L’administration du président Donald Trump devrait mettre un terme à la contribution des États-Unis au financement des missions de paix de l’ONU, et opposer son véto au renouvellement de certaines, dont la Minurso, «devenue caduque» après la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. C’est l’appel lancé par Eugene Kontorovich, illustre universitaire américain qui enseigne le droit à la Scalia School of Law de l’université George Mason de Fairfax. Il est également expert senior à la Heritage Foundation, le think tank derrière le récent succès électoral de Donald Trump.
Dans une tribune publiée mercredi 12 février 2025 dans les colonnes du prestigieux Wall Street Journal, intitulée «Ensuite, il faut cesser de financer les Nations unies», l’expert explique que «le maintien de la paix est l’un des postes budgétaires les plus importants de l’ONU, et les États-Unis en paient la part du lion».
Appelant à «en finir», Eugene Kontorovich propose deux options. La première est que l’administration décrète la fin des financements accordés par les États-Unis à ces missions. La deuxième est le droit de véto. «Contrairement à d’autres programmes des Nations unies, les opérations de maintien de la paix doivent être régulièrement renouvelées par le Conseil de sécurité, et les États-Unis peuvent y opposer leur véto», écrit-il.
Parmi les missions qui pourraient alors «faire l’objet d’un véto» américain figure la Minurso, «dont la fonction est devenue caduque». Et pour cause, «la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental».
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«Les missions concernées par un véto devraient inclure la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui protège le Hezbollah, et la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), dont l’utilité a été rendue caduque par la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental», lit-on.
Eugene Kontorovich souligne que le maintien de la paix est «le joyau de la couronne du système des Nations unies», arguant que l’annulation de quelques-unes de ces missions «pourrait être l’une des rares façons pour l’administration Trump de montrer au secrétariat (général de l’ONU) qu’il y aura des conséquences en cas d’échec des réformes».
Et de rappeler que le président Trump a déjà réduit le financement de certaines agences onusiennes jugées abusives et a ordonné un examen de tous les financements destinés à l’ONU et aux autres organisations internationales.
«Si une approche America First a un sens, elle devrait signifier que les États-Unis ne paient pas des bureaucrates internationaux pour faire ce qu’ils interdisent à leurs propres employés de faire. La plupart des fonctionnaires fédéraux américains sont au moins citoyens, électeurs et contribuables. Les employés des organisations internationales, eux, ne le sont généralement pas, et le département de l’Efficacité gouvernementale d’Elon Musk devrait chercher à réduire les contributions américaines à ces agences bien plus qu’il ne réduit la bureaucratie fédérale», écrit encore l’expert. Il précise à ce titre que seul un sixième des dépenses américaines est consacré aux cotisations obligatoires à ces organisations. Le reste est volontaire.
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