La chronique de Mouhamet Ndiongue

Marché financier: «Le poids des banques constitue un facteur de stabilité face au choc géopolitique», selon Amine Maamri
Bousculée par l’instabilité internationale et la nervosité des places financières, la Bourse de Casablanca entame une phase de correction. Un véritable test pour sa capacité d’absorption des crises mondiales. Amine Maamri, président de l’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB), analyse les ressorts de la récente correction du marché, l’évolution du comportement des investisseurs et les leviers structurels susceptibles de renforcer la profondeur et la résilience de la place casablancaise. Cependant, il reconnaît que le poids des banques reste un facteur de stabilité face au choc géopolitique, notamment la tension au Moyen-Orient.
Financement des TPE: 450 milliards de dirhams de capacité bancaire disponibles, selon Bank Al-Maghrib
Lors de la première réunion de l’année 2026 du Conseil de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri a défendu l’idée que le principal frein au financement des très petites entreprises au Maroc ne réside pas dans un manque de liquidité bancaire, mais dans la bancabilité des projets et l’accompagnement des entrepreneurs. Une position qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’inclusion financière et le rôle des TPME dans la dynamique de croissance nationale.
Résilience alimentaire: ces stimulants qui font défaut à l’Afrique selon Resilient Food Systems Index
Volatilité climatique, tensions commerciales et hausse du coût des denrées replacent la résilience des systèmes alimentaires au centre des enjeux économiques mondiaux. Le Resilient Food Systems Index 2026, publié par Economist Impact, souligne l’ampleur du déficit de financement agricole, estimé à plus de 200 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Pour les économies africaines, où l’agriculture demeure un pilier de l’activité et de l’emploi, la capacité des systèmes financiers à soutenir les producteurs, les infrastructures et les chaînes de valeur apparaît désormais comme un déterminant majeur de la sécurité alimentaire et de la stabilité économique.
Crise au Moyen-Orient: la facture énergétique au Maroc pourrait s’alourdir de près de 20 milliards de DH, selon Abdellatif Komat
La montée des tensions au Moyen-Orient rappelle la vulnérabilité des économies aux chocs énergétiques. Mais dans cet environnement incertain, certains facteurs structurels pourraient aussi renforcer l’attractivité du Royaume, notamment la stabilité institutionnelle et l’intégration industrielle du Maroc, selon l’économiste Abdellatif Komat. Pour l’heure, le Maroc vit déjà les premiers contrecoups de cette crise avec une hausse de deux dirhams sur le prix du carburant, de quoi s’interroger sur l’impact de la flambée énergétique sur l’économie nationale.
Politique monétaire: la désinflation suffit-elle à desserrer l’étau des incertitudes géopolitiques?
Avec une inflation tombée à –0,8% en janvier 2026 et un encours de crédits bancaires atteignant 1.228,6 milliards de dirhams (MMDH), l’économie marocaine entame l’année dans un contexte paradoxal: une détente marquée des prix à l’intérieur du pays, mais une montée des risques externes liée aux tensions géopolitiques.
Mer Rouge et détroit d’Ormuz: jusqu’à 0,7% de primes de guerre, l’assurance maritime sous pression
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ravivent les inquiétudes sur la sécurité des routes maritimes stratégiques et la stabilité des chaînes logistiques internationales. Pour le Maroc, dont l’essentiel du commerce extérieur transite par voie maritime, les répercussions potentielles concernent autant les coûts du fret que les délais d’approvisionnement. En sus d’une possible hausse des primes d’assurance maritime, d’une reconfiguration des routes commerciales et d’une volatilité énergétique, les opérateurs logistiques et les assureurs suivent de près une situation susceptible d’affecter l’économie mondiale.
Crise d’Ormuz: l’Afrique face au spectre d’une pénurie d’engrais et d’un choc alimentaire
La quasi paralysie du détroit d’Ormuz, provoquée par l’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël, ne menace pas uniquement les flux pétroliers mondiaux. Le conflit frappe également un maillon stratégique, celui de l’économie agricole via le commerce international des engrais. Pour l’Afrique, dont une part significative des approvisionnements dépend des producteurs du Golfe, cette rupture logistique intervient à un moment critique des cycles agricoles.
Guerre du Golfe: le détroit d’Ormuz, ce corridor mère des vulnérabilités économiques africaines
Point de transit de 20% du pétrole consommé dans le monde et d’une part essentielle du gaz naturel liquéfié, le détroit d’Ormuz demeure l’un des passages les plus stratégiques de l’économie mondiale. La vulnérabilité de ce corridor maritime révèle l’interdépendance profonde entre énergie, industrie chimique, agriculture et technologies de pointe. Cette centralité pèse sur de nombreuses économies africaines dépendantes des importations d’énergie et d’intrants industriels.
Financement participatif: «La Mourabaha a intégré un nouveau levier de solvabilisation», selon Taoufik Kamil
Au Maroc, les financements participatifs destinés principalement à l’habitat ont atteint 22,8 milliards de dirhams à fin 2024, selon Bank Al-Maghrib, confirmant la progression continue de la Mourabaha immobilière depuis l’entrée en vigueur du cadre réglementaire. Malgré tout, le marché immobilier reste marqué par la hausse des coûts de construction et une demande plus sélective, un segment qui se dresse comme un levier de solvabilisation pour une partie des ménages.
Distribution: le Maroc résiste au ralentissement du retail avec une croissance de 4,7%
La distribution alimentaire moderne au Maroc a progressé de 4,7% en 2024, soit la croissance la plus élevée parmi les principaux marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, selon le rapport «State of Grocery Retail MENA 2026» publié par McKinsey. Dans le même temps, les ouvertures de magasins ont augmenté de 11%, un rythme supérieur à celui observé dans les autres économies de la région.