Parlement: mais que faire des députés qui croupissent en prison?

Six élus parlementaires sont actuellement poursuivis par la Justice, voire condamnés à des peines de prison ferme.

Actuellement, au moins six membres de la Chambre des représentants sont derrière les barreaux. Certains ont été jugés, d’autres attendent leur verdict, mais tous continuent de bénéficier du statut très enviable d’élu de la Nation. Une aberration sans issue et une équation insoluble. Explications.

Le 29/11/2023 à 14h27

La situation est inédite dans les annales parlementaires du Royaume. Sur les 395 membres que compte la Chambre des représentants, au moins une vingtaine, presque de tous les bords politiques, font l’objet de poursuites judiciaires pour des faits assez graves, généralement en relation avec des affaires de détournement ou de dilapidation de deniers publics, moins souvent pour des délits de droit commun. Plus grave encore: au moins six parlementaires se trouvent en ce moment derrière les barreaux, ayant été condamnés et incarcérés ou en détention préventive dans l’attente de l’issue de leurs procès.

L’un des cas les plus emblématiques est celui de Babour Sghir, député de Settat (Union constitutionnelle, opposition), condamné en mars 2022 à 5 ans de prison ferme pour des escroqueries portant sur plusieurs centaines de millions de dirhams, et poursuivi dans une autre affaire d’escroquerie, actuellement traitée par la justice.

L’autre «cas d’école» est celui du député Rachid El Fayek (Rassemblement national des indépendants, majorité). Ancien président de la commune de Aïn Baïda, dans la banlieue de Fès, il a écopé d’une double condamnation, dont une condamnation à cinq ans de prison ferme pour viol… sur une mineure en situation de handicap!

Numéro d’écrou, M. le député?

Pour autant, aussi bien dans le cas de Babour Sghir que celui de Rachid El Fayek, ou encore celui de l’ancien ministre Mohamed Moubdiî, les élus continuent à porter le titre de député, et conservent tous les avantages qui vont avec, à commencer par leurs indemnités. Une situation qui peut sembler surréaliste, mais qui découle d’un flou dans la législation régissant le Parlement.

«C’est scandaleux sous tous les aspects. Quelle image renvoie l’institution quand un député qui a purgé une année de prison ferme pour corruption regagne son siège et revient assister à une séance publique, comme si de rien n’était?», s’insurge un élu de la majorité sous le sceau de l’anonymat. Notre interlocuteur fait notamment allusion au député Saïd Zaïdi (Parti du progrès et du socialisme, opposition), surnommé «Le seigneur de Oued Cherrat», en référence à la commune des environs de Bouznika dont il était le président.

Le principe voudrait qu’un parlementaire condamné par la justice et incarcéré perde automatiquement son siège. Tel n’est pourtant pas le cas. Et pour cause: dans le règlement intérieur du Parlement, qui prévoit la déchéance d’un élu qui s’absente de l’Hémicycle pendant une année sans raison valable, aucun texte ne statue sur les conséquences d’une poursuite en justice ou d’une condamnation en première instance ou même en appel.

«Actuellement, pour activer la procédure de déchéance, il faut que le jugement soit définitif et la plupart des élus concernés décident d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la Cour de cassation. Et cela peut prendre des années», explique un élu de la majorité.

En mars dernier, le bureau de la Chambre des représentants avait installé en son sein une commission pour réviser le règlement intérieur, afin notamment d’y inclure des dispositions spécifiques au cas de députés poursuivis en justice ou incarcérés. Depuis, c’est silence radio. On attend toujours les résultats des travaux de ladite commission… Pour notre interlocuteur, la solution, faute de parvenir à un amendement du règlement intérieur, serait une autosaisine par la Cour constitutionnelle.

Tous complices?

Question: quelle est la position des partis politiques par rapport à cet état de fait? «Pratiquement toutes les formations politiques comptent dans leurs rangs des députés poursuivis en justice. Par conséquent, tout le monde préfère regarder ailleurs», répond un cadre de la Chambre des représentants, qui rappelle que même des dispositions inscrites dans le règlement intérieur du Parlement ne sont pas appliquées, citant l’exemple des retenues sur les indemnités des élus absentéistes.

