En un mot, qu’est-ce qu’un bon prof’?

Fouad Laroui.

ChroniquePour recruter des professeurs, il faudrait s’assurer non seulement de leurs compétences en termes de savoir et de pédagogie, mais aussi de leur générosité.

Le 02/04/2025 à 12h01

Le récent rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a mis en lumière plusieurs lacunes dans la phase expérimentale des écoles dites d’excellence. Une de ces lacunes est liée à la pénurie de personnel qualifié, c’est-à-dire «bien diplômé et jouissant d’une formation adéquate à la pédagogie». Mais est-ce suffisant? Il me semble que la qualité essentielle d’un bon prof’ est souvent méconnue. Quelle est-elle?

Nous avons tous, dans nos souvenirs d’école ou de lycée, l’image d’un prof ‘génial’ et celle d’un autre, ‘nul’, ‘horrible’… Il s’agit là d’appréciations personnelles, teintées d’émotion. Il manque une analyse raisonnée; voici la mienne, après quelques anecdotes.

Jeune ingénieur OCP, dirigeant une mine de phosphate à Khouribga, j’eus un jour à résoudre un problème qui relevait plus de la mécanique que de l’ingénierie civile (ma spécialité). J’allai donc voir un collègue diplômé de l’École spéciale de mécanique et d’électricité. Il jeta un coup d’œil au schéma que je lui avais soumis et me fit cette réponse stupéfiante:

- Ouais, je vois. Je comprends ton problème, mais je ne peux pas t’expliquer…

Étonné, j’insistai:

- Tu ne vois pas la solution?

- Si, si, mais je ne peux pas l’expliquer.

Je n’ai jamais oublié cette saynète. Chaque fois que j’y pense, je me dis que ce gars-là aurait fait un très mauvais professeur. Comment peut-on être incapable d’expliquer quelque chose qu’on comprend? La fameuse sentence de Boileau vient immédiatement à l’esprit: «Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement/ Et les mots pour le dire arrivent aisément.»

«On ne prononce pas une conférence pour écraser le public, mais pour lui transmettre quelque chose.»

Autre anecdote. Je posai un jour à un professeur de philosophie (nommons-le Boulboul) une question très précise sur Ibn Roshd. Il me répondit par un long discours filandreux auquel personne de sensé n’aurait pu comprendre mot. Quand je le lui fis remarquer, loin d’expliciter sa réponse, Boulboul se rengorgea, très fier d’avoir su ne pas se faire comprendre. Il gardait ainsi son savoir pour lui.

Vous connaissez ces conférenciers qui, devant un public profane, commencent leur laïus par une phrase du genre: «L’aporie de la contingence est l’acmé de l’ontologie spinozienne dans son appréhension heuristique du conatus…». Que les auditeurs restent assis sur leur chaise après un début aussi abscons témoigne de leur sens exagéré de la décence. En réalité, ils devraient se lever et sortir de la salle après avoir signifié au cuistre d’aller se faire voir chez les Grecs -chez Socrate en particulier. On ne prononce pas une conférence pour écraser le public, mais pour lui transmettre quelque chose.

Même chose pour un professeur. Il n’occupe pas l’estrade pour parader, pour se faire mousser, mais pour transmettre des connaissances à ses élèves, pour éveiller leur esprit critique, pour les enrichir intellectuellement.

Enfin, troisième anecdote, j’ai vu un jour un de mes collègues (nommons-le Ayman) donner deux fois un cours (trois heures, quand même…) parce que certains de ses élèves l’avaient raté à cause d’un problème de transport. Rien ne l’obligeait à le faire. Par ailleurs, Ayman donne des cours très animés, très interactifs, avec pour seul objectif de partager son savoir.

Ces trois anecdotes ont en commun une notion: la générosité.

