Mustapha Sehimi

La chronique de Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi est un auteur et universitaire marocain. Professeur de droit et politologue, il a fait ses études de Sciences Politiques en France (licence en droit à Paris I| 3ème cycle de la FNSP)| et au Maroc (docteur d'Etat en droit à Rabat). Il est l’un des observateurs et des analystes les plus avertis de la scène politique au Maroc et des enjeux régionaux.

Le RNI post-Akhannouch
Une nouvelle séquence s’ouvre donc pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), après la décision de son président, Aziz Akhannouch, de ne pas briguer un nouveau mandat. Un retrait aux répercussions multiples: sur la marge de manœuvre du chef du gouvernement à l’approche des législatives de septembre, sur les équilibres de la majorité, et sur l’avenir immédiat du parti, appelé à élire ce samedi 7 février son successeur — le candidat unique Mohamed Chouki.
Le Maroc, membre fondateur du «Conseil de Paix» présidé par Trump
Ce 22 janvier, à Davos, le Maroc a signé la Charte constitutive du «Conseil de Paix», initiative portée et présidée par Donald Trump, dont l’entrée en vigueur a été actée. Seul pays africain à rejoindre ce cercle restreint, le Royaume inscrit ce choix dans le prolongement de sa doctrine diplomatique constante et du leadership de Sa Majesté Mohammed VI, positionnant le Maroc comme acteur de paix et de stabilité.
Akhannouch, le jour d’après…
Il exercera encore son mandat de chef de l’exécutif mais dans des conditions particulières de fragilité et de déficit de légitimité. Comment pourra-t-il porter la bonne parole, défendre la globalité de son bilan et susciter l’adhésion des citoyens? Arrivera-t-il à relancer le dialogue social et finaliser des réformes? Le doute est permis.
Le challenge du programme périscolaire
Véritable chantier structurant, le programme périscolaire ambitionne de transformer l’offre éducative en modernisant l’école publique et en consolidant les apprentissages, tout en intégrant de manière systémique les activités extrascolaires — culturelles, sportives et citoyennes. Pour l’année 2025-2026, il se fixe une priorité claire: élever la qualité de l’école et renforcer l’équité entre les élèves et les territoires.
Maroc 2025: capitalisation diplomatique
2025 s’impose comme un millésime d’exception pour la diplomatie marocaine. Les avancées engrangées au cours de l’année consacrent les fruits d’une trajectoire patiemment construite, portée par un leadership royal affirmé et une vision stratégique de long terme. Entre consolidation des alliances, crédibilité renforcée et reconnaissance internationale accrue, le Royaume récolte aujourd’hui les dividendes d’une marche diplomatique résolue et cohérente.
2026: rendez-vous en…septembre
En 2026, le Maroc entre dans l’année de la véritable reddition des comptes. À l’horizon du scrutin législatif de septembre, le gouvernement, les partis et les institutions seront jugés à l’aune de leurs promesses tenues, de leurs angles morts… et de la capacité du système politique à répondre à une société de plus en plus exigeante.
Le Maroc catalyseur de la ZLECAF
Au cœur de la diplomatie économique marocaine, l’engagement en faveur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) occupe une place centrale. L’objectif est ambitieux: bâtir, à l’horizon 2063, un marché commun intégré reposant sur une transformation économique structurelle du continent.
La doctrine de sécurité Trump 2025 et le Maroc
La nouvelle doctrine de sécurité américaine dévoilée par Donald Trump redessine les priorités géopolitiques de Washington: recentrage sur l’hémisphère occidental, non-interventionnisme sélectif et recours assumé à la guerre économique. Cette stratégie ouvre au Maroc une fenêtre d’opportunités inédite: renforcer sa souveraineté sur le Sahara, consolider sa puissance militaire et régionale, et s’affirmer comme plateforme stratégique des investissements américains en Afrique. Une recomposition majeure des rapports de force est en gestation.
Le tourisme en clair obscur…
Le tourisme marocain signe un retour spectaculaire après le choc occasionné par la pandémie, enchaînant records de fréquentation et hausse des recettes. Mais derrière l’euphorie des chiffres se dessine une question plus décisive: le Royaume capte-t-il réellement toute la valeur de cette reprise? Entre faible durée de séjour, rendement inégal de l’hôtellerie classée et expansion d’un hébergement «hors radar», l’heure n’est plus seulement à attirer, mais à restructurer, réguler et monter en gamme pour concilier performance, équité et durabilité.
Secrétariat général de l’ONU: que la course commence!
À l’ouverture de la 80ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, l’occasion est propice pour des pays historiquement activistes — le Canada en tête — d’exercer une pression diplomatique afin que s’enclenche, sans délai et avec le maximum de transparence, le processus de désignation du prochain secrétaire général. Et, surtout, pour que ce poste névralgique revienne enfin à une femme.