Parlement: le règlement intérieur «cède» face aux parlementaires «fantômes»

L'hémicycle de la Chambre des représentants. 

L'hémicycle de la Chambre des représentants.  . DR

Revue de presseLes parlementaires absentéistes ont fini par imposer leur loi. La tentative de faire appliquer le règlement intérieur a été mise en échec par une vague de protestations parmi les élus, qui refusent d’être dénoncés en cas d’absence non justifiée. Une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 16/02/2025 à 19h49

L’absentéisme des parlementaires de la première Chambre du Parlement, pendant les séances plénières et les réunions des commissions, fait de nouveau polémique.

Les deux fois où la présidence de la Chambre a tenté d’appliquer le règlement intérieur, cela a soulevé un tollé général, commente le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 17 février.

En effet, relève le quotidien, la liste des noms des parlementaires absents a été lue en public en début de deux des séances successives de la Chambre, ce qui a provoqué une forte protestations dans le rang des députés.

«Certains d’entre eux sont même allés jusqu’à demander des excuses au président de la Chambre pour avoir inclus leur nom sur la liste des absents», affirme le quotidien.

L’intensité des protestations est montée d’un cran, ce qui a poussé le Bureau de la Chambre à revenir sur sa décision d’activer les procédures visant à lutter contre l’absentéisme des députés, et les encourager à participer aux réunions des commissions permanentes et aux séances plénières, que ce soit lors des questions orales ou pendant le vote des projets de lois.

Face à la levée des boucliers des parlementaires, le président de la Chambre, Rachid Talbi Alami, a même menacé une fois de présenter sa démission de son poste.

C’était lors d’une réunion du groupe parlementaire de son parti, le RNI, lorsqu’il a été pris à parti par des élus de sa formation qui n’ont pas apprécié que la liste des noms des absents soit lue en public au début des travaux du Parlement.

La vague de protestation s’est étendue par la suite à l’ensemble des parlementaires au sein de l’hémicycle, lorsque certains députés ont exigé des excuses de la part du président de la Chambre, après avoir été dénoncés lors de la séance de vote sur le projet de loi de finances, lors de la lecture en public des noms des absents lors de deux séances successives.

La Chambre des Représentants, rappelle le quotidien, avait entamé l’application des mesures d’injonction prévues dans le règlement intérieur contre les représentants qui s’absentent lors des séances plénières et des réunions des commissions.

Il a été décidé que leurs noms soient lus en début des séances publiques qui sont retransmises en direct par les médias.

Par la suite, des déductions seraient effectuées sur leurs indemnités de parlementaires.

Le règlement intérieur prévoit en ce sens que les parlementaires absents sans excuse valable se voient ponctionner de leur indemnités le nombre des jours où ils ne se seront pas présentés aux travaux des commissions et aux séances plénières.

Le quotidien précise que, les parlementaires touchant des indemnités d’un montant de 36.000 dirhams par mois, chaque jour d’absence leur coûte 1.300 dirhams.

Cependant, les retenues sur les indemnités ne doivent pas dépasser l’équivalent de quatre séances plénières et deux séances en commission.

Bref, la liste des absentéistes sera également publiée dans le bulletin officiel de la Chambre, comme précisé dans le règlement intérieur.

Ce règlement, indique le quotidien, précise par ailleurs que les membres de la Chambre sont tenus d’assister à toutes les séances plénières.

Il y est également mentionné que les membres des commissions parlementaires permanentes sont tenus d’assister aux travaux des commissions auxquelles ils appartiennent.

Par Amyne Asmlal
Le 16/02/2025 à 19h49

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"Il a été décidé que leurs noms soient lus en début des séances publiques qui sont retransmises en direct par les médias." C'est à l'école que ces pratiques existent. Pour les adultes il y a mieux, toute absence sera sanctionnée par une révocation avec la restitution des sommes encaissées... Comme je suis souverainiste absolutiste et que le Roi a demandé de mobiliser l'institution, 3 mois ? plus tard, rien ne semble changer...

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