Mon ex-collègue ingénieur n’avait pas eu la générosité de m’expliquer pas à pas la solution qu’il prétendait ‘voir’. Boulboul le prof’ de philo fit preuve, lui aussi, de pingrerie: il ne voulait pas partager ce qu’il savait. A contrario, Ayman fut généreux de son temps et de son énergie en donnant deux fois son cours.

Conclusion: pour recruter des professeurs, il faudrait non seulement s’assurer de leurs compétences en termes de savoir et de pédagogie, mais aussi de leur générosité. Comment? Je ne sais pas… Peut-être faudrait-il se renseigner discrètement auprès de leur entourage? Ou noter les pourboires qu’ils laissent aux serveurs de restaurant? Je plaisante, of course, mais ce serait peut-être un bon indicateur de ce qui constitue, pour moi, la qualité essentielle d’un enseignant.

Par Fouad Laroui
Le 02/04/2025 à 12h01

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VOS RÉACTIONS

Générosité des enseignants oui...Mais en contrepartie la société doit aussi être généreuse avec ses enseignants ou au moins cesser de les malmener (blagues, violences, dénigrement...).

Pour une fois je suis d'accord avec vous sur toute la ligne. 'Malheureusement' l'IA est aujourd'hui beaucoup plus généreuse que la majorité des professeurs qui restent bloqués dans leurs anciens mondes. Aujourd'hui l'audience a beaucoup d'alternatives. Dans le recrutement, je pense que l'idée du pourboire est excellente..:). J'ajouterai une observation de la relation du prof avec son assistante IA. Aid moubarak said à tous

Un bon prof pour un " bon" groupe d'apprenants.Le courant du savoir passe dans l'échange la sérénité et donc LA GÉNÉROSITÉ. La réciproque est vraie!

Les trois exemples illustrant votre propos sont différents à plusieurs égards: Le premier concerne un milieu professionnel, où les collègues ne se donnent pas, habituellement, de cadeaux pour différentes raisons personnelles ou professionnelles (l'information=le pouvoir). Le troisième cas est l'exemple type du vrai enseignant, aimant sa matière, convaincu par sa trajectoire et aspirant à diffuser le savoir, abstraction faite de ses qualités humaines et sociales. Ce genre existe bien mais devient rare, malheureusement. Le deuxième cas, le pire en la matière, relève beaucoup plus de la psychanalyse, tant la personne est imbue d'elle même, recoquevillée dans son cocon, avide de reconnaissance mais avare de partage, esquivant les pairs, ....La générosité est une qualité des grandes âmes.

@PARA_DOX: Le deuxième cas, on en a malheureusement des exemples au Maroc. Je me souviens d'une conférence donnée à Casablanca par un soi-disant 'philosophe' - en fait, un professeur de philosophie. Il avait juste blablaté pendant une heure d'un ton hautain, utilisant des mots techniques sans se donner la peine de les expliquer et alignant des phrases incompréhensibles. En sortant, j'avais demandé à ma femme: "Tu as compris quelque chose?" Elle m'avait répondu: "Rien. On aurait mieux fait d"aller prendre un jus de fruit sur la Corniche."

Mais le question qui reste , comment on peut distinguer si le prof généreux ou pas ?

@PARA_DOX, Votre remarque pertinente au sujet de la générosité de l'enseignant,renvoie à de beaux souvenir! Jusqu’aux années 1970,il n’y avait pas d’université à Casablanca, mais une simple annexe de l’Université Mohammed V, installée dans le sous-sol de l’immeuble même où il y avait’’ le garage de la CTM’’. C’était très pratique pour les professeurs qui faisaient la navette entre Rabat et Casablanca. Le Professeur Aziz Belal -Rahimahou Allah- était systématiquement ‘’assiégé’’ par ses étudiants après chaque cours. Il lui arrivait même de rater la CTM pour revenir à Rabat, et de passer la nuit chez l’un de ses étudiants à Casablanca (pas nécessairement communiste 😇😇) Cordialement

