L’instance judiciaire de la chambre chargée des crimes financiers près de la cour d’appel de Rabat a alourdi, mercredi, la peine de prison ferme prononcée en première instance contre un responsable au sein du secrétariat général du gouvernement.
Selon le quotidien Al Akhbar, qui rapporte cette information dans son édition du vendredi 14 février, ce fonctionnaire, détaché au ministère des Habous et des affaires islamiques, était poursuivi pour corruption, escroquerie et falsification de documents officiels par le biais de faux cachets. Il a été jugé en première instance au mois d’octobre 2024 par la chambre pénale du tribunal de Rabat qui l’a condamné à six ans de prison.
Mercredi, cette peine a été aggravée de deux années supplémentaires, passant ainsi à 8 années de prison ferme, assortie d’une amende d’1,1 million de dirhams, de 2 millions de dirhams de dommages intérêts au profit du ministère des Habous et de 350.000 DH de dommages à l’association des malvoyants (partie civile).
Le trentenaire a été arrêté en septembre par la police de Rabat, dans le cadre d’un «scandale de grande envergure» lié à la falsification de visas du Hajj. Il aurait falsifié des visas destinés à des personnes malvoyantes, et les aurait attribués à d’autres, allant jusqu’à créer un faux cachet d’une institution publique.
De nombreuses plaintes de personnes malvoyantes, provenant de différentes régions du Maroc, ont alerté la justice et la police. Une enquête a rapidement été ouverte, menée par la police judiciaire sous la supervision du parquet général. L’accusé a été confronté, lors de cette enquête, à des dizaines de plaignants.
Al Akhbar rappelle qu’une affaire similaire avait éclaté en juillet dernier à Marrakech et Fès, quand les services de police de la ville ocre, en coordination avec leurs homologues de la ville spirituelle du Royaume, et sur la base d’informations précises fournies par la Direction générale de la surveillance du territoire, avaient arrêté trois individus, dont une femme et un fonctionnaire de l’Etat, impliqués dans une vaste opération d’escroquerie. Ils proposaient ainsi à leurs victimes la délivrance de visas spéciaux pour accomplir le rite du hajj. De nombreux documents falsifiés et des passeports appartenant à de tierces personnes avaient été découverts aux domiciles des prévenus.
Bienvenue dans l’espace commentaire
Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.
Lire notre charte