Certains partis ont choisi de «laver leur linge sale» en interne, et résoudre ainsi le problème. «Des responsables du RNI ont essayé de convaincre Rachid El Fayek d’abandonner son siège et de permettre à la personne qui le suit sur la liste de prendre sa place, mais il n’a rien voulu savoir. L’USFP a tenté la même démarche avec Abdelkader El Boussaïri, sans davantage de succès», nous révèle une source au Parlement.

En attendant, la seule réaction connue des partis politiques, dans le cas de la condamnation ou de la poursuite en justice de l’un de leurs élus, ne concerne que ceux occupant des responsabilités au sein de leur direction, et se limite à déclarer sa suspension de ses fonctions au sein du parti, en attendant l’issue de l’enquête. Le Mouvement populaire (MP, opposition) a agi de la sorte avec le cas de Mohamed Moubdiî, tout comme le RNI avec celui de Mohamed El Hidaoui. Voilà qui est bien mince comme sanction…

Par Mohammed Boudarham et Youssef El Harrak
Le 29/11/2023 à 14h27

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législation stérile ou manque de volonté ...un fonctionnaire condamné est un fonctionnaire hors circuit illico presto après mise sous écrous......ça laisse à réfléchir,ou plutôt c,est clair et net....on se plait dans cet état de fait......

« Parlement: mais que faire des députés qui croupissent en prison? » La question devrait être posée à ceux et celles qui ont voté pour eux. Remarquons par ailleurs qu’aucune femme député n’est impliquée dans cette affaire de détournement de deniers publics. M. lahsenobe vous écrivez ceci: "Une prison qui paye ses malfrats à plus de 1000dhs par jour Mais amenez moi dedans svp. Où se trouve ce prison, et j'irais dedans toute ma vie:)". Vous savez bien que ta prison rêvée n'est pas ouverte aux pauvres. Elle ne reçoit que "les hautes personnalités".

Vivement l’interdiction pure et simple de ces réseaux mafieux qu’on présente comme des «partis politiques», et la dissolution des deux chambres «législatives». Et ce, jusqu’à nouvel ordre. C’est à dire, une réforme complète du système électoral et organisationnel des partis politiques. Comment peut-on espérer se faire prendre au sérieux à l’étranger, ou prétendre qu’on est en meilleure position que dans des contrées «voisines», alors que le système et la scène politiques actuels sont dans un état catastrophique; au point de représenter une menace à l’ordre social? En plus, tout ça ne fait que continuer à envoyer de mauvais messages aux citoyens, alors qu’il existe déjà une crise de confiance entre eux et un monde politique infesté de truands et arrivistes de toutes sortes!

Des gens comme eux y en a par milliers au sein du parlement et nous avons un réel problème politique interne. Aucun plan politique n’est fiable car pour beaucoup ce ne sont pas des politiciens, ils ne sortent pas des bancs des écoles de politiques, ils ne savent walou sauf s’asseoir et toucher un salaire. Quel parti politique est vraiment fiable sérieux? lequel a un vrai programme et puissant de l’intérieur grâce à leurs valeurs? rien demain un RNIstes changera de camp et ira chez le PAM ou Istiqlal. Je n’ai jamais vu un vrai politicien en France changer d’abord politique sauf mélenchon et pourtant c’est un bordel pas possible chez nous en France au niveau politique mais au moins il y a des partis et des gens qui comprennent. On est loin de faire un parlement avec des gens responsables

On exigé régulièrement le certificat du baccalauréat pour décrocher un emploi, mais pas pour les élus, dont la majorité n'a auccun diplôme.

Un parlement qui compte autant de députés que celui de l’Inde🤔. Tant pis si le pays du Mahatma a une population 40 fois supérieure à la notre. Ses honorables parlementaires touchent des indemnités ( même qd ils sont en prison) nettement supérieures à celles de leurs homologues dans toute la région. Ils sont quasiment tous corrompus et certains sont analphabètes . Une administration corrompue, incompétente et bureaucratique . Des ministres sans bilan. Un système judiciaire gangrené par la corruption ….. etc. Face à un tel désastre, les défis sont colossaux : économiques, sociaux…. certains revêtent même un caractère existentiel . Je crois qu’il faut se réveiller avant que ça ne soit trop tard!