@Iliass. Le prof généreux, tout le monde veut assister à son cours ou sa prestation. Toute la classe ou l'assistance reste éveillée et attentive pendant toute la durée du cours. Le prof est souvent poursuivi à même les couloirs ou la cour pour donner encore plus de précisions, ...etc. Celui qui n'est pas généreux est tout à fait le contraire. L'absentéisme devient la règle chez lui, le déroulement du cours ne génére aucune réaction, sinon la somnolence et l'ennui. Tous les présents n'attendent que la sonnette de la fin pour s'éclipser le plus rapidement. Les résultats et les notes du cours du prof généreux sont, par ailleurs, souvent meilleurs, sinon les plus en vue et le bouche à oreille encense encore et encore le prof généreux jusqu'à en faire une "vedette" locale ou un symbole.

@Iliass: Voir plus bas. Laroui avoue lui-même qu'il n'en connaît pas la réponse. Peut-être faut-il 'observer' les profs débutants pendant un an pour estimer leur niveau de 'générosité'? Peut-être faut-il les faire évaluer par leurs élèves? En tout cas, c'est à l'inspection de faire ce travail. On peut repérer les profs 'généreux', les encourager, les féliciter, leur accorder des promotions, etc.

Salut chers lecteurs. Le métier d'enseignants est devenu de plus en plus difficile. Monsieur Fouad se rappelle de l'enseignement d'autre fois. Aujourd'hui, les circonstances ont changé. Je voudrais changer le mot "générosité" par "amour". Quand on exercise un métier qu'on aime, on se réjoui en travaillant. Malheureusement, l'enseignement est devenu un business. Comment peut-on avoir un prof généreux qui se voit exploiter par un capitaliste(propriétaire d'un établissement privé)? Comment peut-on avoir un prof généreux qui voit que l'état a levé la main du secteur publique? Comment peut-on avoir un prof généreux qui a passé plusieurs années sans encouragements et qui voit ses droits négligés ? En général, rien n'est laissé au hasard par ces maudits capitalistes.

Hélas, et mille fois hélas, on est passé du principe gratifiant du sacerdoce au souci mesquin du négoce. Le fonctionnariat, état d’esprit qui passe la camisole au cœur pour en brider les généreux élans, a porté un coup dur à la notion de mission. On prodigue de moins en moins le savoir, on le distille plutôt... Voici un extrait d'un bulletin de visite qui abonde dans votre sens. « En somme, la prestation de Madame X, qui se démarque de par sa générosité et son ingéniosité du minimalisme ambiant, a ravivé en moi le doux parfum et le souvenir des heures de gloire de la "haute pédagogie. D’ailleurs, rien que pour cela, force m’est de lui en savoir gré. Et pour pasticher le poète, il m’est agréable de lui dire :  « À chaque effondrement des preuves le pédagogue répond par une salve d’avenir."

Cher Pr Laroui, à chaque fois que je vous lis j'ai 1 double sentiment.Je suis autant admiratif de votre acuité d'analyse que surpris par votre (fausse) naïveté. Vs savez très bien,et d'ailleurs même les anthropologues coloniaux (qui parfois étaient objectifs)le savaient aussi, qu'il existe de manière ancrée chez ns deux phénomènes: 1 l'archétype de l'érudit pédant et surtout 2 l'art de ne pas partager sa connaissance, méthode ou technique afin d'avoir un certain monopole. J'ai des ex. Un très gd historien bien connu n'a jamais encadré ne serait-ce qu'un seul doctorat, les professeurs de médecine qui ne partagent pas leurs techniques avec les nvx médecins et même certains maalem artisanaux qui préfèrent mourir avec leur secret que de les divulguer.C'est 1 trait de caractère typique cz nous

