Vidéo. Studio Le360. Affaire Bab Darna: un coup dur pour la réputation des promoteurs immobiliers

DR

Invité de l’émission Studio Le360, Anis Benjelloun, vice-président de la FNPI, revient sur les tenants et aboutissants de l’affaire Bab Darna. Selon lui, la création d’un statut de promoteur immobilier ainsi qu’une révision de la loi sur la Vefa sont nécessaires pour éviter de tels dérapages.

Le 28/12/2019 à 10h19

«La FNPI a depuis un bon moment mis en garde les autorités contre le groupe Bab Darna», a affirmé Anis Benjelloun, vice-président de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI). Ce dernier nous confirme que le déclenchement de cette crise était prévisible au vu des pratiques utilisées par le promoteur des projets fictifs de Bab Darna, Mohamed El Ouardi, aujourd’hui derrière les barreaux.

En juin dernier, le président de la FNPI, Kamil Taoufik, par ailleurs président du groupe parlementaire de l’alliance RNI-UC à la chambre des représentants, avait interrogé au parlement l’ex-ministre de la Communication, Mohamed Laaraj, sur la publicité frauduleuse accompagnant la commercialisation des projets de Bab Darna.

En plus des réservataires lésés qui se comptent par centaines, Benjelloun met le doigt sur les conséquences systémiques entraînés par ce scandale, notamment sur la confiance de la population à l’égard des promoteurs immobiliers. C’est la raison pour laquelle la FNPI a décidé de se constituer partie civile dans le procès qui s’ouvre au tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ. «Le président de la fédération a décidé de consulter les instances juridiques de la fédération pour étudier le dossier. Il s’agit de défendre l’image du promoteur, la réhabiliter et lui redonner la légitimité et la place qu’elle doit avoir au niveau de la société. Nous réprouvons ce genre de dysfonctionnements et sommes tout à fait solidaires avec les victimes», souligne Benjelloun.

Selon le représentant de la FNPI, Bab Darna s’est servi de la casquette de promotion immobilière pour s’adonner à des pratiques délictueuses, profitant d’un vide juridique dans le domaine des amicales d’habitation. «Il est inadmissible de vendre un bien sur la base de document qui ne sont pas autorisés. Les malversations évoluent. Il existe encore quelques brebis galeuses qui sèment le trouble dans ces dispositifs…Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Il faudrait définir les rôles à jouer par chacun des départements ministériels concernés», reconnaît-il.

La loi sur la Vente en l’état futur d’achèvement (Vefa) a été modifiée en 2016 pour mieux protéger les acquéreurs, mais rares sont les promoteurs qui l’appliquent. «La Vefa a été calquée sur le modèle français, malheureusement inadapté au Maroc», estime Benjelloun.

La FNPI appelle à une nouvelle révision de cette loi de manière à ce que la garantie à donner par le promoteur ne soit pas une garantie bancaire. «Ailleurs, la garantie est donnée par le bien lui-même qui est en cours de construction. J’invite le gouvernement à se concerter avec les professionnels du secteur pour établir une nouvelle loi réellement applicable et qui permettrait de stopper ce type de dérives», explique Benjelloun. Il y a lieu, poursuit-il, de réglementer la profession par la création d’un statut de promoteur, appuyé d’un agrément délivré par les autorités de tutelle.

Par ailleurs, l’invité de Studio Le360 n’hésite pas à pointer du doigt la responsabilité des banques auprès desquelles le promoteur du projet Bab Darna a accumulé des centaines d’incidents de paiement, s’ajoutant aux 80 millions de dirhams de créances douteuses détenues par trois banques de la place. Ce montant a été communiqué par le wali de Bank Al-Maghrib lors de son dernier point de presse trimestriel.

«Actuellement, les banques accordent difficilement des crédits aux promoteurs et aux acquéreurs. Le secteur immobilier est en difficulté. Nous sommes à la fin des logements sociaux qui constituent le tiers de la production immobilière sur le territoire. Comment un tel personnage [le PDG du groupe Bab Darna, ndlr] a-t-il pu agir au vu et au su de tout le monde pendant toutes ces années sans attirer la curiosité des autorités de la place? Il y a de quoi se poser des questions», renchérit le vice-président de la FNPI.

Pour rappel, six personnes ont été arrêtées et sont poursuivies dans le cadre de l’affaire Bab Darna: Mohamed El Ouardi, le PDG du groupe, mais aussi son directeur commercial, sa directrice financière, un commercial et un comptable, en plus du notaire, sont sous les verrous.

