Mustapha Sehimi

La chronique de Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi est un auteur et universitaire marocain. Professeur de droit et politologue, il a fait ses études de Sciences Politiques en France (licence en droit à Paris I| 3ème cycle de la FNSP)| et au Maroc (docteur d'Etat en droit à Rabat). Il est l’un des observateurs et des analystes les plus avertis de la scène politique au Maroc et des enjeux régionaux.

Parlement 2021-2026: un bilan en demi-teinte
Clôturée le 13 juillet, la session de printemps du Parlement marque aussi la fin de la XIe législature, ouverte en 2021. Si le bilan législatif affiche 237 projets de loi adoptés, dont plusieurs textes liés à l’État social, il reste assombri par l’absentéisme massif des parlementaires, le traitement limité des questions de contrôle et le report de réformes majeures, de la Moudawana aux retraites. À deux mois des législatives du 23 septembre, ce bilan inachevé pèse déjà sur le climat électoral.
Algérie: record historique des abstentions (80%) aux élections législatives
En Algérie, les élections législatives du 2 juillet ont enregistré un taux de participation officiel de seulement 20,79%, un niveau historiquement bas. Au-delà de la victoire de la majorité présidentielle, ce scrutin met en lumière la crise persistante de la représentation politique et le fossé grandissant entre le pouvoir et la société.
Maroc: non à la banque Revolut!
Voici quelques jours, le mardi 23 juin, le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a tenu une conférence de presse à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle du Conseil de la banque centrale. Il y a expliqué publiquement les raisons du report de l’implantation de la néobanque Revolut au Maroc.
France-Maroc: autour du traité de l’amitié
Dans le débat diplomatique, l’idée d’un traité d’amitié entre la France et le Maroc est revenue sur le devant de la scène à la faveur du rapprochement engagé en 2024, notamment après la reconnaissance par Paris de la pleine souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes recouvrées.
Russie: une idéologie poutinienne
L’originalité de Vladimir Poutine et de son cercle rapproché réside précisément dans la construction d’un «poutinisme collectif». Celui-ci repose sur la souveraineté, la démocratie souveraine, l’aura du Kremlin, la grandeur de la Russie, la russité, le conservatisme, les valeurs traditionnelles, l’eurasisme, le monde russe, l’héritage byzantin ainsi que le souvenir de la Grande Guerre patriotique. Autant de références destinées à imprégner chaque recoin de la conscience collective.
L’islam des Lumières en débat
La notion a été forgée en 2004 par l’anthropologue algérien Malek Chebel. Reprise par Emmanuel Macron en 2020, elle charrie avec elle l’implication que seul un islam qui s’occidentaliserait serait compatible avec la modernité.
Recomposition de l’ordre du Golfe: le piège de puissance
La crise irano-américaine de 2026 est moins une surprise stratégique qu’une illustration de ce que certains analystes qualifient de «piège de puissance», dans le prolongement des réflexions de Paul Kennedy sur les limites de la puissance et le coût des engagements extérieurs.
La puissance dans tous ses états
Assurément, le concept de «puissance» est devenu central dans les relations internationales contemporaines, à travers notamment les notions de soft power, hard power et smart power.
Iran: de la puissance par procuration à la fragilité stratégique
L’une des tendances les plus troublantes dans l’analyse des conflits contemporains réside dans cette confusion persistante entre survie et victoire stratégique. L’Iran ne s’est pas effondré du jour au lendemain. Le régime continue de proférer des menaces, de lancer des missiles et des drones, et d’inonder les chaînes de télévision ainsi que les réseaux sociaux d’une rhétorique martiale destinée à projeter une image de force et de résilience.
Iran: pas de boule de cristal, mais…
Les guerres ne se jugent pas comme les débats télévisés. Elles sont évaluées selon les capacités militaires, la résilience économique, la cohésion politique, la liberté d’action, l’influence stratégique et la capacité à maintenir sa puissance tout en affaiblissant celle de l’adversaire.