Dans un communiqué intitulé «Assez de non-sens, Madame la ministre de l’échec énergétique», le Syndicat national des industries du pétrole et du gaz naturel, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), exprime son inquiétude après les déclarations jugées «trompeuses et provocatrices» de la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, concernant la raffinerie de Mohammedia.
S’exprimant, mercredi dernier à Salé, lors d’un débat organisé par la Fondation Lafqui Titouani, Leila Benali a affirmé que «la Samir n’a toujours pas trouvé de repreneur» et qu’«aucun investisseur n’est intéressé par le raffinage, le Maroc n’étant pas un pays producteur de pétrole pour devenir compétitif en raffinage». C’est faux, rétorque le syndicat du personnel pour qui «il existe un intérêt confirmé de la part de plusieurs investisseurs pour acquérir les actifs de la Samir, comme en témoignent les délégations visitant la raffinerie et d’autres preuves tangibles que Leila Benali ne semble pas posséder».
Et de préciser: «La décision de céder l’entreprise à des tiers dépend de la clarification par l’État de sa politique en matière d’investissements dans le raffinage du pétrole, une politique qui dépasse clairement les compétences et la compréhension de la ministre, car il s’agit d’une décision d’État et non de déclarations éphémères d’une ministre».
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Le syndicat rejette également les propos de la ministre concernant les effets nuisibles de la raffinerie sur l’environnement. «Les habitants de Mohammedia veulent que leur ville retrouve son identité de «cité des fleurs» et éprouvent une forme de rejet pour le secteur des hydrocarbures, en particulier le raffinage… Ils ont compris que le fait d’habiter à proximité d’une usine polluante a des conséquences néfastes sur la santé de leurs familles», a-t-elle lancé devant les invités de la Fondation Lafqui Titouani.
Sur ce point précisément, le syndicat affilié à la CDT rappelle que la Samir est tenue de respecter les normes nationales et internationales en raison de la nature industrielle de ses activités. «La source de la poussière noire à Mohammedia, Kénitra, El Jadida et Safi relève de la responsabilité directe de la ministre. En effet, la centrale thermique de Mohammedia est contrainte d’utiliser du charbon, plus polluant, en raison des difficultés d’approvisionnement en fioul industriel après l’arrêt de la Samir, qui garantissait un approvisionnement régulier pour la production d’électricité. Cela est également dû au retard du projet national d’utilisation du gaz naturel et du raccordement de la centrale de Mohammedia au réseau de gaz naturel».
Le Syndicat national des industries du pétrole et du gaz naturel pense que la ministre «a affirmé ouvertement son allégeance et son alignement avec des lobbies opposés à la volonté de l’État de réaliser la souveraineté énergétique et industrielle, et d’atténuer les effets dévastateurs des prix exorbitants des carburants». Cela vise, poursuit-il, à transformer le Maroc en un peuple qui consomme ce qu’il ne produit pas, et en un marché contrôlé par des lobbies associant pouvoir, argent, importation et commerce international.
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«Ces déclarations trompeuses et mensongères nuisent aux intérêts supérieurs du pays liés à la question de la Samir, sapent les efforts du Maroc pour attirer des investissements étrangers et renforcent les allégations des adversaires du Royaume dans l’arbitrage international», renchérit le syndicat dans son communiqué.
Et de poursuivre: «Ces sorties irresponsables constituent une perturbation délibérée et malveillante visant à entraver les tentatives en cours pour relancer les activités de raffinage de la Samir, qui reste la seule option pour préserver les droits et intérêts liés à la survie et à la continuité de l’entreprise en tant que raffinerie bénéfique pour le Maroc, Mohammedia et l’emploi».
Enfin, le syndicat du personnel de la Samir appelle le gouvernement «à se positionner clairement face à ces déclarations malveillantes et répétées», ajoutant que la ministre «n’a aucun mandat ni contrat électoral pour parler au nom de la population».
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