L’apocalypse n’aura pas lieu! (Partie 2)

Rachid Achachi.

ChroniqueEn autorisant l’Ukraine à utiliser les missiles américains à longue portée dans le territoire russe, l’administration Biden a franchi une ligne rouge tracée par Moscou et fait le choix de l’escalade dans le conflit. La réaction de la Russie est depuis fortement attendue.

Le 21/11/2024 à 11h09

Il y a presque un mois et demi, j’avais écrit une chronique pour vous rassurer quant au risque d’une guerre nucléaire totale. À l’époque, les tensions autour de la centrale nucléaire de Zaporijia nous faisaient craindre le pire, en réactivant les fantasmes d’une guerre totale et d’un Armageddon nucléaire, amplifiés par certains médias avides de sensationnalisme. Vu que je suis encore là pour vous en parler, c’est que, quelque part, j’avais un peu raison quand même. Jusqu’à présent…

Mais pour ne rien vous cacher, il m’est en quelque sorte plus compliqué de le refaire aujourd’hui, vu la récente actualité sur le théâtre ukrainien.

Pourtant, avec la victoire éclatante de Donald Trump aux présidentielles américaines, on était en droit de nous attendre à une éclaircie géopolitique. D’autant plus qu’il avait fait de la fin de la guerre en Ukraine l’une des principales promesses de campagne sur le plan de la politique extérieure. Mais le parti de la guerre, dont Biden fut pendant ses quatre ans le VRP en chef, ne l’entendait pas de cette oreille. Mauvais perdant et désirant à tout prix pourrir le mandat de Trump -qui n’a même pas commencé, puisqu’il faudra attendre le mois de janvier pour son investiture officielle, l’administration Biden a décidé de décocher la flèche du Parthe, en autorisant l’Ukraine à utiliser les missiles américains ATACMS dans le territoire russe. Une ligne tellement rouge tracée par Moscou, que même un daltonien pourrait la voir.

Le choix de l’escalade est clairement assumé du côté de Washington, et Kiev n’a semble-t-il pas perdu de temps pour opérer le tir de six de ces missiles sur le territoire russe mardi dernier, suivi par un lancement de missiles britanniques Storm Shadow le lendemain.

La réaction de Moscou est depuis fortement attendue. Et peut-être qu’on l’attendra encore longtemps, puisque le pouvoir russe sait pertinemment que le dilemme qui lui est imposé par Washington est avant tout un piège visant à prolonger ce conflit et à rendre toute négociation de paix impossible, sans que Trump n’y puisse y faire grand-chose. Ainsi, réagir reviendrait à jouer le jeu de Washington. Ne pas le faire reviendrait à paraître faible et vulnérable, autant aux yeux de ses alliés (Chine, Inde...) qu’à ceux du peuple russe lui-même.

Jusqu’à présent, la seule réaction tangible du pouvoir russe fut d’officialiser l’élargissement du périmètre de sa doctrine nucléaire, qui autorise désormais un recours à l’arme nucléaire dans le cas d’une attaque massive de missiles et de drones sur son territoire, même en provenance d’un pays ne possédant pas l’arme nucléaire (l’Ukraine), mais soutenu par des puissances nucléaires (les États-Unis, le Royaume-Uni et la France).

«L’Ukraine est encore aujourd’hui ce qu’elle fut dès le départ de ce conflit: un échiquier sur lequel les grandes puissances règlent leurs comptes.»

Cependant, entre l’inaction et le recours à l’arme nucléaire, une troisième voie existe, celle de la reprise des bombardements massifs contre les installations énergétiques ukrainiennes, à la veille d’un hiver qui sera certainement rude à plus d’un titre.

De même, Moscou pourrait désormais s’autoriser à frapper des objectifs qu’elle s’interdisait jusqu’à présent de prendre pour cible, comme les bâtiments administratifs à Kiev, le bâtiment du parlement ukrainien, ou encore Zelensky lui-même, ou du moins son bureau.

Si ce genre d’opération ne risque d’avoir aucun impact sur la situation militaire, il permettra à Moscou d’envoyer un message politique fort, autant à Kiev qu’aux chancelleries occidentales, sans pour autant recourir à son arsenal nucléaire. D’ailleurs, les ambassades des pays occidentaux étaient fermées ce mercredi, en prévision de frappes massives de la part de la Russie.

