Des premiers ornements cousus sur les vêtements des défunts aux robes flamboyantes de l’artiste contemporaine chinoise Guo Pei qui ponctuent l’ensemble du parcours, des soieries tissées d’or des mondes indien et indonésien aux kimonos scintillants de l’ère Edo, l’exposition déroule l’histoire millénaire de l’or dans les arts textiles.
Dans un dialogue mariant découverte scientifique et perspective artistique, l’exposition dirigée par Hana Al Banna-Chidiac, ancienne responsable de l’unité patrimoniale Afrique du Nord et Moyen-Orient au musée du quai Branly et Magali An Berthon, professeure assistante en Fashion Studies à l’American University of Paris, dévoile l’éblouissante beauté, la diversité, la technicité et la richesse des costumes d’une vaste région allant du Maghreb, et plus précisément du Maroc, au Japon en passant par les pays du Moyen-Orient, l’Inde et la Chine.
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«Métal le plus précieux et le plus noble au monde, objet de convoitise, symbole de richesse et de faste, signe d’élégance et de raffinement... Découvert il y a près de 7.000 ans, l’or n’a eu de cesse de fasciner les hommes», explique-t-on dans la présentation de l’exposition au sujet de ce matériau de tous les savoir-faire, expérimentations et traditions, utilisé dès l’Antiquité pour la réalisation de bijoux, de parures et d’armes.
«Dès le cinquième millénaire avant notre ère, il agrémente les premières étoffes de luxe dédiées aux hommes de pouvoir. Au cours des siècles suivants, des tisserands et artisans chevronnés -romains, byzantins, chinois, perses puis musulmans-déploient les techniques les plus ingénieuses pour réaliser de véritables tissus d’art où les fibres de soie ou de lin s’entrelacent aux lames et fils d’or», poursuit la présentation de l’exposition.
Le Maroc constitue le point de départ de l’exposition. Sur ses comptes X et Instagram, le musée a d’ailleurs publié une série de photos et de vidéos de caftans anciens originaires du Maroc.
«Premier arrêt de notre voyage au fil de l’or de l’Orient au Soleil-Levant - le Maroc», est-il ainsi indiqué en commentaire de cette galerie de photos, illustrant la beauté des tenues marocaines. Le musée poursuit ensuite sa présentation de l’art vestimentaire marocain avec quelques dates clés de l’histoire. «Du XIème au XVIème siècle, le Maroc connaît une période de splendeur correspondant aux règnes de plusieurs dynasties qui, à l’apogée de leur pouvoir, contrôlent l’Andalousie musulmane au sud de l’Espagne et l’Afrique du Nord», est-il ainsi indiqué.
L’explication mentionne le tournant de 1492, date de la prise de Grenade, lorsque les Rois catholiques ordonnent l’expulsion des musulmans et des juifs et que des flots d’exilés trouvent refuge au Maroc en y apportant leurs coutumes et leurs modes de vie. C’est à cette époque, est-il expliqué que «les riches femmes de Tétouan, de Salé et de Fès s’empressent d’adopter le costume andalou, en particulier celui des Grenadines». Et de se baser sur les écrits du chroniqueur espagnol Luis del Mármol (1524-1600) qui raconte «que les femmes de Fès, lorsqu’elles sortent, portent des robes blanches tissées d’or et de soie».
Parmi les pièces exposées, de magnifiques caftans d’apparat issus de différentes régions du Maroc, à l’instar d’un caftan de Rabat datant de la fin du XIXème siècle en filés métalliques, broché de soie et galons dorés ou encore une magnifique keswa kbira, mais aussi des accessoires traditionnels brodés d’or tels que babouches et ceintures.
Exposition «Au fil de l’or. L’art de se vêtir de l’Orient au Soleil-Levant»
Jusqu’au 6 juillet 2025 au Musée du Quai Branly- Jacques Chirac. Paris
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