Un quartier, une histoire EP-5: la médina de Fès, un musée à ciel ouvert où se mêlent douze siècles d’histoire

La porte de Bab Boujloud à Fès. (Y.Jaoual/Le360)

Le 18/03/2025 à 21h04

VidéoDans ce cinquième épisode de «Un quartier, une histoire», Le360 vous emmène (re)découvrir la ville de Fès. Sa médina occupe une place spéciale dans le patrimoine historique et culturel du Maroc. Témoignage vivant d’une mémoire riche et lointaine, elle retrace l’évolution politique, culturelle et civilisationnelle du Royaume.

Berceau de l’histoire marocaine, Fès fascine par son héritage architectural, culturel et spirituel. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la médina de Fès est bien plus qu’un simple vestige du passé: c’est une ville impériale qui continue de vibrer au rythme de son activité sociale et économique. Capitale politique et intellectuelle à travers les siècles, elle attire savants et pèlerins, tout en conservant une authenticité rare. De Bab Boujloud à l’université Al Quaraouiyine, chaque ruelle est un témoignage vivant de son riche passé.

Fès n’est pas une ville comme les autres. «Lorsqu’on parle de la ville de Fès, on parle d’une ville impériale, une ville qui a été voulue et pensée comme étant une capitale politique, une capitale économique dans le sens large du terme», explique Abderrahmane Malouli, chercheur historien. Mais, au-delà de ces positions stratégiques, Fès s’est aussi imposée comme une ville spirituelle. «Elle attirait un grand nombre de savants, de fquihs et de prédicateurs venus de différentes régions du Maroc. Ainsi, la ville a longtemps été appelée la Zaouia», poursuit Abderrahmane Malouli.

Contrairement à de nombreux sites historiques qui sont devenus de simples vestiges, Fès el-Bali demeure un espace vibrant, où l’histoire continue de s’écrire au quotidien. «Si nous entrons à travers Bab Boujloud, on est frappé par la forte activité sociale et économique de la place. On se croit vraiment dans une sorte de fourmilière», ajoute notre interlocuteur. Cette porte emblématique, construite en 1913 durant le protectorat français, est un point de départ incontournable du circuit touristique. Elle se distingue par sa double teinte: verte, en hommage aux saints qui reposent dans la ville, et bleue, en référence au ciel.

Parmi les nombreux trésors architecturaux de Fès, l’école Bouanania, fondée en 1350 par Abou Inane Al Marini, incarne parfaitement la dualité entre savoir et spiritualité. La médina elle-même constitue un monument vivant. Elle abrite l’une des plus longues rues piétonnes du monde, s’étendant sur 10 kilomètres sans aucun passage de véhicules motorisés. «Tout ce qu’on aperçoit à Fès est un monument historique», ajoute Abderrahmane Malouli.

Enfin, impossible d’évoquer Fès sans mentionner son profond respect pour la tradition et le sacré. Notre historien raconte que les gens, quand ils arrivaient à Bab Boujloud, ôtaient leurs babouches et marchaient pieds nus jusqu’à l’ancienne médina par respect à la ville, à ses fondateurs et aux saints qui y sont enterrés. Un geste symbolique qui illustre la place unique de cette ville dans le cœur des Marocains.

Par Youssra Jaoual
Le 18/03/2025 à 21h04

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

La plus belle ville du monde se trouve qu'elle est très mal gérée. A titre d'exemple, bab Boujloud "La porte de la peau" s'est traduite par Bab boujnoud par un illettrée... Cette ville, rien qu'avec le tourisme, est capable de créer au moins 10000 emplois.

0/800