Présente dans tous les secteurs d’activité, du commerce à l’artisanat en passant par la construction, l’économie informelle joue un rôle central dans le paysage économique marocain.
Elle constitue environ 30% du PIB national et emploie plus de 40% de la population active, indique le quotidien L’Économiste dans son édition du lundi 17 mars.
Elle représente ainsi une source vitale de revenus pour des millions de travailleurs, souvent exclus du circuit formel.
Toutefois, cette omniprésence masque une réalité plus contrastée.
L’économie informelle dans le Royaume est marquée par une grande précarité sociale, l’absence de protection pour les travailleurs et des pertes fiscales considérables, estimées à 34 milliards de dirhams annuellement, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC).
Cette situation engendre un manque à gagner important pour l’État, et limite les investissements publics dans des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures.
Conscient de ces enjeux, écrit-on, le Royaume a entrepris une série de réformes visant à encourager la transition vers l’économie formelle.
L’objectif principal est de structurer un secteur encore largement non réglementé, tout en évitant un choc brutal qui pourrait pénaliser les travailleurs les plus vulnérables.
Cependant, cette transition s’annonce complexe, en raison de nombreux freins à la formalisation, tels que la méconnaissance des dispositifs existants, la peur d’une fiscalisation accrue, et les lourdeurs administratives.
Pour amorcer cette mutation, plusieurs dispositifs ont été mis en place. «Le programme Intelaka, destiné au financement des jeunes entrepreneurs, a été renforcé», écrit le quotidien.
Il propose des crédits à taux bonifiés et des garanties adaptées aux micro-entreprises, favorisant ainsi leur intégration progressive dans le secteur formel.
En parallèle, la digitalisation est appelée à jouer un rôle crucial dans cette transformation.
L’introduction de la facturation électronique et le développement des paiements mobiles devraient contribuer à réduire les coûts administratifs et garantir une meilleure traçabilité des transactions.
Néanmoins, écrit L’Économiste, «la formalisation ne peut être envisagée de manière uniforme».
Chaque secteur d’activité présente des spécificités qui requièrent une approche adaptée.
Ainsi, dans l’artisanat, la mise en place de plateformes de soutien à l’exportation permettrait d’ouvrir de nouveaux débouchés à l’international.
Pour le commerce ambulant, qui concerne près de 270.000 petits commerces, des licences simplifiées et la création d’espaces dédiés facilitent son encadrement.
Le CMC préconise aussi des formations en gestion pour améliorer les compétences des petits entrepreneurs.
Dans le secteur agricole, où 77% des exploitations fonctionnent en dehors du cadre formel, l’accès aux crédits et aux formations techniques devient une priorité afin d’accompagner les agriculteurs dans leur transition.
Quant au transport informel, qui emploie plus de 500.000 travailleurs, la mise en place d’un cadre réglementaire clair devient impérative pour garantir de meilleures conditions de travail et optimiser la mobilité urbaine.
Alors que ces réformes visent à offrir une solution durable aux problématiques de l’économie informelle, des obstacles persistent.
L’adhésion des travailleurs informels aux nouvelles mesures reste limitée en raison de la complexité des procédures administratives et du manque de sensibilisation.
Pour assurer le succès de cette transition, une approche globale s’impose, combinant incitations financières, simplification des démarches et accompagnement des acteurs concernés.
L’implication des banques, des organisations professionnelles et des institutions publiques sera essentielle, pour créer un environnement propice à l’intégration progressive du secteur informel.
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