Dakhla: sous les tentes, le jeu du «Sig» anime les soirées entre femmes durant ramadan

Des femmes jouant une partie de «Sig» lors d'une soirée ramadanesque à Dakhla. (S.Bouaamoud/Le360)

Le 30/03/2025 à 10h19

VidéoAu cœur du Sahara, le ramadan est rythmé par le «Sig», un jeu traditionnel exclusivement féminin. Chaque soir, après le ftour, ou en attendant la rupture du jeûne, les femmes se rassemblent entre amies ou voisines pour partager ce moment convivial.

À Dakhla, sous une tente dressée à l’écart de la ville, bercée par la brise tiède du Sahara, un groupe de femmes se rassemble. Certaines s’affairent à préparer le thé, versant et reversant l’infusion ambrée dans de petits verres jusqu’à obtenir la mousse parfaite. D’autres, assises en cercle autour d’une petite dune de sable, s’apprêtent à entamer une partie de «Sig», un jeu ancien très prisé dans les provinces du Sud durant le mois de ramadan.

Plus qu’un simple divertissement, le «Sig» un véritable rituel, une tradition qui a traversé les générations. Joué autrefois sur le sable, il se compose d’une butte, où sont plantés des bâtonnets de bois et sont disposées des pierres ou des dattes, symbolisant les pièces du jeu. Et chaque équipe, composée de deux ou trois joueuses, doit s’engouffrer dans le territoire adverse en déployant stratégie et finesse, à la manière d’un jeu d’échecs.

Au fil des décennies, le terrain de sable a parfois cédé la place à des plateaux en bois sculpté, mais l’esprit du jeu est resté inchangé: l’essence du «Sig», c’est un mix de stratégie, d’intelligence et de patience, où chaque coup est pesé, chaque avancée calculée.

Pour autant, autour du jeu, l’atmosphère est toujours empreinte de légèreté, de rires et de complicité. On échange des plaisanteries, on commente les stratégies, on raille parfois la partie adverse… Bref, on savoure l’instant. Et tout au long des parties jouées après le ftour, le thé circule, accompagné de dattes et de petit lait, prélude à un dîner souvent simple, mais généreux. Au menu: Marou (riz) avec du poisson ou de la viande, quand ce n’est pas le traditionnel couscous «khoumassi».

Les parties s’enchaînent dans cette ambiance récréative rythmée par les voix féminines et le cliquetis des bâtonnets, une symphonie ludique si familière. Car bien plus qu’un jeu, le «Sig» est bien un héritage culturel toujours vivant, à Dakhla comme ailleurs dans les provinces sahariennes.

Par Souilme Bouaamoud
Le 30/03/2025 à 10h19

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