«Les habitants de Mohammedia veulent que leur ville retrouve son identité de –cité des fleurs–. et éprouvent une forme de rejet pour le secteur des hydrocarbures, en particulier le raffinage», a-t-elle affirmé lors d’une conférence-débat organisée, mercredi soir à Salé, à l’initiative de la Fondation Fkih Tétouani.
«Ils ont compris que le fait d’habiter à proximité d’une usine polluante a des conséquences néfastes sur la santé de leurs familles», a-t-elle ajouté.
Pour la ministre, la position du Maroc n’a pas changé sur le dossier de la Samir. «Nous attendons, dit-elle, l’issue du recours en annulation» au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi). Ce dernier avait condamné le Maroc à verser une amende de 150 millions de dollars au profit du groupe suédois Corral Petroleum, actionnaire majoritaire de la Samir.
Placée en liquidation judiciaire depuis 2016, la Samir n’a toujours pas trouvé de repreneur. «Aucun investisseur n’est intéressé par le raffinage, le Maroc n’étant pas un pays producteur de pétrole pour devenir compétitif en raffinage», explique la ministre, tout en se montrant rassurante concernant le volet social du personnel de la Samir.
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Selon Benali, toute solution envisagée doit tenir compte d’abord des intérêts de l’État marocain (très coûteux, le scénario de nationalisation est exclu), puis les intérêts des collaborateurs qui continuent de bénéficier à ce jour de leurs droits.
«Quel que soit le scénario retenu (reprise de l’activité, reconversion, projet d’énergie renouvelable, etc.), le futur schéma d’investissement doit être aligné avec la stratégie énergétique nationale, en suivant les procédures en vigueur pour l’étude de l’impact social et environnemental», a-t-elle noté.
Interrogée sur l’arrêt de la Samir qui profiterait aux distributeurs, dont Afriquia (propriété du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch), Leila Benali a botté en touche, estimant que cette question est «aujourd’hui dépassée». «La première mesure que j’ai prise a été la digitalisation de toutes les procédures liées aux hydrocarbures. La situation fonctionne aujourd’hui en toute transparence», a déclaré la ministre. En tout cas, si on prend le seul exemple de Mahattati, la solution digitale créée pour permettre au consommateur d’accéder en temps réel aux prix proposés par les stations-service environnantes, on se rend compte que la transparence n’est pas totale au vu du nombre limité des distributeurs qui jouent le jeu, en actualisant les tarifs proposés au grand public.
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