L’Observatoire du développement humain lance son plan stratégique à l’horizon 2028

Otmane Gair, président de l’Observatoire national du développement humain.

L’Observatoire national du développement humain (ONDH) a mis au point un nouveau plan stratégique à l’horizon 2028. Axé sur trois leviers, cette feuille de route se veut en phase avec les priorités nationales en matière de gouvernance et d’évaluation des politiques publiques.

Le 25/02/2025 à 14h36

L’un des trois leviers de la stratégie 2028 de l’ONDH repose sur «la mobilisation de la consultation citoyenne pour évaluer l’impact des initiatives publiques et programmes de développement». L’ONDH s’engage à consulter les divers partenaires politiques et sociétaux chaque fois qu’un projet socio-économique voit le jour, afin de mieux mesurer son impact.

Le deuxième point de cette stratégie a trait à «l’examen de la gouvernance et des mécanismes d’implémentation des réformes majeures», tandis que le troisième porte sur «le suivi continu des résultats des programmes du chantier de l’État social», tels que l’éducation nationale, la santé, l’habitat et la prévention médicale.

S’inscrivant dans le cadre des attributions de l’ONDH, portant sur l’analyse et l’évaluation des programmes de développement humain, «le nouveau plan stratégique a été conçu pour accompagner les dynamiques des réformes sociales lancées par Sa Majesté le roi Mohammed VI, à travers la mise en place d’un dispositif institutionnel d’aide à la décision», souligne un communiqué de l’Observatoire.

Ce dispositif, est-il précisé, «entend répondre objectivement et de manière proactive aux attentes en matière d’analyse et de suivi et d’évaluation des programmes afférents au chantier royal de l’État social, tout en s’alignant sur les axes de transformation du Nouveau modèle de développement».

Le plan stratégique va ainsi consacrer «le repositionnement de l’Observatoire dans le champ national de l’évaluation des politiques publiques, pour s’ériger en observateur engagé, capable de proposer des cadres d’analyse innovants et interactifs, et de mesurer les avancées de l’action publique à des temporalités différentes et multimodales, dans l’objectif d’apporter des solutions innovantes aux défis de l’impact social». Dans cette optique, l’ONDH adoptera une approche interactive avec les différents acteurs institutionnels nationaux et territoriaux, à même de situer son expertise par rapport à leurs besoins d’observation, de suivi et d’évaluation de la performance de leurs actions.

L’ONDH amorce ainsi «une mutation institutionnelle profonde, à travers la mise à jour de ses approches, par le biais de l’actualisation de ses normes et pratiques, en développant de nouvelles capacités de suivi et d’évaluation», à travers notamment «le renforcement des capacités institutionnelles et la valorisation du métier d’évaluateur, le développement des systèmes de collecte, de traitement et d’analyse des données et enfin la production de connaissances et le développement de programmes de recherche-action», détaille le communiqué de l’Observatoire.

La finalité du plan stratégique est donc de permettre à l’ONDH de générer des évaluations objectives et de produire des données probantes sur les principales dimensions du développement humain dans le Royaume, pour «améliorer la prise de décisions en matière de politiques sociales, et contribuer à asseoir un système d’intervention public solide, équitable, transparent et ouvert sur la société en matière d’inclusion et de développement social».

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 25/02/2025 à 14h36

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L'adage "stratégies sans responsabilité riment avec arrangements tacites" trouve un écho inquiétant dans les réalités du développement. La Banque mondiale, dans ses rapports sur la gouvernance, souligne fréquemment le lien crucial entre redevabilité et efficacité des politiques. Par exemple, son "Worldwide Governance Indicators" (WGI) révèle une corrélation significative entre la dimension "Rule of Law" et les indicateurs de développement humain. Or, sans mécanismes d'évaluation indépendants, les stratégies se muent souvent en exercices de relations publiques, où les acteurs, à l'abri de tout contrôle rigoureux, peuvent manipuler les résultats. Des études académiques en économie du développement, comme celles de l'économiste Daron Acemoglu.

Espérons juste que l’ONDH, comme certains autres organismes, ne finisse par servir à blanchir les résultats jusqu’à jour modestes des institutions dont il est supposé évaluer et étudier l’impact de leurs actions sur le développement humain. En ce qui concerne l’évaluation des résultats des politiques publiques en la matière, à travers ce qu’on présente comme des mesures visant à renforcer l’application des principes d’équité et d’inclusion, l’ONDH aurait impérativement besoin que son mandat jouisse d’un cadre légal lui permettant une indépendance totale des institutions publiques et politiques dont il est appelé à évaluer les actions. Or, on doit admettre que la réussite ou l’échec de toute politique publique relative au développement humain, dépendent de la lutte contre la corruption!

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