Suite à des nominations controversées, la direction du Front Polisario connaît une effervescence inédite au sein de ses appareils sécuritaires, révélant ainsi de profondes divisions et une exacerbation des luttes intestines. Cette situation, perçue comme un signe de fragilité interne, a suscité la réprobation des services de sécurité, qui dénoncent l’arrogance de Brahim Ghali, rapporte le quotidien Assabah du lundi 31 mars.
Le chef des séparatistes semble chercher à consolider son emprise sur l’organisation à travers une série de nominations, suscitant de vives inquiétudes quant à leurs potentielles répercussions sécuritaires à l’échelle régionale. La désignation de Salma Ould Bachra à la tête du service de sécurité extérieure du Polisario est particulièrement alarmante en raison de ses liens étroits et suspects avec des organisations radicales opérant dans la région du Sahel. Il est notoire que ce dirigeant a longtemps servi d’intermédiaire entre les services de renseignement algériens, le Polisario et ces groupes extrémistes. Ces connexions nourrissent les craintes d’une possible régénération de ces organisations, menaçant la stabilité du Sahel et exposant la région à des défis sécuritaires majeurs, compte tenu de la précarité de la situation.
Dans le même ordre d’idées, la nomination de Mohamed Mekki en tant que représentant auprès des forces de la «capacité nord-africaine» suggère que l’entourage de Brahim Ghali cherche à se débarrasser d’une voix jugée trop critique dans la région d’Azawad. Ce dernier était d’ailleurs surveillé par les services de renseignement algériens, inquiets de ses relations équivoques avec leurs homologues mauritaniens.
Sur le plan de la sécurité intérieure, Ahmed Ouali Salem a été maintenu à son poste en raison de son allégeance indéfectible à Brahim Ghali et de ses liens de parenté avec le ministre de l’Intérieur, Ould Bouila. «Quant au retour de Mohamed Ould Lahcen, alias «Laghzal», à la tête de la sécurité militaire, il fait suite aux échecs successifs des tentatives de réorganisation de la sécurité intérieure», note Assabah.
Alors que la direction du Polisario s’enlise dans des règlements de comptes et une distribution de postes basée sur l’allégeance et les liens familiaux, la population des camps de Tindouf continue de subir les conséquences de cette situation. Les habitants se retrouvent otages d’une organisation qui privilégie la préservation de son influence au détriment de leur sécurité, dans des camps désormais gangrénés par la criminalité, les enlèvements et les viols.
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