Des négociateurs du mouvement islamiste palestinien ont rencontré samedi les médiateurs égyptiens sur le maintien de la trêve fragile à Gaza, après plus de quinze mois de guerre provoquée par l’attaque du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023.
La délégation «a souligné la nécessité de respecter tous les termes de l’accord, d’entamer directement les négociations pour la deuxième phase, d’ouvrir les points de passage et de réintroduire le matériel de secours dans le secteur sans restrictions ni conditions», a indiqué le mouvement palestinien dans un communiqué dimanche.
«Les signaux sont positifs pour le début des négociations sur la deuxième phase» de la trêve, avait affirmé samedi le porte-parole du Hamas, Abdel Latif Al-Qanou.
«Les efforts des médiateurs égyptiens et qataris se poursuivent pour achever la mise en oeuvre de l’accord de cessez-le-feu» entré en vigueur le 19 janvier et dont la première phase a expiré le 1er mars, avait-il ajouté.
Mais le porte-parole a souligné «la nécessité d’obliger les médiateurs d’Israël à mettre en oeuvre l’accord».
Israël a pour sa part annoncé l’envoi d’une délégation lundi au Qatar, l’un des pays médiateurs avec l’Egypte et les Etats-Unis, «dans le but de faire avancer les négociations».
Une délégation se rendra lundi à Doha, à «l’invitation des médiateurs soutenus par les Etats-Unis» pour tenter de surmonter les désaccords entre le Hamas et Israël sur la suite du processus, qui doit aboutir à un cessez-le-feu permanent, a indiqué le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, sera alors dans la région, car il a rendez-vous à Ryad avec une délégation ukrainienne afin de discuter d’un cessez-le-feu avec la Russie.
Israël souhaite une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu’à la mi-avril. Il réclame la « démilitarisation totale » du territoire, le départ du Hamas de la bande de Gaza et le retour des derniers otages avant de passer à la deuxième phase.
Le Hamas, qui insiste pour rester à Gaza où il a pris le pouvoir en 2007, réclame pour sa part le retrait total de l’armée israélienne de Gaza, la fin du blocus du territoire et sa reconstruction, ainsi qu’une aide financière basée sur les résultats d’un récent sommet arabe.
Libération des otages
Une cinquantaine d’ex-otages israéliens de Gaza et des familles de captifs ont appelé samedi le Premier ministre israélien à conclure un accord de cessez-le-feu «complet» pour obtenir la libération de tous les otages encore détenus.
«Seul un accord qui ramène (tous les otages) en une fois les fera revenir», a affirmé Einav Zangauker, accusant M. Netanyahu de saboter les négociations et d’utiliser son fils, Matan, «et les autres otages comme des pions sur son échiquier politique».
Omri Lifshitz, dont le père Oded est mort en captivité, a mis en garde M. Netanyahu: «si vous reprenez la guerre, les otages mourront à cause de vous. Vous aurez leur sang sur les mains», lors du rassemblement hebdomadaire du Forum des familles d’otages à Tel-Aviv.
Donald Trump avait lancé mercredi un «dernier avertissement» au Hamas et aux habitants de Gaza, les enjoignant de libérer les otages.
«Au peuple de Gaza: un bel avenir vous attend, mais pas si vous gardez des otages. Si vous le faites, vous êtes MORTS! Prenez une BONNE décision», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a de son côté formellement adopté samedi le plan arabe pour la reconstruction de Gaza, soutenu également par des pays européens, en réponse au projet de Donald Trump de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en expulser ses habitants.
Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive dévastatrice à Gaza après une attaque d’une violence et d’une ampleur sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés de Gaza dans le sud d’Israël.
L’offensive israélienne a fait au moins 48.440 morts à Gaza, en majorité des civils, d’après les données du ministère de la Santé du Hamas jugées fiables par l’ONU.
L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.218 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité après leur enlèvement ce jour-là
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