Le projet de «pôle financier public» relancé, la création d’une banque publique d’investissement dans le pipe

Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations des participations de l’État.

Le projet de création d’un «pôle financier public» revient sur le devant de la scène. L’Agence nationale de gestion stratégique des participations des participations de l’État (ANGSPE) a lancé une consultation en vue de sélectionner un cabinet pour l’accompagner dans la réflexion sur une réorganisation du périmètre financier public. L’étude devra notamment évaluer l’opportunité et la faisabilité de la création d’une banque publique d’investissement.

Le 06/03/2025 à 12h55

Lancé à l’initiative de L’Agence nationale de gestion stratégique des participations des participations de l’État (ANGSPE), l’appel d’offres a pour objet de mener une étude stratégique sur le rôle et le positionnement du secteur financier public. Cette étude portera principalement sur l’identification des mécanismes de rapprochement entre différentes entités publiques à vocation financière (banques et fonds d’investissements) dans le but de maximiser l’impact des actions publiques, de garantir une meilleure allocation des ressources et la mise en place d’une gouvernance intégrée, permettant d’assurer une complémentarité opérationnelle et stratégique entre elles, lit-on dans un document accompagnant l’appel d’offres.

L’étude inclura également une analyse sur l’opportunité et la faisabilité de la création d’un pôle financier public visant à soutenir les politiques publiques dans un esprit de complémentarité avec le secteur privé, et définira les modalités de sa création, sa gouvernance et son efficience économique conformément à la politique actionnariale de l’État.

Les principales banques et institutions financières publiques, qui sont soumises à la supervision de Bank AI-Maghrib, incluent la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Tamwilcom (SNGFE), le Fonds d’équipement communal (FEC), le Crédit Agricole du Maroc, AI Barid Bank (Groupe Barid Al Maghrib), le Crédit immobilier et hôtelier (CIH), CDG Capital (Groupe CDG) et Finéa (Groupe CDG).

Certaines banques et institutions financières publiques ont des missions de service public, telles que le soutien au secteur agricole, à l’agro-industrie, au monde rural, aux collectivités territoriales, aux TPE-PME, ainsi que l’inclusion financière et l’accélération de la bancarisation. «La dualité entre activités concurrentielles et non concurrentielles de certaines de ces institutions reflète la complexité de leur intervention, mais soulève également des questions relatives à la viabilité de leurs modèles économiques, à leur capacité à répondre aux besoins croissants de leurs clients de plus en plus digitalisés, à leur capacité à s’adapter aux évolutions rapides de ce secteur et à la nécessité de repenser leur positionnement dans un environnement fortement concurrentiel, et ce, au regard des objectifs et des attentes de l’État-actionnaire et en synergie, entre elles, et avec le secteur privé», souligne l’ANGSPE dans le même document.

Réflexion sur le rôle et le positionnement des banques publiques

Et d’ajouter: «La situation financière de certaines banques publiques, face à des exigences réglementaires de plus en plus strictes et une volonté d’améliorer l’efficience de l’action de l’État, nécessite une réflexion stratégique sur le rôle et leur positionnement. Ceci est à mettre en lien avec leurs rôles dans l’économie, et notamment celui de soutenir le développement économique et social du pays et les politiques publiques de l’État notamment, en termes d’inclusion financière, de développement des territoires et du monde rural, de financement des TPE et PME, des projets d’infrastructures, de la mobilité, de la transition énergétique et de développement des marchés des capitaux».

De même, avec l’avènement du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I), l’ANGSPE estime que l’action de l’investissement public en capital doit être revue dans une logique d’efficience et de clarification du positionnement et des prérogatives des différentes structures concernées, à savoir le FM6I, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, lthmar Al Mawarid, CDG Invest (Groupe CDG) et Asma Invest.

Dans ce cadre, poursuit l’Agence, l’optimisation de l’action des fonds d’investissement publics doit s’inscrire en adéquation parfaite avec la politique actionnariale de l’État. «Il devient impératif de clarifier le positionnement et les prérogatives de chaque structure afin d’éviter les redondances et d’assurer une complémentarité efficiente dans leurs interventions. Les investissements publics demeurent un enjeu central, nécessitant une approche plus rigoureuse dans la sélection des projets et l’évaluation de leur impact économique et social», est-il précisé.

Vers la création d’une banque publique d’investissement?

Dans cette perspective, l’État-actionnaire a décidé d’entamer une réflexion stratégique sur les entités du secteur financier public (banques et fonds d’investissement) dans le cadre de son intervention patrimoniale. Concrètement, l’étude va donc porter sur l’opportunité et les modalités d’organisation, tant sur le plan opérationnel que capitalistique, du périmètre financier public, et les options de rapprochements ou de partenariats entre les différentes entités concernées. Elle devra également analyser et chiffrer les différents scénarios de mise en œuvre opérationnelle, en intégrant une modélisation financière détaillée, comprenant des projections financières et des plans d’affaires (business plans) pour chaque option retenue.

Par ailleurs, dans le cadre de la structuration du pôle financier public, l’étude devra évaluer l’opportunité de mise en place d’une banque publique d’investissement, en analysant son positionnement, son modèle économique, ainsi que ses implications financières et réglementaires pour l’État.

Par Ayoub Khattabi
Le 06/03/2025 à 12h55

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