Pour tenter d’amaouder Washington en augmentant ses importations en provenance des États-Unis, le Vietnam a annoncé tard lundi avoir réduit ses droits de douane sur une série de marchandises dont les voitures, le gaz liquéfié et certains produits agricoles.
Le Japon va créer un millier de «guichets de consultation» pour aider les entreprises touchées par l’offensive douanière américaine, a annoncé mardi le Premier ministre nippon, s’engageant à poursuivre ses efforts pour obtenir auprès de Washington une exemption pour son pays.
Le ministre des Affaires mexicain Juan Ramón de la Fuente a lui parlé par téléphone au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio pour demander le maintien du traité de libre-échange d’Amérique du nord qui lie les deux pays et le Canada, l’ACEUM, qui encadre une des plus grandes zones de libre-échange du monde, et alors que Mexico et Ottawa sont particulièrment dans le collimateur de Washington.
Le monde entier attend de savoir précisement ce que va décider le locataire de la Maison Blanche, qui, fidèle à son approche transactionnelle et déstabilisatrice, souffle le chaud et le froid.
«Nous allons être très gentils», a assuré lundi le président américain depuis la Maison Blanche, tout en promettant que son initiative permettrait une «renaissance» de l’Amérique.
Les nouveaux droits de douane de Donald Trump signeront la fin du système économique mondial actuel https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/01/les-droits-de-douane-reciproques-de-donald-trump-une-onde-de-choc-pour-l-economie-mondiale_6589143_3234.html #infos #lemonde
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Taux «plus bas»
Les autres pays «ont profité de nous, et nous allons être très sympas, en comparaison de ce qu’ils nous ont fait» a encore dit Donald Trump, en assurant que les droits de douane américains seraient «plus bas», et dans certains cas «nettement plus bas» que ceux imposés par d’autres Etats.
Il semble donc relativiser sa grande menace de droits de douane strictement «réciproques», qui verraient les États-Unis taxer toute marchandise importée de la même manière que le pays dont elle provient taxe les produits américains.
Cette nouvelle batterie de taxes douanières, qui vient après des droits de douane sur l’acier et l’aluminium notamment, doit être révélée mercredi, même si le président américain a évoqué une possible annonce dès mardi soir de cette initiative qui est susceptible de changer les règles du jeu commercial, de raviver l’inflation et d’amoindrir la croissance.
Les Bourses asiatiques, qui avaient nettement reculé lundi du fait de l’incertitude entretenue par Donald Trump, ont un peu rebondi mardi, mais les investisseurs restent dans l’expectative: ils «privilégient la gestion du risque et continueront d’ajuster leur exposition, attendant d’avoir suffisamment d’informations sur les taxes douanières», estime Chris Weston, du courtier Pepperstone.
D’autant que la riposte des pays concernés est une autre inconnue. La Chine et le Canada ont commencé à répondre par des nouveaux droits de douane aux surtaxes les visant, et l’Union européenne a promis de faire de même.
Les coups de canif de Washington dans le cours de la mondialisation poussent aussi les Etats à réaliser des rapprochements stratégiques afin de peser face à la première puissance mondiale.
Pendant le week-end, Pékin, Tokyo et Séoul ont ainsi annoncé vouloir «accélérer» leurs négociations en vue d’un accord de libre-échange.
Automobile
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a déjà augmenté les droits de douane sur certains produits entrant aux États-Unis. Il a visé ceux qui viennent de Chine, une partie de ceux en provenance des voisins mexicain et canadien, de même que l’acier et l’aluminium, quelle que soit leur origine.
Et les droits de douanes réciproques ne marqueront pas un point final: dès jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit également d’imposer 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l’étranger, ainsi que les pièces détachées entrant dans la composition des véhicules assemblés aux États-Unis.
Le fait que les États-Unis importent plus qu’ils n’exportent est une obsession pour Donald Trump. C’est la démonstration, selon lui, que les autres pays abusent de l’accès au marché américain, sans faire preuve de la même ouverture chez eux.
Il compte aussi sur les rentrées de taxes douanières pour résorber le déficit budgétaire.
Il serait «mieux» d’y voir clair «le plus tôt possible» sur la politique commerciale des États-Unis, a déclaré lundi la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva. «Car nos recherches montrent que plus le temps passe, plus il risque d’y avoir un impact négatif sur la croissance.»
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