La Clinique de droit de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat a organisé, en partenariat avec le Conseil de l’Europe, son quatrième colloque sur le Code de la famille. Cette conférence a réuni des chercheurs, des acteurs de la société civile et des professionnels du droit, tous engagés dans le débat sur l’évolution des droits de la famille au Maroc.
Revaloriser le travail de la femme au foyer: vers une réforme de l’article 49
Selon Ilham Hamdai, présidente de la Clinique de droit de Rabat, «il est impératif de réformer cet article afin de permettre à la femme au foyer de s’émanciper et de contribuer à l’économie du couple». Elle plaide pour que la nouvelle législation «mentionne explicitement, dans l’article 49, l’obligation pour les futurs époux de procéder à une évaluation financière de la contribution de la femme au foyer».
Elle souligne également que cette réforme doit garantir un cadre légal clair permettant aux femmes de faire valoir leurs droits économiques en cas de séparation. Actuellement, très peu de couples au Maroc optent pour la signature d’un contrat précisant la gestion et le partage des biens lors du mariage. Or, en cas de divorce, c’est souvent la femme qui se retrouve lésée. Les associations de défense des droits des femmes réitèrent ainsi leur appel à une révision de cet article pour assurer une meilleure protection juridique aux femmes au foyer.
Filiation: débat sur le recours à l’ADN et position du Conseil des oulémas
Le deuxième axe central de la conférence portait sur la filiation des enfants, un sujet sensible qui suscite des débats au sein de la société marocaine. Ilham Hamdai a rappelé que le Conseil des oulémas, dans ses récentes recommandations, «a prôné la préservation de la cellule familiale marocaine dans sa conception traditionnelle». Cette position vise à maintenir une approche conforme aux valeurs et principes religieux du pays.
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Cependant, des divergences sont apparues lors des échanges. Certains participants ont recommandé l’utilisation de l’analyse ADN comme outil scientifique et juridique permettant d’établir avec certitude la filiation des enfants. Cette méthode, bien que rejetée par le Conseil des oulémas, est perçue par certains juristes et défenseurs des droits des femmes comme un moyen de protection contre les injustices dont peuvent être victimes les mères et les enfants.
«À titre personnel, je penche en faveur du recours à l’ADN», a déclaré Ilham Hamdai, soulignant ainsi l’importance d’un cadre législatif qui concilie science et droit tout en respectant les sensibilités culturelles et religieuses du pays. Les débats sont loin d’être clos.
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