Guerre en Ukraine: Zelensky met les Européens sous pression face à Trump et la Russie

Volodymyr Zelensky, durant son discours à la Conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, le 15 février 2025.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis samedi sous pression ses alliés européens, les exhortant à se renforcer pour éviter un accord forgé par les Américains «dans le dos» de l’Ukraine et de l’Europe.

Le 16/02/2025 à 07h53

«Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l’Europe», a exhorté le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un discours à la Conférence de Munich sur la sécurité, devant un parterre de responsables politiques internationaux. «Le temps où l’Amérique soutenait l’Europe simplement parce qu’elle l’avait toujours fait est révolu», a-t-il prévenu.

Sans concertation avec les Européens, le président américain Donald Trump a eu un premier entretien cette semaine avec son homologue russe Vladimir Poutine. Et s’il en a informé Volodymyr Zelensky, il n’a pas cherché à s’entendre au préalable avec lui sur une stratégie de négociation.

Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, en tournée au Moyen-Orient, et d’autres hauts responsables de l’administration américaine, vont rencontrer en Arabie saoudite des négociateurs russes et ukrainiens, ont indiqué samedi des responsables américains à Washington, sans donner de détails.

Auparavant le département d’État américain avait confirmé un appel téléphonique, annoncé par Moscou, entre Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les deux hommes ont convenu de «coopérer» sur l’Ukraine, selon Moscou, et Marco Rubio a réaffirmé la volonté de Donald Trump de trouver une issue au conflit, selon la partie américaine.

«Trump n’aime pas les amis faibles»

Ces initiatives américaines inquiètent les partenaires de Washington. Dans ce contexte, le président français Emmanuel Macron a convié des dirigeants européens à une réunion lundi à Paris, a annoncé Varsovie, qui sera représenté.

Le chef de l’Otan Mark Rutte a également confirmé sa présence à une réunion à Paris. Les Européens doivent montrer leur «utilité» s’ils veulent peser, a-t-il fait valoir. L’Europe doit «jouer un plus grand rôle au sein de l’Otan» et travailler avec les États-Unis pour «assurer l’avenir de l’Ukraine», a lui aussi souligné le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Les dirigeants de l’UE sont convaincus que la sécurité du continent se joue dans de futurs pourparlers sur l’Ukraine que l’administration américaine veut accélérer, mais ils peinent à imposer leur voix. Donald Trump «n’a pas mentionné une seule fois que l’Amérique a besoin de l’Europe à la table des négociations», a mis en garde Volodymyr Zelensky. «Trump n’aime pas les amis faibles, il respecte la force», a-t-il ajouté.

L’envoyé spécial américain Keith Kellogg a laissé entendre que les Européens ne seraient pas directement impliqués dans les négociations, mais qu’ils auraient leur «mot à dire». Face au risque d’être marginalisés, «je vous exhorte à agir, pour votre propre bien», a lancé le président ukrainien.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a réagi sur X en estimant que «l’Europe a besoin de toute urgence de son propre plan d’action concernant l’Ukraine et notre sécurité, sinon d’autres acteurs mondiaux décideront de notre avenir».

Pour M. Zelensky, il ne faut «pas de décisions sur l’Ukraine sans l’Ukraine, pas de décisions sur l’Europe sans l’Europe», car «si nous sommes exclus des négociations concernant notre propre avenir, alors nous perdons tous».

Volodymyr Zelensky n’a cependant rien révélé de sa première rencontre, vendredi, à Munich avec le vice- président américain JD Vance. «Ce n’est pas une perte de temps» mais «ce n’est pas suffisant», et «nous devons parler davantage», a juste dit le président ukrainien, qui réclame à Washington «un plan» concerté avec les Européens avant toute discussion avec la Russie.

Il a par ailleurs révélé avoir refusé de signer un accord avec les États-Unis portant sur des minerais ukrainiens, estimant qu’il ne «protégeait pas» à ce stade son pays et devait comporter «des garanties de sécurité» pour l’Ukraine. Les Américains cherchent à boucler un tel un accord qui permettrait de «rembourser l’aide» fournie à Kiev.

Par Le360 (avec AFP)
Le 16/02/2025 à 07h53

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

0/800