Plus de 1.000 victimes réclament la restitution de leurs avances, déjà encaissées par les sociétés filiales du groupe Bab Darna.

Au total, ce sont plus de 400 millions de dirhams qui ont disparu. Plusieurs réservataires y ont même perdu toutes leurs économies, celles de toute une vie.

Par Le360
Le 28/12/2019 à 10h19

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

Un seul mot assassin à dire: RACHWA. Tant qu'il y aura des corrompus, les arnaques ne cesseront pas. Il y a un maillon fort qui se détache à chaque fois que des intérêts pervers apparaissent par ci par la. Tant qu'il n'y aura pas des contrôles successifs qui bloqueront les actions douteuses, on n'avancera pas. La question qui se pose est la suivante : pourquoi l'être humain, et de surcroît, un musulman, agit de la sorte? N a t il pas peur de la roue qui tourne, de Dieu? Ne craint t il pas que cette situation se retourne contre lui et sa famille ? Aimerait t il lui même, être victime d'une arnaque lui coutant presque toute une vie d économie ? Allah y hfadna de tous ces agissements destructeurs. Les pays occidentaux estiment et protègent la population car c est la meilleure des ressources pour un Etat en bonne Santé. Le Maroc et toute l'Afrique d 'ailleurs, doivent en faire autant.

Sans trop de commentaires et d'explications inutiles le système de ventes ,d'achats et de transactions de biens immobilier doit être régie d'une maniéré clair et nette et précise le jour même del' accord par le notaire et ce afin d’éviter que les intervenants de toutes nature confondue puissent tabler sur ce manque de précisions pour pouvoir mener a leurs vouloir les opérations et réserver les fond déposée chez les notaire a des fin personnelles Avec toutes les garanties qui s'impose il ne faut pas attendre que tout le rouage administratif voulue prennent les décisions retenues qui risquent comme toujours de prendre 1_ 2_ 3 ans avant d’êtres appliquées

Tout le secteur de la promotion immobiliere doit etre reforme et les associations de protection des consommateurs doivent etre invitees a la table des travaux de reforme. Le pays ne peut plus se permettre de laisser les promoteurs et constructeurs agir comme ils l'entendent et confectionner des lois a leur mesure. Il est temps de mettre de l'ordre dans ce bazar d'arnaqueurs si on veut relancer le marche immobilier et lui assurer le serieux qui lui manque et la perennite.

@Bonsoir Nadia , vous rêvez je crois ? les associations dans leur majorité elles sont passives , permissives, je dirais complices , on voit bien comment ces associations des consommateurs marocains comment elles défendent les citoyens bref il faut mieux rien dire , ça ne change rien et ça ne sert à rien

Messieurs les Responsables: La vérité est comme suit: On n'a pas besoin de mettre derrières les barreaux l'arnaqueur le promoteur de bab darna, mais nous voulons notre argent et sans commentaire. Quant à son emprisonnement, cela est du ressort de la Justice qui tarde a mettre en exécution les jugements de remboursement. Ne suffit pas l'affaire de Tiznit avec la mama IJOU ? Où nos responsables ne sont pas sur terre Marocaine. Il faut appliquer la ou les Lois du Royaume et sans tarder. Cette affaire de Bab Darna donnera une idée au Gouvernement pour bien surveiller d'autres personnes que les amateurs de you tube. PSV

Comment les impôts ils n'ont pas vu la pub???? comment ils n'ont pas fouiller dans les comptes de bab darna? comment les chamabres du métiers rien vu rie entendu ? comment l'INSPECTION du travail elle n'a rien demandé ? des comptes , et le fond de garantie????? ni les déclarations des personnelles ??????

il y a 2 questions qui s'imposent ces 2 questions , sont suspectes d'emblée pour les raisons suivantes mais espérons le la justice fera son travail 1) comment c'est possible que les IMPÔTS N'ont rien vu rien entendu? 2) Comment est ce possible les autorités de l'état = les mokkadame les Caids n'ont rien vu ni rien entendu ???? vous ne trouvez pas que c'est bizarre??????

bien vu, bien titré , le 360 vous êtes ohh combien pertinent , dans vos sujets oui , en effet , c'est un coup trop dur trop dur , je parle pour les MRE. déjà nous étions un peu méfiants , vu ce que nous subissons , et voilà cette affaire Bab darna elle va nous couper non pas la vue, mais le souffle totalement bien vu le 360

0/800