Mustapha Sehimi

La chronique de Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi est un auteur et universitaire marocain. Professeur de droit et politologue, il a fait ses études de Sciences Politiques en France (licence en droit à Paris I| 3ème cycle de la FNSP)| et au Maroc (docteur d'Etat en droit à Rabat). Il est l’un des observateurs et des analystes les plus avertis de la scène politique au Maroc et des enjeux régionaux.

La puissance dans tous ses états
Assurément, le concept de «puissance» est devenu central dans les relations internationales contemporaines, à travers notamment les notions de soft power, hard power et smart power.
Iran: de la puissance par procuration à la fragilité stratégique
L’une des tendances les plus troublantes dans l’analyse des conflits contemporains réside dans cette confusion persistante entre survie et victoire stratégique. L’Iran ne s’est pas effondré du jour au lendemain. Le régime continue de proférer des menaces, de lancer des missiles et des drones, et d’inonder les chaînes de télévision ainsi que les réseaux sociaux d’une rhétorique martiale destinée à projeter une image de force et de résilience.
Iran: pas de boule de cristal, mais…
Les guerres ne se jugent pas comme les débats télévisés. Elles sont évaluées selon les capacités militaires, la résilience économique, la cohésion politique, la liberté d’action, l’influence stratégique et la capacité à maintenir sa puissance tout en affaiblissant celle de l’adversaire.
Sun Tzu et la guerre contre l’Iran
L’identité de Sun Tzu fait débat. La version traditionnelle évoque un général nommé Sun Wu, au service de l’État de Wu à la fin du 6ème siècle avant J.-C., approximativement entre 540 et 496 avant notre ère. Une époque où les guerres étaient d’une ampleur plus limitée, souvent menées par des forces réduites et commandées par une élite, loin des grandes armées permanentes qui s’imposeront par la suite.
Quelles chances pour la paix?
Un calme précaire est revenu au Liban. Une forme d’espoir renaît - malgré un cinquième de la population déplacée, des milliers de morts, des destructions considérables et l’extraordinaire fragilité de la trêve en cours. Cette trêve a été imposée par les États-Unis à Israël le 17 avril. L’intervention américaine surprend a priori puisque depuis quelques mois, plus personne à Washington, c’est- à-dire dans l’entourage de Trump, ne s’occupait de ce dossier. Israël paraissait avoir carte blanche.
Code pénal: une réforme mort-née
Une grande réforme en panne? Le ministre de la Justice vient de doucher les attentes: le nouveau Code pénal ne sera «probablement pas soumis au vote du Parlement durant la présente session de clôture de la législature». Un coup d’arrêt qui semble contaminer la réforme de la Moudawana, sans oublier le dossier épineux des caisses de retraite, lui aussi en souffrance. De l’inachevé donc pour ce gouvernement...
Akhannouch et son bilan: autosatisfaction
Si son discours officiel mettait volontiers en avant l’exigence de moralisation de la vie publique, un constat s’impose néanmoins: la lutte contre la corruption apparaît en panne, voire marquée par une forme de stagnation structurelle.
Session de clôture du Parlement: la «Der des Der»
Demain, vendredi 10 avril la Chambre des représentants ouvre la session de clôture de sa mandature de cinq ans. Un ordre du jour bien chargé avec pas moins d’une bonne trentaine de projets de lois. Du rattrapage donc compte tenu d’un contexte particulier: préparer les élections du 23 septembre prochain, adopter le maximum de textes, afficher aussi un bilan politique.
L’Espagne: la mue militaire et stratégique
Avec la guerre en Iran, l’Espagne sauve-t-elle l’honneur de l’UE? C’est ce que note Josep Borrell, ancien haut représentant de l’UE pour les Affaires de étrangères et de la Politique de sécurité. Référence est faite à la passivité européenne face aux États-Unis et à Israël. Madrid peut-elle réellement incarner une alternative?
Iran: quelle rationalité stratégique?
Il faut dépasser les lectures occidentalo-centrées de la «question iranienne» pour restituer la rationalité stratégique d’un acteur souvent réduit à une puissance idéologique ou irrationnelle. L’Iran est un acteur central du grand jeu eurasiatique: il combine stratégie de zone grise, guerre hybride, réseaux de proxys et diversification diplomatique vers l’Est. Une résonance particulière au moment où la République islamique traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire politique, économique et militaire.