Israël accepte un cessez-le-feu jusqu’à mi-avril, le Hamas exige d’entamer sans délai la deuxième phase

Des Palestiniens célèbrent la conclusion d'un accord de trêve entre Israël et le Hamas, le 15 janvier 2025, à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza. (Photo AFP)

Israël a approuvé dimanche une proposition américaine d’étendre la trêve à Gaza jusque mi-avril, faute d’accord avec le Hamas pour entamer selon le calendrier prévu la deuxième phase du cessez-le-feu, qui doit en principe mettre fin à la guerre. La formation palestinienne a exigé le démarrage sans délai de la deuxième phase du cessez-le-feu.

Le 02/03/2025 à 07h22

«Israël adopte le plan de l’envoyé du président américain Steve Witkoff pour un cessez-le-feu temporaire pour les périodes du ramadan» devant s’achever fin mars «et de Pessah», la pâque juive, qui sera célébrée à la mi-avril, a annoncé le bureau du premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué publié après minuit (22h00 GMT samedi).

Le Hamas a exigé dimanche le démarrage de la deuxième phase du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, qui doit en principe avoir lieu dimanche mais qu’Israël refuse d’appliquer, préférant un plan de dernière minute d’extension de la trêve jusque mi-avril proposé par les États-Unis face au blocage des négociations.

«La récente déclaration du bureau de Netanyahu confirme clairement que l’occupant ne cesse de se soustraire aux accords qu’il a signés», a fustigé le dirigeant du Hamas Mahmoud Mardaoui dans une déclaration transmise à l’AFP.

«La seule façon de parvenir à la stabilité dans la région et au retour des prisonniers est d’achever la mise en œuvre de l’accord (...) en commençant par la mise en œuvre de la deuxième phase», qui prévoit la fin définitive de la guerre et la libération de tous les otages, a-t-il poursuivi. «C’est ce sur quoi nous insistons et nous ne reculerons pas».

Aux termes du plan de Witkoff, «la moitié des otages, morts et vivants», seraient remis à Israël au premier jour de son entrée en vigueur. Le reste des otages, vivants ou morts seraient remis «à la fin, si un accord est trouvé sur un cessez-le-feu permanent», ajoute le communiqué du premier ministre.

Selon le bureau de Netanyahu, Witkoff a formulé cette proposition après avoir constaté que les positions du Hamas et d’Israël étaient impossibles à rapprocher dans l’immédiat, et qu’un délai supplémentaire était nécessaire pour mener à bien des pourparlers sur un cessez-le-feu permanent.

Israël, ajoute le communiqué, est prêt à entamer «immédiatement» des négociations «sur tous les détails du plan Witkoff» si «le Hamas change de position» et en accepte lui aussi le principe.

Dans la foulée, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé avoir approuvé l’envoi d’une aide militaire d’environ 4 milliards de dollars à Israël.

Arraché par les États-Unis, le Qatar et l’Égypte après des mois de négociations ardues et entré en vigueur le 19 janvier, l’accord de cessez-le-feu a fait taire les armes après quinze mois d’une guerre sanglante déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Cet accord comprend trois phases d’une durée de 42 jours chacune.

Blocage

Lors de la première phase, au cours de laquelle la trêve s’est retrouvée plusieurs fois au bord de la rupture, le Hamas a libéré 25 otages et rendu les corps de huit autres à Israël, qui en échange a libéré environ 1.800 détenus palestiniens.

La deuxième phase devait en principe commencer dimanche et permettre la libération des derniers otages du Hamas et de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens. Enfin, une troisième phase devrait être consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza.

Jusque-là, le Hamas a campé sur son refus de discuter d’autre chose que d’une mise en œuvre de la deuxième phase, censée garantir la fin définitive de la guerre et le retrait des troupes israéliennes de Gaza.

Israël refuse pour sa part de s’engager dans la deuxième phase, disant préférer une extension de la phase actuelle avec de nouvelles libérations d’otages contre des prisonniers palestiniens chaque semaine.

Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé. Le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans le territoire en 2007, insiste pour y rester. Un blocage qui a fait craindre une reprise de la guerre.

«Il est impératif que tous les efforts soient faits pour empêcher un retour des hostilités, ce qui serait catastrophique», a déclaré samedi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

«Un cessez-le-feu permanent et la libération de tous les otages sont essentiels pour éviter une escalade et davantage de conséquences dévastatrices pour les civils», a-t-il ajouté.

Nouvelle vidéo du Hamas

Dans ce contexte, la branche armée du Hamas a publié samedi une nouvelle vidéo de ce qui semble être un groupe d’Israéliens otages à Gaza. L’AFP n’est pas en mesure de l’authentifier dans l’immédiat.

Les images montrent trois personnes à visage découvert dont deux semblent être des otages libérés en février. Un troisième appelle en hébreu le gouvernement israélien à le libérer. À la fin de la vidéo, un message avertit que «seul un accord de cessez-le-feu les ramènera vivants».

«Israël ne se laissera pas intimider par la propagande du Hamas», par une vidéo «dans laquelle nos otages sont contraints de réciter un discours de guerre psychologique», a réagi dans la foulée le bureau de Benjamin Netanyahu.

L’attaque du 7-Octobre a fait 1.218 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La riposte israélienne dans la bande de Gaza a fait au moins 48.388 morts, pour la plupart des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et détruit ou endommagé la majorité des bâtiments.

Les quelque 2,4 millions d’habitants du petit territoire assiégé, déplacés dans leur quasi-totalité et vivant dans des conditions catastrophiques, ont entamé samedi le ramadan. À l’heure de l’iftar, le repas de rupture du jeûne, personne ne savait à quoi ressemblerait le lendemain.

À Jabalia, une des zones ayant subi les combats parmi les plus violents de la guerre, des guirlandes ont été tendues entre deux bâtiments éventrés et plusieurs centaines de personnes ont partagé un repas préparé par des bénévoles.

«Nous ne quitterons pas ce pays. C’est un message au monde entier», lance Yasser Albas, la trentaine. «Nous resterons, même au milieu des ruines, sans eau ou sans rien».

Par Le360 (avec AFP)
Le 02/03/2025 à 07h22

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