@Omar . Vous savez ne pas partager son savoir , c'est le réduire même pour nous-mêmes. Car si on le partage, ça nous pousse à aller plus loin. On pourrait dire que le partage c'est comme de la musique en USB qu'on donne aux autres sans la perdre. Mais on a un profond problème d'égo, de narcissisme et de fragilité psychique dans notre société. On veut toujours être le meilleur et le seul qui ait accès à des secrets. Cela vient du fait qu'on veut être le seul qui contrôle les choses. C'est un Pb très, très profond et surtout Inconscient dans notre culture. Il suffit de lire les commentaires en anglais sur Amazon et youtube pour voir a quel point ces gens partagent tout. Nous, même notre vie ou nos réalisations on les cache par peur du mauvais oeil. On doit sortir de notre moyen-âge mental!

@anissa Je suis d'accord avec vous. Il est plus dans le registre de l'ironie afin de ne pas trop braquer les gens. Mais parfois , il faut aussi dire les choses telles qu'elles sont et être direct. Le médecin ne guérit pas les patients en étant ironique. Mais il a le grand mérite de poser certaines questions qui dérangent.

Bonsoir Sextus Empiricus Islamicus. Entre l'école coranique, l'école primaire, le lycée et l'université, j'ai du avoir quelque chose comme 200 enseignants. Comme l'écrivain américain William Arthur Ward (1921-1994), je les classe en 4 catégories: 1. un enseignant médiocre parle, 2. un bon enseignant explique, 3. un excellent enseignant démontre, 4. un très grand enseignant inspire. J'avoue que j'en ai eu beaucoup de la première catégorie, mais je me suis quand même bien débrouillé grâce aux livres Il y a des trésors dans les livres. D'ailleurs, certains enseignants n'aimaient pas qu'on sache de quel livre, ils tirent leur savoir, les pauvres! Cordialement.

@SEI: vous savez bien que notre cher écrivain joue souvent le Candide pour dire des vérités parfois dérangeantes en feignant de s'étonner... Cordialement.

Enseigner est un METIER. Que chacun réussisse le sien! Encore faut il qu'il en fasse LE CHOIX. L'école est à l'image de la société; elles évoluent ensemble./ Enseignants, apprenants, méthodes, ressources ,cadre organisationnelle.... L'enseignement; ce n'est plus dispenser à "ruminer" et à restituer sans INTEGRATION ni impact sur les comportements et les esprits . Les méthodes pédagogiques et la recherche de modèles organisationnelles sont en perpétuelles transformations dans le monde L'économie ,la société ,la démographie ,le niveau de développement dictent les choix de modèles à adapter et adopter. A chacun son école. Un pro des MATHS Français disait ; Chaque cours est pièce de théâtre . Apprécions donc l'effort à faire Modestement. .MERCI..

En plus de l’arabisation, la raison pour laquelle l’enseignement est en si piètre état est la libéralisation de ce secteur stratégique; transformé en un business quasi informel. Et si le noble métier d’enseignant a perdu de sa valeur dans la société, c’est parce que - au même titre que la santé - depuis presque quarante ans, les politiques publiques en matière d’enseignement ont graduellement fait de ce secteur une industrie commerciale comme les autres. Ce qui fait qu’aujourd'hui, il est devenu une véritable fabrique à ignares, chômeurs et, par dessus tout, consommateurs au lieu de citoyens utiles. Donc, ne soyons pas étonnés si la qualité des enseignants est aussi mauvaise. Ils sont le produit d’un secteur qui a été mis volontairement à échec, pour justifier sa privatisation à tout va!

Tant qu'il n'y aura pas des états généraux de tous les spécialistes des sciences sociales et humaines pour essayer de comprendre en profondeur tous les dysfonctionnements sociaux, légaux, et économiques, ainsi que les déterminismes psychologiques qui nous conditionnent ,et surtout tant qu'il n y aura pas une masse critique de la popul. c à dire au moins les 3/4 qui est éduquée, consciente et citoyenne, ce sera l'anarchie et la loi du+ fort. Les derniers à avoir fait ce travail sérieusement sont..les anthropologues français coloniaux afin de mieux nous cerner et de nous reconfigurer. Aujourd'hui on croit que le développement n'est qu'en formation de techniciens et de plans quinquennaux 0u des investissements étrangers alors que sans structuration mentale adéquate, on n'ira nulle part.

