Un quartier, une histoire EP-1: à la (re)découverte de l’ancienne médina de Casablanca, un musée à ciel ouvert

Entrée de la mosquée Ould el-Hamra. (K.Essalak/Le360)

Le 04/03/2025 à 21h05

VidéoDans ce premier épisode de «Un quartier, une histoire», Le360 vous emmène (re)découvrir l’ancienne médina de Casablanca. Sqala, édifices religieux, maisons traditionnelles… Autant de témoins de Dar-el-Beïda d’autrefois. Les images.

En sillonnant les ruelles de l’ancienne médina de Casablanca, on se laisse surprendre par la beauté des lieux. «C’est un véritable musée à ciel ouvert», décrit Moustapha Samoura, guide touristique et fin connaisseur de l’histoire de Dar-el-Beïda.

«Nous sommes à Sqala», annonce tout sourire Moustapha. «Bâtie sous le règne du sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abdellah, cette ancienne batterie côtière faisait partie d’un dispositif défensif contre les invasions maritimes. Devant nous, les imposants remparts, les canons en fer forgé, et le chemin de ronde qui surplombe le port. C’est un lieu très fréquenté par les visiteurs de Casablanca», ajoute-t-il, montrant la terrasse qui offre une excellente vue sur l’Atlantique.

Quelques rues plus loin, le guide s’arrête devant un bâtiment au charme discret. «Ici, c’était l’École Abdellaouia, une école coranique», explique-t-il. Elle a été convertie en un Centre d’interprétation du patrimoine (CIP), un espace dédié à la préservation de l’histoire de la médina: «Inauguré en 2019, il propose aux visiteurs un parcours thématique, des expositions interactives et de nombreuses ressources retraçant l’évolution de Casablanca.»

En ressortant du CIP, nous empruntons des ruelles étroites, bordées de maisons dont les façades peuvent sembler austères à première vue. Mais une fois la porte poussée, le visiteur pénètre dans un univers édénique. «Les maisons ici ont une caractéristique commune: le patio central», détaille le guide. Derrière les lourdes portes en bois sculpté, on découvre des fontaines ornées de zelliges, des mosaïques raffinées, des murs en plâtre sculpté et, parfois, des citronniers ou des orangers dont le parfum embaume l’air. Un contraste saisissant avec l’effervescence de la médina environnante.

L’ancienne médina, un symbole du vivre-ensemble

Plus loin, Moustapha Samoura nous emmène devant l’une des plus anciennes mosquées de Casablanca: « Jamaâ Ould el-Hamra est la deuxième plus vieille mosquée de l’ancienne médina après Al Masjid Al Âtik», précise-t-il. Construite en 1789 sous le règne du sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, elle porte un nom intrigant. «On dit qu’elle a été bâtie par un homme qui avait une barbe rouge et qui venait de Marrakech», raconte-t-il, avant d’ajouter dans un sourire: «D’autres disent qu’il était Mzabi… le mystère reste entier.»

Changement d’époque et d’ambiance avec l’église San Buenaventura, inaugurée en 1891: «L’église a été érigée pour répondre aux besoins spirituels des nombreux Espagnols travaillant dans les activités portuaires et industrielles de Casablanca à la fin du XIXème siècle.»

Notre interlocuteur ajoute qu’au fil du temps, la fréquentation de l’église a diminué, conduisant à sa fermeture en 1968. Le bâtiment a ensuite été utilisé pour héberger des familles en difficulté jusqu’à 2010. «Dans le cadre du projet de réhabilitation de l’ancienne médina de Casablanca lancé en 2010, l’église a été restaurée et transformée en Maison de la culture de l’ancienne médina. Inauguré en 2014, ce centre culturel de 1.250 m² abrite désormais une salle d’exposition, une bibliothèque, un espace pour enfants et une salle multimédia», détaille-t-il.

En suivant la rue de Larache, nous tombons sur le Foundouk Lebbadi. «Autrefois, c’était un lieu d’hébergement pour les marchands itinérants et leurs marchandises. Un espace de repos et d’échanges, aujourd’hui en voie de réhabilitation pour devenir un centre culturel», raconte Moustapha.

Un peu plus loin, une autre bâtisse attire notre attention: la synagogue Tidga. «Elle a été construite par une famille tétouanaise», explique notre guide en nous détaillant l’intérieur: une salle de prière pour les hommes, une autre pour les femmes, une place pour la Torah et même une chaise de circoncision.

Par Achraf El Hassani et Khalil Essalak
Le 04/03/2025 à 21h05

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