«Le partenariat Maroc-UE se défend par les actes et non des paroles», affirme Nasser Bourita à l’adresse d’Oliver Varhelyi

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le 25 novembre 2024 à Rabat. (Y.Mannan/Le360)

Le 25/11/2024 à 16h26

VidéoLors de son entretien ce lundi à Rabat avec Oliver Varhelyi, commissaire européen chargé du Voisinage et de l’Élargissement, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a adopté un ton direct et exprimé le souhait de voir l’Union européenne manifester, par des actions concrètes, son engagement envers le partenariat stratégique avec le Maroc.

«Le partenariat avec l’Union européenne est arrivé à une période charnière», qui requiert «la confirmation de l’engagement de l’UE dans ce partenariat à travers des actes au-delà des expressions verbales», a déclaré Nasser Bourita au terme de ses entretiens, ce lundi 25 novembre à Rabat, avec le commissaire européen chargé du Voisinage et de l’Élargissement, Oliver Varhelyi, qui effectue une visite de travail au Maroc.

«Il faut que tout ce qui se dit dans les capitales européennes sur l’importance du partenariat de l’Union européenne avec le Maroc soit traduit par des actes et des solutions concrètes face aux provocations et au harcèlement», qui prennent des formes politiques et juridiques et qui tentent de porter préjudice à ce partenariat, a expliqué le haut responsable gouvernemental devant son interlocuteur européen.

«Aujourd’hui, le Maroc attend de l’Union européenne qu’elle dise de quelle manière elle compte faire face aux provocations. Le Maroc attend que l’UE envoie des signaux et des propositions matérielles qui reflètent son attachement à ce partenariat et qui répondent aux défis qui se posent», a martelé Nasser Bourita avant de réaffirmer la position du Maroc exprimée par le roi Mohammed VI dans son discours du 6 novembre dernier. Le Souverain avait alors rappelé qu’il ne «peut y avoir de partenariat au détriment de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Royaume du Maroc».

Et d’ajouter que le pays est «pleinement engagé dans son partenariat avec l’UE. Aujourd’hui, la balle est dans le camp de l’UE», a-t-il poursuivi. «Autant le Maroc est engagé dans ce partenariat, autant il demande à ses partenaires européens de traduire cet engagement par des actes

Pour sa part, le commissaire européen a remercié le ministre pour la réussite du travail commun effectué en faveur des deux parties. Répondant aux sollicitations de Nasser Bourita, Olivier Varhelyi a déclaré: «Nous sommes toujours avec vous, car le problème que vous avez évoqué ne se pose pas uniquement pour le Maroc, c’est aussi valable pour l’UE. Il faut trouver une solution commune et c’est la raison pour laquelle j’ai réservé ma dernière visite au Maroc pour être sûr qu’il y aura une solution

L’UE, a-t-il dit, a exprimé «clairement» qu’elle est «attachée aux acquis et aimerait non seulement sauver ce partenariat, mais également l’élargir», a conclu le responsable européen en rappelant que l’UE a injecté, ces dernières années, plus de 5 milliards d’euros dans un programme de développement de l’économie nationale. Dans la même journée de ce lundi 25 novembre, le commissaire européen aura des entretiens avec Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget pour un accord de financement de 190 millions d’euros en faveur de la reconstruction d’une partie de la région d’El Haouz touchée par le séisme de septembre 2023.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 25/11/2024 à 16h26

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Les diplomates de l' UE-ocde demandent beaucoup mais ne donnent que peu en retour en effet.

Il faut dire que la plupart des actions prises par l’UE dans le cadre de son partenariat avec le Maroc sont d’ordre économique, et profitent plus à un patronat marocain dont les intérêts sont purement économiques. Un patronat qui protège un marché qu’il partage avec des partenaires européens. Rares sont donc les impacts de ce partenariat sur le développement socio-économique du pays; qui est en réalité un des problèmes majeurs du Maroc. Au niveau politique, comme l’a si bien dit M. Bourita, les décideurs européens en font trop dans les beaux discours, en évitant de joindre la parole à l’acte; sachant que le socle du sujet se trouve dans l’héritage colonial européen qui fait qu’à ce jour, le Maroc lutte encore pour s’en débarrasser. Ce Maroc qui ne demande que son droit sur ses territoires!

Au Maroc, il y a des ministres d'état et les autres...

Vous avez absolument raison. Il y a des ministres et ce que les anglais appellent sarcastiquement «miscellaneous (les autres)»! On pourrait les nommer aussi «les figurants». Ceux qui ne sont là que pour prétendre qu’on a des formations gouvernementales dignes de ce nom. C’est pour ça qu’on constate ce contraste frappant entre les vrais serviteurs de l’État, comme M. Bourita, et la horde de «paper pushers» qui pullulent dans les autres départements.

L'UE doit reconnaitre la souveraineté du Maroc sur le Sahara pour clore toute ambiguité et envoyer un signal clair à Alger qui fait de l'agitation stérile via son Proxy terroriste du Polisario. D'autant que le pouvoir algérien pietinne tous les accords signés avec l'UE et ne lui apporte que des harragas. La Chine pèse lourd et elle se rapparohe à grand pas du Maroc sur la reconaissance de la souveraineté du Maroc qui a acces à 2.3 milliards de consommateurs via ses accords de libre-échanges. A l'UE de saisir sa chance.

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