C'est quoi la générosité ? si ce n'est pas le partage de ce que l'individu peut posséder en biens matériels ou immatériels. Dans le domaine de l'éducation et de la formation c'est donner et recevoir. cette interaction permet à l'enseignant de mettre son savoir à la portée de ses élèves et de les inciter à interagir avec son contenu. cela ne peut se réaliser sans une bonne dose d'amour du métier de l'enseignement. Aimer c'est aussi donner et partager sans compter. A mon avis pour sélectionner les bons enseignant il faut organiser, outre les épreuves écrites, des oraux qui traitent, entre autres, de la capacité du candidat à partager avec autrui.

un enseignant c'est celui qui aime son métier, sa responsabilité ,son devoir de communiquer avec l'apprenant. C'est un art qui n''est pas à la portée des communs des mortels , Les trois anecdotes de Mr Laoui sont un exemple de genre de profs.

Bonjour M.Laroui, J'adhère complètement à votre point de vue. J'ai une seule question : pouvez m'expliquer comment on fait pour recruter des profs généreux? Merci.

M. Hamou: votre question est pertinente. M. Laroui avoue lui-même qu'il n'en connaît pas la réponse. Peut-être faut-il 'observer' les profs débutants pendant un an pour estimer leur niveau de 'générosité'? Peut-être faut-il les faire évaluer par leurs élèves?

La générosité n'est-elle pas inscrite dans les gènes même de la fonction. Peut-on choisir ces "métiers" (entre guillemets parce que, pour moi, cela se rapproche plus du sacerdoce) comme professeur, infirmière,... globalement, tous ceux qui se mettent au service et à l'aide d'autrui, sans être altruiste. Ayant été assez bon éléve lors de mon cursus, je suis passé entre les mains d'un prof de Chimie-Physique, accumulant toutes les qualités humaines les plus appréciables mais nul en pégagogie, en transmission du savoir. Au point d'être demandeur de plus amples informations, mais n'y faisait. Je dois ma réussite, cette année-là, à son absence et son remplacement la deuxième moitié de l'année, par une jeune prof plus pédagogue.

Quand tu demande spontanément à un individu enseignant comment t es trouvé dans cette d éducateur, la majorité te répond ,pour ne pas chômer ou c est tout ce que j ai trouvé comme issue à ma situation sociale.......rarement tu rencontres des personnes passionnées par la plus noble des tâches sociales .Instruire, curer, assister, défendre la nation, c est des ( métiers) où l on donne plus qu on prenne, c est pas des métiers où l on se fait riche, mais ce sont des métiers qui nécessitent une richesse éducative, émotionnelle, citoyenne, plus un équilibre psychologique et sentimentale pour ne pas faire subir les enfants les ravages des complexes qui errent avec certains psychopathes ( prof+instituteurs)

Pour être généreux, il faudrait d'abord être riche. Certains se cachent derrière la difficulté alambiquée pour escamoter leur pauvreté intellectuelle c'est à dire leur incompétence.

les cours de math ou d'arabe je sais pas ...mais en français ou anglais je peux confirmer que tous les profs arrivent sans formations véritables dans les lycées pour enseigner ils ont plus que des lacunes...les élèves se voient souvent corrigés à la maison par leurs grands père... ce ne sont pas les réseaux "associaux" qui vont les aider......un bon livre serait plus utile mais il est à la fois absent et tabou..

Et d'honnêteté! J'ai le souvenir d'un prof qui se fichait complètement de son cours. Un jour, il y a eu contrôle et là il fut brillant, pédagogue, attentif. La classe en fut bluffée. Comme si de rien n'était le lendemain il reprit son pli. C'était dans un lycée, en cours de prépa et dans une matière scientifique.