Mais s’il y a bien une chose que les chancelleries occidentales savent très bien, autant que Kiev d’ailleurs sinon plus, c’est que l’Ukraine a définitivement perdu cette guerre, et que ce ne sont pas quelques dizaines de missiles qui vont y changer quoi que ce soit.

Mais l’Ukraine est encore aujourd’hui ce qu’elle fut dès le départ de ce conflit: un échiquier sur lequel les grandes puissances règlent leurs comptes. Ainsi, vont-elles combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien? Ou bien le peuple ukrainien décidera de mettre fin à ce carnage inutile et désespéré, en obligeant Zelensky à quitter le pouvoir?

En attendant de connaître l’issue de ce conflit, j’écarterai à nouveau la possibilité d’une guerre nucléaire, tout en vous demandant de prier et de croiser les doigts pour que j’aie à nouveau raison sur ce point. Par contre, ce qui est certain, c’est que les deux prochains mois risquent d’être les plus longs que l’on ait jamais vécu.

Par Rachid Achachi
Le 21/11/2024 à 11h09

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VOS RÉACTIONS

La Russie envahit l'Ukraine, la bombarde sans cesse, détruit ses infrastructures, tuent des milliers de personnes, lui spolie 18% de son territoire..... Mais la Russie n'est responsable de rien, tout est de la faute des américains. En fait, dès qu'il n'y a pas les USA dans un sujet, vos analyses deviennent intéressantes. Voyons Si Achachi, un peu de raison, votre anti-américanisme vous aveugle.

J’aime bien votre analyse de la situation - MERCI Je trouves, le vrais problème est bien centré Prions pour la raison et pour la paix.🙏

donc pour vous l'agressé doit juste dire merci

Suite Zelinsky est très dangereux et il est encore encouragé par les va t en guerre politiques et journalistiques..bien que les journalistes de LCI soient en train de faire une grosse dépression du fait de l élection de Trump qui sonne leur fin en temps que lobbyistes de la guerre. On voit aussi que les commentaires changent et beaucoup annoncent la fin de cette guerre....Zelinsky doit se rendre à m évidence, il a joué et il a perdu....mais mauvais perdant il pourrait balancer des missiles sur les centrales nucléaires...car il est même capable pour bien pourrir le territoire qu il voulait reprendre, le truffer de mines antipersonnel interdites depuis 1999. Ce type mérite de perdre car il a entraîné le peuple ukrainien vers une faillite totale et irrécupérable..

Sur les réseaux sociaux, certains, les Ukrainiens de l Ouest disent qu ils en ont marre de cette guerre qui aura détruit une grande partie de leur pays et tué et ou mutilé plus 1 millions de militaires ukrainiens et ce désastre pour qui pour quoi ? Je rappelle la grande CULPABILITÉ de l anglais Boris Johnson qui fin mars 2022, lors d une négociation entre L UKRAINE et LA RUSSIE, négociation qui avait abouti, ce Boris Johnson a intimé l ordre à Zelinsky, qui était prêt à négocier, de se battre pour l occident et qu il serait soutenu. Un autre américain a déclaré qu il devait se battre jusqu' au dernier Ukrainien. On y ait, il n y a plus de combattants sauf à enlever sauvagement et de force des jeunes hommes qui seront les dernières CHAIRS A CANON des impérialistes USA et européens...suite

...tout en vous demandant de prier et de croiser les doigts... Prier ou invoquer, certes. Mais "croiser les doigts", même au deuxième degré, c'est particulièrement mal choisi et déplacé pour qui en connaît la signification... Fortuit?

Une guerre nucleaire est en voie de se preparer vu l ampleur des choses Putin ne va pas s amuser a s amenuiser et rendre la Russie faible aux yeux du monde et surtout de son peuple. Si il ne le fait pas (Reponse attaque) c est que sa chaise est en train de vaciller et l empire Russe risque de s ecrouler. Une reponse avec arme non-nucleaire Oui....!!!!

Bien sûr c est Biden qui a envahi l Ukraine et fait enlever des enfants. C est Biden qui est poursuivi par la CPI ?

Et une belle pluie de missiles sur Moscou ? Si l Ukraine n a plus rien à perdre que risque t elle de plus ? Votre raisonnement conduirait à cela .

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