Échauffements électoraux et exploitation des enfants des écoles

15.000 paniers alimentaires ont été distribués pour le ramadan aux préposés religieux nécessiteux, invalides ou leurs veuves, par la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales des préposés religieux, ce jeudi 15 avril 2021.

À un an et demi des prochaines élections législatives, prévues en septembre 2026, plusieurs politiciens et parlementaires ont déjà commencé à soigner leur image électorale. Et le moyen le plus infaillible dans ce cas reste les actes de bienfaisance.. DR

Revue de presseCertains élus et parlementaires ont déjà entamé leur campagne électorale avant terme pour les prochaines législatives. Pour cela, ils ont opté pour un outil classique et redoutable: la distribution d’aides et de paniers de denrées alimentaires. Une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 21/02/2025 à 20h56

À un an et demi des prochaines élections législatives, prévues en septembre 2026, plusieurs politiciens et parlementaires ont déjà commencé à soigner leur image électorale. Et le moyen le plus infaillible dans ce cas reste les actes de bienfaisance. Nos responsables politiques n’ont encore rien trouvé de plus efficace pour marquer leurs futurs électeurs.

Ainsi, certains politiciens ont d’ores et déjà lancé leur campagne en distribuant des couvertures à l’approche de la saison hivernale, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 22 et 23 février.

Le quotidien a appris que «des campagnes électorales prématurées ont d’ores et déjà commencé dans les banlieues des grandes agglomérations, dans les petites villes et dans les communes rurales, zones qui avaient constitué un réservoir important de voix lors des élections de 2021».

Cela s’explique notamment, écrit Assabah, par le fait que «la plupart des politiciens sont arrivés à la conviction que les paniers de provisions et les aides en nature ont un pouvoir considérable pour influencer les résultats des élections».

Une source bien informée a ainsi confirmé au quotidien que plusieurs politiciens et parlementaires ont effectivement lancé leurs campagnes. «Certains d’entre eux préparent depuis des semaines des paniers pour le Ramadan, tandis que d’autres ont opté pour la distribution de couvertures», rapporte le journal.

«Le phénomène ne se limite plus à soudoyer les familles avec des aides alimentaires, il s’est également étendu à l’implication d’organisations reconnues d’utilité publique et des autorités locales dans des actions à forte connotation politique et électorale », ajoute le journal. Il cite, dans ce cadre, le cas d’un parlementaire qui «a distribué des couvertures aux élèves des internats dans la province d’Azilal, sous le couvert d’une association affiliée au parti auquel il appartient, et ce dans le but de gagner la sympathie des parents en vue des élections».

Pire encore, ces politiciens insistent pour se faire photographier lors de ces opérations de distribution et veillent ensuite à partager ces images sur les réseaux sociaux afin d’en maximiser la portée. L’objectif, affirme le quotidien, étant «d’appliquer un maquillage de bienfaisance publique sur le visage de politiciens incapables de mener campagne avec des programmes de développement. Ces derniers n’ont trouvé que les aides aux personnes défavorisées pour faire pencher la balance en leur faveur».

Ce genre de pratiques, poursuit Assabah, a suscité une vive indignation, notamment à Demnate, où des couvertures ont été distribuées aux élèves. Environ 260 couvertures ont été remises dans trois résidences pour élèves (Dar Talib), et des préparatifs sont en cours pour distribuer 1 000 couvertures supplémentaires aux élèves de la province d’Azilal dans les prochains jours, rapporte le quotidien.

Certains de ces politiciens et élus ayant commencé à distribuer des couvertures et des paniers dans cette province appartiennent à des partis de la majorité gouvernementale, précise le journal. «Ces partis commencent à sentir le tapis se dérober sous leurs pieds, et leurs parlementaires s’empressent de restaurer leur popularité localement, par crainte d’une défaite électorale lors des prochaines échéances», commente Assabah.

On peut même s’attendre à ce que la province d’Azilal, ainsi que d’autres régions où ces pratiques sont répandues, «soient le théâtre d’une compétition acharnée pour gagner le cœur des habitants, après leur avoir jeté des miettes durant la dernière année du mandat gouvernemental», relève Assabah.

Par Amyne Asmlal
Le 21/02/2025 à 20h56

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Je pense que le panier devait être interdit pour les parties politiques. En effet, d'une part, les produits qu'il contient sont souvent périmés, d'autre part il rend le citoyen vulnérable corruptible.

"Certains élus et parlementaires ont déjà entamé leur campagne électorale avant terme pour les prochaines législatives. Pour cela, ils ont opté pour un outil classique et redoutable: la distribution d’aides et de paniers de denrées alimentaires." Autrement dit, ces candidats ne seraient pas élus si le niveau de pauvreté des électeurs est éradiqué. C'est en le maintenant ou même en l'aggravant qu'ils peuvent se faire élire moyennant un panier de nourriture.

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