L’ANME alerte sur les dangers des influenceurs du chantage et de la manipulation au Maroc

Le logo de l'Association nationale des médias et des éditeurs (ANME).

L’Association nationale des médias et des éditeurs exprime ses vives préoccupations face aux campagnes de manipulation et de désinformation qui menacent l’ordre public au Maroc. Elle appelle à une régulation stricte des contenus sur les réseaux sociaux et à une distinction claire entre journalisme et création de contenu et soutient les efforts des pouvoirs publics pour protéger le droit à l’information et les médias professionnels.

Le 20/03/2025 à 15h53

Dans un communiqué publié ce jeudi 20 mars, l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) dit suivre avec une grande inquiétude l’évolution du paysage médiatique et les conséquences des campagnes de déformation, de diffamation, de mobilisation et de manipulation contre la profession. Elle s’inquiète également des tentatives de dévoiement du journalisme et de remise en question de ses rôles envers la société, l’État et la construction démocratique du pays.

L’Association s’engage à relayer les préoccupations de centaines de journalistes professionnels, régis par des lois et des réglementations strictes. Ces journalistes avertissent des dangers d’une réalité déviante, la normalisation des exceptions et la légitimation du chaos, de la futilité et de la vulgarité. Le tout, sous fausses identités et au prétexte d’un journalisme détourné de sa mission.

Les promoteurs de cette orientation ne se contentent pas de confondre délibérément le journalisme, avec ses règles professionnelles, ses références éthiques et ses contrôles légaux, avec la création de contenu, qui relève d’un autre domaine avec un cadre et un public différents. Ils mènent plutôt une guerre de déstabilisation en recourant à divers moyens inacceptables, cherchant à soumettre, contrôler et manipuler pour atteindre des objectifs destructeurs, désormais évidents pour tous.

L’Association a récemment observé comment les partisans de ce projet de désorganisation de la société et de l’État ont perdu le contrôle, sombrant dans une hystérie de lamentations uniquement parce qu’on leur a rappelé l’existence de lois, de règles et de principes professionnels, ainsi que d’institutions issues de la Constitution, auxquelles il est nécessaire de se conformer.

Tout en énumérant certains de ces faits et les dangers graves qu’ils représentent pour la société et l’État, notamment la confusion délibérée entre journalisme professionnel et contenu des réseaux sociaux, l’Association apporte les précisions suivantes:

Premièrement, elle reste convaincue que le cadre juridique, la rigueur dans l’application des législations et la mise en place d’organismes régulateurs suffisent à éliminer ces parasites qui prospèrent à la faveur d’un étonnant vide juridique. Au final, de la confusion, de la manipulation des masses et de l’exploitation de la sympathie des followers pour augmenter audiences et rentrées d’argent, loin des regards de l’administration fiscale.

À ce titre, l’Association condamne ces groupes et individus sur YouTube qui cherchent à discréditer l’État en attaquant ses symboles et ses dirigeants, et appelle l’État et le gouvernement à assumer leurs responsabilités face à la prolifération de ce fléau, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, et à résoudre ce problème dans les plus brefs délais.

Deuxièmement, l’Association insiste sur la nécessaire distinction entre les entreprises médiatiques, soumises à des obligations légales et responsables envers la société, et des individus sans scrupules ayant fait du chantage, des insultes, des escroqueries, de la propagation de rumeurs et de l’atteinte à la vie privée, une activité commerciale lucrative.

Troisièmement, l’Association s’engage à engager toutes les procédures nécessaires pour préserver le prestige du journalisme et la réputation des journalistes professionnels, protéger leurs efforts dans la recherche d’informations fiables, et lutter contre la propagation de rumeurs nuisibles à la société.

Quatrièmement, l’Association salue toutes les initiatives du comité provisoire de gestion des affaires du secteur de la presse et de l’édition, ainsi que les décisions et travaux des commissions permanentes, notamment la Commission des cartes de presse professionnelles et la Commission d’éthique professionnelle et des affaires disciplinaires.

Cinquièmement, l’Association considère que la poursuite de ces efforts permettra de maîtriser les phénomènes étrangers à la société et de mettre fin à la confusion et à l’ambiguïté.

Sixièmement, l’Association confirme qu’aucune personne n’est au-dessus de la loi, y compris au sein de la profession, et considère que l’usurpation de la qualité de journaliste par certains est un acte inacceptable, étant donné qu’une loi régit cette profession et définit les conditions nécessaires, légales, sociales et académiques pour y accéder.

Septièmement, l’Association appelle toutes les institutions, organisations de la société civile et forces vives à collaborer et à coordonner leurs efforts pour protéger le droit des citoyens à l’information et à renforcer la vigilance face à cette vague destructrice qui se développe sur les réseaux sociaux, nécessitant une régulation et un encadrement rigoureux.

Par Youssef Bellarbi
Le 20/03/2025 à 15h53

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

0/800