Il faut commencer par supprimer la chambre des représentants qui fait le même travail que celui du parlement; elle coûte trop chère au budget de l'Etat. Et ensuite tenir à l'œil tous les élus du pays, les membres du gouvernement et toutes les administrations pour éradiquer définitivement la corruption et construire le pays avec des personnes honnêtes et travailleurs. Essayez de téléphoner par exemple au numéro publique du tribunal civile de Casablanca entre-autres pour un renseignement, je vous assure que toute la journée personne ne vous répondra, et c'est pareil partout dans beaucoup d'administrations. Et dire que ça travaille dans ce pays, et qu'il y'a une justice au service des citoyens.

Je crois que le Maroc est le seul pays au monde qui continue à rémunérer des escrocs qui détourne les deniers publics. on a donc la médaille d'or à ce niveau là. De ce fait, c’est un encouragement pour ceux qui sont élus et qui lorgne sur l’argent public pour faire fortune. Allez la voie est ouverte.

SANS BLAGUE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Et personne ne peut redresser ça? qu'est que vous nous racontez? Y a t il des responsables dans ce bled? Je ne sais plus quoi dire ni quoi écrire. Tout simplement je n'en reviens pas. Un simple citoyen est déchu de touts ces droits civique, droit au travail dans le public...etc...etc, alors que ces barons de tous les maux sont condamnés et continuent de vivre comme aux Bahamas. ça c'est une honte sur le front de notre pays.

Notre parlement est composé d’un grand nombre de «moul chekkara » qui ne sont là que pour se remplir les poches.Généralement illettrés et qui votent sans savoir ce qu’ils font. Il ne faut rien attendre d’eux. La solution est ailleurs. Vive notre roi bien aimé et vive le Maroc. La solution émergera un jour ou l’autre.

mais non, vous parlez des années 60-70. maintenant ce sont bien des gens qui savent ce qu'ils font et ce qu'ils votent. c'est pour cela qu'il n'y a pas de loi qui les condamne.

Les ripoux n'ont aucune légitimité ! Prison, restituer l'argent volé et les BANNIR une fois pour TOUTES. Voilà comment je conçois la justice.

Ces corrompus se la coule douce dans une prison bien rénumérée, et sans rien faire. J'avoue que n'importe qui voudrait être à leurs places.

J'adore ca. Un député condamné à 5 ans de prison continue à recevoir son salaire. Voyons donc. Il faut le sortir alors et lui remettre son poste. On vit dans un monde à l'envers.

Je parie qu'ils touchent toujours 30000 Dh/mois... Des youtubeurs marocains ont filmé la fille de M. Moubdiee aux EAU entrain de faire du ski nautique...

Toutes les lois ont été confectionnées soigneusement par les élus à leurs avantages dans tous les domaines, y compris celui du business, dont on voit les conséquences aujourd'hui avec les augmentations d'hydrocarbures, de l'alimentation et bien d'autres produits ou services. Il y'a des escrocs et des criminels partout, mais certains élus ne vont pas avec le dos de la petite cuillère pour se servir, et ils sont même rénumérés pendant leurs incarcérations, en plus ils menacent les citoyens en leur promettant de les éduquer une fois pour toutes; pour ne pas arriver à le faire une 2ème fois. C'est beau ça! A la moindre des choses dans les pays civilisation, le gouvernement tombe, et au Maroc on se laisse faire par des corrompus, des escrocs et des boulimiques du pouvoir, et ça dure......

Parlement: mais que faire des députés qui croupissent en prison? La question serait plus adéquate de dire ! Que fait le chef du gouvernement de M. Akhennouch pour faire voter une loi pour RADIER ces DÉLINQUANTS TAULARDS députés qui bénéficient toujours de leur solde AUX FRAIS DES CONTRIBUABLES MAROCAINS !? On ne peut pas être un malfrat député et en même temps représentant du peuple !

Une prison qui paye ses malfrats à plus de 1000dhs par jour Mais amenez moi dedans svp. Où se trouve ce prison, et j'irais dedans toute ma vie:)

Bonjour, PRANK ! Nous sommes dons représenté par des TAULARDS ! Bien Bien .....de mieux en mieux.

Il faut refaire l'éducation de tous les élus; dur, dur...

Quelle mascarade

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