L’opposition critique la «faiblesse» du rendement législatif de la session parlementaire d’automne

À la Chambre des représentants, le 11 février 2025, jour de clôture de la première session parlementaire de la législature 2024-2025.

Le 11/02/2025 à 20h26

VidéoLes députés de l’opposition se sont montrés peu amènes à l’égard du bilan législatif de la session parlementaire d’automne à la Chambre des représentants, qu’ils ont qualifié de moyen, voire de faible. Sans surprise, la majorité s’est déclarée au contraire satisfaite du travail de l’institution législative durant cette première session.

La session parlementaire d’automne à la Chambre des représentants a suscité des réactions divergentes entre l’opposition et la majorité. Alors que les députés de l’opposition ont qualifié le bilan législatif de «moyen», voire de «faible», la majorité s’est déclarée satisfaite du travail accompli.

Les députés de l’opposition, issus du MP, de l’USFP, du PPS et du PJD, ont vivement critiqué le rendement législatif de cette première session de la législature en cours, soulignant que seulement trois projets de loi ont été adoptés. «Hormis la loi de finances 2025, le texte relatif à la procédure civile et le projet de loi organique sur le droit de grève, le bilan est plutôt moyen et n’a pas été à la hauteur des aspirations», a estimé Ahmed Abbadi, député du Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Ce dernier a notamment pointé du doigt l’adoption du projet de loi sur le droit de grève, qui n’a recueilli que 84 voix, un score qu’il juge insuffisant. «Ce texte n’a pas réussi à obtenir un consensus, ce qui interpelle ce gouvernement apolitique», a-t-il déclaré. Selon lui, l’exécutif a manqué de réactivité face aux propositions de loi présentées par les députés, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. «Malheureusement, le gouvernement a brillé par son refus de débattre ces propositions», a-t-il ajouté, quelques instants avant que le président de la Chambre des représentants ne clôture la session parlementaire.

Aziz Baâziz, député de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et président de la commission de la législation et de la justice, a également déploré un bilan «modeste», tant sur le plan quantitatif que qualitatif. «Cette session a été dominée par les débats sur le projet de loi de finances, qui n’a pas résolu la vulnérabilité des citoyens. Quant à la loi organique sur le droit de grève, elle a été marquée par la désapprobation de la classe ouvrière», a regretté le député socialiste, farouche opposant à la ligne gouvernementale.

Abdellah Bouanou, chef du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), a dénoncé pour sa part le rejet systématique par l’exécutif des propositions de loi de son parti. «Nous avons, à titre d’exemple, présenté un texte visant à permettre aux enfants adoptifs de bénéficier d’une allocation de la CNSS, mais cette proposition a été rejetée sous prétexte qu’un autre texte viendrait encadrer cette mesure plus tard», a-t-il expliqué.

On s’en doute, du côté de la majorité, les avis sont bien plus positifs. Abdelaziz Lachhab, député du Parti de l’Istiqlal, l’une des trois formations au gouvernement, a salué «les réalisations de la majorité, notamment l’adoption de lois et la tenue de débats variés sur les affaires sociales».


Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 11/02/2025 à 20h26

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

0/800