enfants n’ont révélé aucun indice «de blessure causée par un bombardement», a déclaré samedi soir Chen Kugel, chef de l’Institut national de médecine légale.

Par Le360 (avec AFP)
Le 23/02/2025 à 08h33

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