Après trois ans d’entente, la coalition gouvernementale risque de se désintégrer

Le mépris total d'Akhannouch envers le Parlement et l'opposition

Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement.

Revue de presse La coalition gouvernementale est secouée par des tensions croissantes entre ses composantes, d’une part entre l’Istiqlal et le PAM, et le RNI d’autre part. Des critiques publiques et des accusations mutuelles laissent présager une reprise des affrontements après le Ramadan, mettant en péril la stabilité de la coalition à l’approche des échéances électorales de 2026. Une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 01/04/2025 à 18h50

Après une période de silence observée durant les derniers mois, certains observateurs s’attendent à une reprise publique des dissensions au sein de la coalition gouvernementale après la fin du Ramadan. La tension, latente jusqu’alors, a culminé récemment avec les déclarations du secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, qui a indirectement imputé au RNI, chef de file de la coalition, la responsabilité de certains dossiers problématiques, rapporte Al Ahdath Al Maghribia du 2 avril. Il a notamment mis en cause l’importation de bétail, dont le coût exorbitant de plusieurs milliards de dirhams pèse sur les citoyens, tout en pointant les difficultés du gouvernement à honorer ses engagements.

Il apparaît que l’Istiqlal et le PAM, alliés du RNI, saisissent chaque occasion pour lui attribuer la responsabilité politique et managériale de dossiers sensibles. Ces critiques et messages codés se sont intensifiés, notamment après que Mohamed Aujjar, membre du bureau politique du RNI, a vivement critiqué la gestion du secteur de l’habitat et de l’urbanisme, un ministère dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, Coordinatrice nationale du triumvirat du PAM. Ces remarques ont été à l’origine d’une première crise larvée entre les deux principaux partis de la coalition.

Lors d’une réunion, le bureau politique du PAM a exprimé sa déception face à l’absence de réaction de la direction du RNI aux propos critiques de l’un de ses dirigeants. Plus encore, les responsables du parti du «Tracteur» ont estimé qu’Aujjar avait reçu l’aval de son parti pour exprimer ces critiques. En réponse, le PAM a adressé un message indirect à la direction du RNI en faisant l’éloge des résultats probants obtenus dans le secteur de l’habitat, dirigé par un membre de son triumvirat.

Une source au sein du PAM souligne que la direction du parti espérait au moins un soutien de la part des dirigeants du RNI afin de rétablir l’unité de la coalition. Cependant, le parti dirigé par Aziz Akhannouch est resté silencieux pendant deux semaines après les critiques formulées par Mohammed Aujjar, sur un plateau de télévision, concernant la politique menée par le ministère de l’Habitat.

Face à ces tensions croissantes, tout laisse à penser que la coalition se mettra en veilleuse, permettant à chaque parti de se préparer aux prochaines échéances électorales dans la perspective de diriger le gouvernement en 2026. La guerre d’usure est déjà engagée, l’Istiqlal et le PAM accusant leur allié du RNI de gérer certains dossiers dans le but de les exploiter lors de la campagne électorale, notamment en ce qui concerne l’emploi, la protection sociale et l’aide directe. Les deux partis reprochent également au RNI de superviser directement les actions d’une association caritative afin de renforcer sa base électorale.

Nizar Baraka, leader de l’Istiqlal, a ainsi déclaré dans une émission télévisée que les chiffres annoncés comme objectifs gouvernementaux étaient difficilement atteignables. De son côté, la direction politique du PAM a exprimé ses inquiétudes quant au plan d’action gouvernemental dans le domaine de l’emploi, soulignant la nécessité de transformer les mesures urgentes de création d’opportunités en une démarche nationale, impliquant pouvoirs publics et élus, afin de qualifier la jeunesse marocaine et de développer les régions et les catégories sociales les plus affectées.

«Afin d’apaiser ces tensions, le chef de la coalition, Aziz Akhannouch, a convié Nizar Baraka et Fatima Ezzahra El Mansouri à un repas de rupture du jeûne», rapporte Al Ahdath Al Maghribia. Il est également envisagé de charger des dirigeants de premier plan de s’exprimer publiquement via les médias pour clarifier certains points à l’origine de la tension latente entre les trois composantes du gouvernement.

Par Hassan Benadad
Le 01/04/2025 à 18h50

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