Le droit de savoir

Tahar Ben Jelloun.

ChroniqueCessons d’accuser les autres. Ces gens, nos ennemis, ne nous feront pas de cadeau et ne nous laisseront jamais en paix. Ils sont malades du Maroc, de ses progrès, de ses réalisations, de sa stabilité politique et morale. Ce sont des malades mentaux qui ont besoin de la haine du Maroc pour exister. Où est notre responsabilité? Qu’on dise où elle commence et que nous l’assumions.

Le 10/08/2026 à 11h01

Comme tout citoyen qui aime son pays et le défend, je voudrais savoir ce qui s’est réellement passé le jeudi 30 et vendredi 31 juillet 2026 à la frontière avec Sebta.

Je ne suis pas le seul à me poser des questions dont certaines sont gênantes.

Tout le monde en parle et tout le monde souhaite avoir une réponse.

Mettons de côté le complotisme et la machination diabolique du régime abject algérien. Il y est pour beaucoup. Mais allons plus loin.

Regardons chez nous.

Nous avons l’une des polices parmi les plus efficaces du monde. M. Hammouchi accomplit un travail exceptionnel. Pas une seule cellule de candidats au terrorisme ne lui a échappé. Elles ont toutes été démantelées avec précision et calme.

Tant de pays reconnaissent à M. Hammouchi et ses équipes un savoir-faire qui fait honneur à la justice et à la stabilité de notre pays.

Abdellatif Hammouchi et ses services savent tout de ce qui se trame dans notre si beau pays. Ils sont informés de tous côtés. L’information vient parfois à eux. Mais ils savent la chercher et l’exploiter.

La question que tout le monde se pose: comment des milliers de jeunes Marocains ont-ils pu recevoir l’ordre de «marcher sur Sebta» sans que les services de M. Hammouchi et l’appareil sécuritaire du ministère de l’Intérieur en soient-informés?

Comment ces milliers de jeunes ont-ils pu marcher depuis Marrakech jusqu’à Tétouan, et au-delà, sans être interceptés par la police nationale?

Comment l’ordre de «l’assaut» sur Sebta a-t-il été exécuté le 30 juillet, jour où le pays fêtait le 27ème anniversaire de l’accession de Sa Majesté sur le Trône? Cette coïncidence est inacceptable, même si elle a été calculée par nos ennemis de toujours, les généraux algériens.

Ces questions, la presse internationale les a posées. L’Espagne a été accusée et malmenée par des États européens comme l’Italie, la Finlande et le Danemark.

Notre pays ne peut plus ignorer ces questions lancinantes, relayées par des journalistes sérieux.

Nous avons besoin de vérité.

Nous avons besoin que la réalité soit rétablie.

Nous avons besoin de justice.

Ce qui s’impose, c’est une enquête rigoureuse, menée par des juges, des magistrats, des responsables de la sécurité, des gens qui aiment leur pays avec loyauté et sincérité. Des personnes intègres.

Cette enquête devra répondre à nos interrogations. Nous ne pouvons plus continuer de faire la sourde oreille, ni de répéter, comme l’a fait le porte-parole du ministère de l’Intérieur, qu’il n’y a pas eu autant de morts que ne l’a prétendu la presse étrangère.

N’ayons pas peur de la vérité. Au contraire, si notre pays décide de tout dire, ce sera à son honneur, à sa loyauté et à sa fidélité envers une stabilité que le Roi a su établir dans un Maroc nouveau et émergent.

Cessons d’accuser les autres. Ces gens, nos ennemis, ne nous feront pas de cadeau et ne nous laisseront jamais en paix. Ils sont malades du Maroc, de ses progrès, de ses réalisations, de sa stabilité politique et morale. Ce sont des malades mentaux qui ont besoin de la haine du Maroc pour exister.

Où est notre responsabilité? Qu’on nous dise où elle commence et que nous l’assumions.

Sans cela, notre image hideusement étalée sur les pages des journaux du monde continuera à nous hanter, de nous porter préjudice et malheur. Quant aux 141 Marocains (chiffre de l’Association marocaine des droits humains) morts noyés dans les eaux de la Méditerranée, ils seront, en quelque sorte, vengés.

J’apprends que de nouvelles révélations prouvent l’implication du régime militaire algérien dans les appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux.

Alors, qu’attend l’État marocain pour poursuivre en justice ce régime haineux, capable de tout cela, et de bien pire encore?

Par Tahar Ben Jelloun
Le 10/08/2026 à 11h01