À la veille de cette conférence, le monde arabe est vivement appelé à contrebalancer la décision controversée du président américain, qui veut un exode forcé des Gazaouis, au nombre de deux millions, vers le Sinaï égyptien et le désert jordanien. «Il faut considérer que ce sommet s’inscrit dans le cadre de ce que la région connaît comme une détérioration à cause de la position américaine», a commenté le politologue Tajeddine El Husseini sur la tenue de ce sommet pour Le360. Donald Trump «est allé trop loin dans sa réflexion en disant que tous les habitants de Gaza seront déplacés de leurs foyers vers l’Égypte et la Jordanie», a-t-il encore déclaré.
L’enseignant universitaire estime cette idée «dangereuse» car, «franchement, cela nous ramène et ramène nos esprits à ce qui s’est passé en 1948, ce qu’on appelait le transfert, une opération d’expulsion des Palestiniens menée par Israël». «C’est une reprise de l’opération de transfert, mais cette fois, non pas par Israël, mais par le système qui détient la domination unipolaire dans le cadre de l’équilibre des forces», a-t-il souligné.
Et d’ajouter: «Il est grand temps que cette réunion soit décisive pour prendre une position ferme sur ce sujet.» Selon lui, «il existe un plan égyptien préparé par le ministère des Affaires étrangères égyptien, qui est peut-être discuté aujourd’hui au sein du ministère et qui sera amélioré par la suite». L’enseignant universitaire considère que l’élément dominateur dans ce plan, «c’est avant tout que Gaza doit être reconstruite, mais sans déplacement des habitants».
Tajeddine El Husseini a affirmé en outre qu’un sommet arabe est «bienvenu», mais il considère que les divisions internes peuvent influencer le sommet: «entre les pays arabes, il y a des problèmes. Ce sommet aboutira-t-il à une recommandation unanime?»
«Ce qui me fait le plus peur, c’est que nous vivons à une époque de conflits arabes incessants, une époque d’humiliation et de dégradation sous toutes ses formes», a-t-il ajouté. Néanmoins, le chercheur pense que plusieurs pays «élèvent la voix concernant la question palestinienne, mais en réalité, dit-il, cette question palestinienne convient à l’hostilité de leurs positions radicales».
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En conclusion, El Husseini souhaite que le sommet ne se limite pas à une déclaration générale et vague, mais qu’il énonce clairement les revendications et fixe une feuille de route. «Aujourd’hui, il nous faut être fermes et faire en sorte que les actions correspondent aux paroles et que la solidarité arabe retrouve sa forme d’antan, ce qui pourrait mener à la création d’une force arabe de solidarité sur le terrain», a-t-il souligné.
Celle-ci, d’après lui, «pourrait convaincre les États-Unis de renoncer à ces ambitions et de convaincre la communauté internationale de participer sérieusement à la reconstruction de Gaza».
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