Quelque 1.533 personnes ont été graciées par le roi Mohammed VI le week-end dernier à l’occasion de la fête d’El Fitr. Parmi elles, 31 personnes étaient condamnées pour des actes de terrorisme.
Dans son édition du mercredi 2 avril, le quotidien Al Akhbar met en lumière le cas du Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, arrêté en 2008 avec 34 autres complices, et condamné en 2009 à la perpétuité.
Accusé d’être le cerveau d’un vaste et dangereux réseau terroriste, et d’avoir commis une demi-douzaine de meurtres durant les années 80 et 90 à Bruxelles (Belgique), sans parler de son implication dans le braquage d’une banque à Casablanca pour financer des actes terroristes, Belliraj a vu sa condamnation à la perpétuité confirmée en appel en 2010.
Ce n’est qu’en 2022 qu’il a bénéficié d’une commutation de peine, réduite à 25 ans de réclusion. En effet, Belliraj et les 30 autres anciens extrémistes graciés ce week-end auraient «revu leurs orientations idéologiques et rejeté l’extrémisme et le terrorisme», selon un communiqué du ministère de la Justice.
Cela est bien évidemment dû au travail inlassable du Centre Moussalaha, dirigé par le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Ahmed Abbadi, et qui a déjà permis, au cours de ces dernières années, le repentir et la réinsertion sociale de plusieurs dizaines d’anciens condamnés pour extrémisme et terrorisme.
La méthode du Centre Moussalaha, qui vise à mettre en œuvre la politique prônée par le Royaume en matière de réhabilitation de ce type particulier d’anciens détenus, consiste à leur inculquer « la réconciliation avec soi-même, la réconciliation avec le texte religieux et la religion, et enfin la réconciliation avec la société, y compris ses lois, ses législations et ses institutions ».
Après 17 ans passés derrière les barreaux dans une prison à Marrakech, Belliraj a donc officiellement annoncé avoir révisé ses anciennes orientations idéologiques et rejeté totalement la violence, l’extrémisme et le terrorisme, tout en exprimant son attachement «aux constances et aux sacralités de la nation et aux institutions nationales». C’est le Centre Moussalaha qui a validé la sincérité de ce repentir, permettant au Maroc de marquer de nouveaux points dans cette lutte, parallèle à la lutte sécuritaire, contre le terrorisme et les idéologies obscurantistes.
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