D’emblée, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, insiste sur l’efficacité et la cohérence de l’action gouvernementale. Selon elle, chaque formation politique agit selon ses responsabilités, dans le respect d’un cap commun. «Chaque parti au sein du gouvernement accomplit une mission. Il n’est pas question d’applaudir tout systématiquement, mais force est de constater que cet exécutif a bien agi sur différents dossiers, notamment pour limiter la hausse des prix et préserver le pouvoir d’achat des citoyens», assure-t-elle.
Parmi les mesures concrètes qu’elle cite figurent la généralisation de la protection sociale, l’instauration des aides directes, le soutien au logement, ou encore les subventions accordées aux transporteurs professionnels pour contrer les effets de la hausse du coût des carburants. Et de préciser que ces dispositifs ont été mis en œuvre dans un contexte mondial marqué par une inflation généralisée, qui n’a pas épargné le Maroc.
La ministre tient justement à rappeler que cette inflation résulte de facteurs extérieurs. «Tous les pays du monde ont été confrontés à la hausse des prix. Cette inflation ne résulte pas d’une décision ou d’une inaction gouvernementale. Bien au contraire, nous avons agi pour limiter ses effets, en instaurant des aides directes et indirectes», souligne-t-elle, notant au passage qu’un recul «encourageant» a été récemment observé sur les prix de certains produits.
Fatima Ezzahra El Mansouri insiste également sur la rigueur de la gestion budgétaire et la solidité de la politique macroéconomique menée par l’exécutif. «C’est cette stratégie qui a permis de maintenir certaines subventions, notamment sur l’électricité, l’eau, et les carburants destinés aux professionnels du transport», argumente-t-elle, rappelant que le gouvernement a aussi relancé le dialogue social et augmenté les salaires des secteurs public et privé.
Lire aussi : Viande rouge: la BNPJ enquête sur le sort de 13 milliards de dirhams accordés aux importateurs
Interrogée sur la polémique récente concernant des fraudes liées à l’importation des viandes rouges, la ministre affirme ne pas être en mesure de confirmer l’existence d’une enquête judiciaire. Toutefois, si des irrégularités ou des fraudes sont avérées, «les responsables devront être jugés et sanctionnés comme le dicte la loi», assène-t-elle.
Abordant les grands chantiers structurels, Fatima Ezzahra El Mansouri reconnaît que trois années ne peuvent suffire pour achever des réformes aussi ambitieuses que celles de la santé, de l’éducation ou de l’emploi, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à les mener à terme.
«Pas de clash au sein du gouvernement»
Sur le plan politique, la coordinatrice nationale du Parti authenticité et modernité (PAM) se veut rassurante quant à l’unité de la majorité, même si certains alliés expriment parfois des désaccords. «Les partis de la coalition sont libres de s’adresser à leurs militants, d’exprimer leurs opinions. Cela ne remet pas en cause notre cohésion. Le gouvernement fonctionne sur la base d’une feuille de route et d’objectifs communs», explique-t-elle. Et à propos des quelques sorties critiques de certains «alliés», elle considère que «les différences de points de vue sont légitimes, tant qu’elles sont exprimées avec respect».
D’ailleurs, à ceux qui voient dans ces divergences le signe d’un affaiblissement de la majorité ou le début d’une campagne électorale anticipée, elle répond sans ambages: «Il n’y a pas de clash. Il reste 18 mois avant les élections. Nous avons encore beaucoup à faire, notamment sur des sujets essentiels comme l’emploi.» Et si chaque parti de la majorité, y compris le sien, nourrit l’ambition de remporter les prochaines élections, l’heure est aujourd’hui au travail, pas à la compétition. «Ce n’est pas une course. Ce qui compte aujourd’hui, ce sont les programmes, leur mise en œuvre et la réponse aux attentes des citoyens.»
Lire aussi : Habitat anarchique: Fatima-Ezzahra El Mansouri dénonce une «corruption structurée»
Revenant sur les périmètres de son département, notamment le dossier du logement, la ministre rappelle que 62 villes marocaines ont été déclarées sans bidonvilles, mais qu’il reste encore 120.000 familles concernées par la question du relogement, dont 62% vivent à Casablanca. «Ce défi pourra être relevé dans les trois prochaines années grâce à un partenariat entre le secteur public, le privé et le ministère de l’Intérieur», estime-t-elle.
Aide au logement: 100.000 unités en 2025
Toujours sur le dossier du logement, la ministre a indiqué depuis le lancement en 2024 du dispositif d’aides directes aux acquéreurs, les résultats sont très encourageants: «Nous avons atteint 44.000 unités bénéficiant de l’aide directe. En ajoutant le programme des logements économiques, nous sommes à 90.000 unités. Notre objectif est d’atteindre les 100.000 logements en 2025».
La reconstruction de la province d’Al Haouz, durement touchée par le séisme de 2023, est également évoquée, avec le plan mis en place par le gouvernement, visant à soutenir près de 50.000 foyers sinistrés. Interpellée sur le cas des 3.000 familles dont les logements n’ont toujours pas été réhabilités, elle répond avec fermeté: «Nous n’accepterons jamais que la dignité ou la fierté du citoyen marocain soit bafouée.»
Lire aussi : Villes sans bidonvilles: enfin une date de finalisation pour ce programme
Et pour clore le volet de l’action gouvernementale, Fatima Ezzahra El Mansouri se dit fière du chemin parcouru: «En trois ans, un travail considérable a été réalisé, grâce à la synergie entre les différents partenaires institutionnels, locaux et privés».
Des trémies en projet à Marrakech
Le même satisfecit est affiché concernant son action en tant que maire de Marrakech. Elle mentionne ainsi les progrès effectués en matière d’hygiène, de propreté et d’urbanisme dans la ville dont elle est originaire. Et pour remédier à la problématique de la circulation, l’un des points noirs de la ville ocre, la présidente du conseil communal annonce le lancement d’un plan de construction de trémies pour désengorger les axes les plus encombrés.
Et la ministre-maire de conclure l’entretien sur une touche plus personnelle, confiant être une fervente supportrice du Kawkab de Marrakech. «Même si je ne comprends rien au football, je soutiens mon club de cœur!», lance-t-elle avec un grand sourire. Et selon ses pronostics, le Kawkab devrait bientôt retrouver sa place en Botola Pro 1.
Bienvenue dans l’espace commentaire
Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.
Lire notre charte