"... des écoles dites d’excellence..." !?... Si on a des écoles d'excellence c'est qu'on admet que les autres sont des écoles de la Médiocrité (la majorité) ... Pourquoi donc cet élitisme ? ... Former les élites est-ce la fonction Principale de l'École ? ... À mon humble avis la fonction de l'École n'est pas de trier les élèves mais de les former et de les sauver TOUS de la RUE !!! La question est à l'ordre du jour maintenant même en France ! Merci

Ssi Driss l'École pour TOUS devrait produire toutes sortes de compétences et dans TOUS les domaines (Politique, Économie, Sciences, Sports, Arts,...) et même dans l'artisanat et les arts manuels ! Ces Écoles *d’excellence* devraient faire partie d'une Stratégie Globale d'excellence dirigée par L’État ! ... Merci

Bonsoir Monsieur Hamdaoui, Vous avez raison, mais, jusqu’à un certain niveau seulement ! Comme vous le savez, la globalisation a entraîné une lutte atroce pour les parts de marché .Dans cette compétition, la qualité des RH est un facteur déterminant .Or, le " haut potentiel " ne peut pas être formé en " quantité industrielle ". Cordialement

Cher Laroui, vous avez raison. En particulier; en ce qui concerne Boulboul. Des Boulboul, on en connaît. beaucoup. Imbus d'eux-mêmes, méprisant les autres, ils donnent des conférences dont on sort 'sonné' mais sans avoir rien appris parce qu'ils utilisent des mots que personne ne comprend et font des allusions obscures. A contrario, vos conférences, comme celles d'un Étienne Klein en France, sont lumineuses. Merci.

Je ne sais pas si le terme " générosité " est le plus approprié en la matière ! Après tout, l’enseignant est rémunéré pour la prestation qu’il fournit, soit par l’étudiant lui même ,s’il s’agit du privé, soit par la communauté quand l’enseignement est public. Néanmoins,Ayman serait généreux s’il n’a pas facturé cette séance de rattrapage. Certains enseignants, pour impressionner l’assistance, s’ingénient à compliquer volontairement les choses simples ,alors que le cœur de leur mission est plutôt de simplifier les choses compliquées. On n’a pas besoin de compétences pointues pour compliquer les choses simples !

Bonjour Monsieur Driss. En général, quand un enseignant complique les choses, c'est qu'il ne les maîtrise pas. Einstein disait: "Si vous ne pouvez pas expliquer un concept à un enfant de six ans, c'est que vous ne le comprenez pas complètement.". Cordialement.

Plein dans le mille ! Parole d'un enseignant au service de ses élèves depuis 1985. Empathie et générosité en plus du savoir-être et du savoir-faire, bien entendu. Bref, l'art du partage...

Magistral, cher professeur Laroui.

Tous les spécialistes de la formation des enseignants disent la même chose, et pourtant ça ne change pas. Ce qu'on appelle pédagogie/didactique de la matière scolaire devient vite plus importante que la relation éducative. Et les élèves professeurs suivent un cours de psychologie de l'éducation mais qui reste trop théorique.

Il est indéniable que la profession d'enseignant attire parfois des individus issus de milieux socio-économiques défavorisés, pour qui elle peut représenter une forme de sécurité professionnelle. Cependant, il serait réducteur d'affirmer que leur motivation se limite exclusivement à la recherche d'une « planque ». L'enseignement offre en effet une stabilité d'emploi et un cadre propice à l'épanouissement personnel, ce qui peut être particulièrement attractif pour ceux qui n'ont pas bénéficié de ces avantages dans leur parcours. Il est par ailleurs regrettable de constater que certains enseignants, une fois en poste, semblent se désengager de leur mission première au profit d'activités annexes, qu'il s'agisse d'immobilier, d'intermédiation ou de pratiques artistiques.

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