Au cours de sa dernière causerie au coin du feu, bafouillée le samedi 22 mars, le président algérien, le dénommé Tebboune, a fait un appel du pied insistant à celui qu’il a appelé «mon alter ego», le président de la République française.
Notons, pour commencer, un détail ahurissant. Une bonne partie de l’interview s’est déroulée… en français. L’Algérie est indépendante depuis plus de soixante ans, sa langue officielle est l’arabe, et pourtant les journalistes-larbins ont posé certaines questions dans la langue de l’ex-colonisateur à fakhamat ar-raïs -et ce dernier (de la classe) leur a répondu dans le même idiome. Pour donner le change, ils ont roulé les r et affecté l’accent «du bled», mais le fait est là: à la télévision officielle algérienne, s’adressant officiellement à son peuple, le président du nif s’exprime en français.
Il y a trois explications possibles à cette incongruité.
1. Le système scolaire et universitaire est tellement nul au pays des caporaux que personne n’y maîtrise vraiment la langue prétendument nationale, c’est-à-dire l’arabe. Quand il veut qu’on le comprenne vraiment, le Pinocchio d’Alger est bien obligé de parler françaoui.
2. Le complexe des «deuxièmes frranncess», comme ils se nommaient eux-mêmes il y a quelques décennies, n’a pas encore disparu: ils se croient toujours compatriotes de Maurice Chevalier et du président Coty et ils parlent donc leur langue, quitte à la maltraiter (Tebboune confond ‘homologue’ et ‘alter ego’, mais ce ne sont pas ses journalistes qui le corrigeront, vu qu’eux-mêmes parlent français comme une vache espagnole).
3. L’interview ne s’adressait pas au peuple algérien, mais aux autorités françaises et, en premier lieu, au chef de l’État de l’ancienne métropole.
Il y a sans doute du vrai dans chacune des trois explications ci-dessus, mais il me semble que c’est la troisième qui est prépondérante.
«La presse aux ordres a parlé de “tendre la main” à Paris. C’est plutôt autre chose que sa main qu’on voyait apparaître dans les trémoussements du pathétique Tebboune.»
Nous disions ici-même, la semaine dernière, que l’ultimatum adressé par la France à l’Algérie (reprenez vos délinquants et vos criminels, sinon…) ne pouvait connaître que deux issues: soit Tebboune et son gang baissent leur… pavillon et ils ne pourront plus jamais se gargariser avec leur nif. Soit ils lèvent le nez au ciel, arrogants, et c’en sera fini des avantages exorbitants accordés à leurs ressortissants, en particulier la dispense de visa pour les détenteurs de passeport diplomatique -la nomenklatura d’Alger, les femmes, les enfants, les maîtresses, etc.
C’est donc la première solution qu’ont choisie les caporaux, inquiets de ne plus pouvoir aller gérer leurs biens mal acquis dans l’Hexagone ou d’aller voir leurs enfants, qui sont tous installés à Paris ou dans les environs. La junte militaire a donc ordonné à sa marionnette Tebboune de commencer la danse du ventre, pour ne pas dire le strip-tease, devant les anciens maîtres, sur l’air de «Travadja la moukère». La presse aux ordres a parlé de «tendre la main» à Paris. C’est plutôt autre chose que sa main qu’on voyait apparaître dans les trémoussements du pathétique Tebboune…
Mais si on comprend qu’il n’avait d’autre choix que de se déculotter, fallait-il le faire en français? C’était ajouter de l’indignité au déshonneur, m’ssieu l’Prrizident.
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