Le Front de salut national en Syrie a exigé du régime algérien qu’il présente des excuses officielles et publiques au peuple syrien pour «son alliance et son soutien au régime déchu de Bachar Al Assad». Selon ce mouvement, Alger «doit prendre l’initiative de fournir des aides et des compensations en guise d’excuses et de geste d’amitié».
C’est ce qui ressort d’un communiqué du Front, repris par l’hebdomadaire Al Ayyam dans son édition actuellement en kiosque. Dans ce communiqué signé par son président, Fahad Al Masri, le Front de salut national exprime son «regret face à l’implication du régime algérien dans ce qu’il qualifie d’axe des illusions et des slogans mensongers, ou encore l’axe de la résistance, qui a soutenu le régime d’Al Assad et l’a appuyé aussi bien sur les plans arabe qu’international dans sa guerre contre le peuple syrien», écrit l’hebdomadaire.
En effet, poursuit Al Ayyam, parmi les formes d’aide apportées par Alger, figure notamment la fourniture de carburant nécessaire au fonctionnement de la machine de guerre qui a bombardé les villes syriennes et causé la mort de nombreux civils. Par conséquent, ajoute le communiqué, «le régime algérien est considéré comme l’un des complices du régime d’Al Assad dans ce qui est décrit comme le massacre du siècle».
Fahad Al Masri, poursuit l’hebdomadaire, affirme dans le même communiqué que «le régime d’Al Assad a soutenu, depuis les années 1970, le front terroriste du Polisario, qui est devenu, au cours des deux dernières décennies, un outil du crime et du terrorisme iranien, recevant entraînement et financement de la Garde révolutionnaire iranienne en Iran, en Syrie et au Liban».
Le leader de l’opposition anti-Bachar Al Assad a également exprimé son souhait que la récente visite du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à Damas, ait pu être une première étape pour expier cette erreur et présenter des excuses au peuple syrien pour le rôle négatif joué par l’Algérie. Il n’en a rien été. Selon Fahad Al Masri, il semble que la direction algérienne «n’ait pas changé de vision ni de stratégie malgré toutes les transformations et changements régionaux et internationaux survenus, et qu’elle n’ait pas encore compris que l’axe auquel elle appartient fait désormais partie du passé, que le projet d’influence iranienne a été démantelé à Gaza, au Liban et en Syrie, et qu’il le sera bientôt en Irak et au Yémen». Plus encore, poursuit-il, «un changement radical et profond touchera l’Iran lui-même».
Au lieu de cela, ajoute-t-il, le ministre Ahmed Attaf a apporté à Damas «une panoplie d’incitations et de concessions attrayantes pour la nouvelle direction syrienne», résumées en trois axes. Le premier concerne un investissement politique visant à se rapprocher de Damas, se traduisant par un soutien à la Syrie au Conseil de sécurité, Alger étant membre non-permanent, notamment pendant la phase transitoire et pour la levée des sanctions internationales.
Le deuxième axe porte sur l’injection d’investissements et le soutien à la Syrie dans tous les domaines au cours de cette période critique, notamment dans le secteur de l’énergie.
Enfin, le troisième axe concerne le maintien de la coordination entre les deux pays dans le cadre des relations bilatérales, ainsi qu’aux niveaux arabe et international.
Cela implique, de manière implicite, conclut Fahad Al Masri, que «l’Algérie demande à Damas de ne pas prendre de décisions sur des questions et conflits régionaux, y compris le différend sur le Sahara, sans consultation et coordination préalables entre Damas et Alger».
En somme, souligne Fahad Al Masri, «la direction algérienne actuelle vit dans l’illusion d’une rivalité politique avec le Maroc. C’est pour cette raison qu’elle s’est précipitée vers Damas, et non par sentiment de culpabilité envers la Syrie et le peuple syrien».
Dans le même temps, il souligne que «les Syriens n’ont absolument rien ressenti de la part du Maroc qui puisse suggérer une volonté de rivalité avec un quelconque pays». Selon lui, «le Maroc possède sa propre expérience, unique et profonde, qui le distingue des autres États. Le Royaume dispose d’un vaste héritage politique et d’une riche expérience historique, étant l’une des plus anciennes monarchies au monde. Il n’a aucun agenda particulier en Syrie et a toujours maintenu une position politique et humanitaire constante envers ce pays, sans s’aligner sur l’axe Téhéran-Damas».
Bienvenue dans l’espace commentaire
Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.
Lire notre charte