Bahija Simou: «Le Maroc n’a jamais cessé de défendre son Sahara oriental»

Bahija Simou. Crédit : capture d'écran.

Bahija Simou, docteure d’État en histoire contemporaine et directrice des Archives royales.

Le 08/03/2024 à 15h10

VidéoDevant une salle archicomble, la directrice des Archives royales, Bahija Simou, a exposé de nouvelles preuves ô combien irréfutables attestant de la souveraineté du Maroc sur ses régions du Sahara oriental. La conférence, organisée jeudi 7 mars 2024 à Rabat par l’association Ribat Al-Fath et retransmise en direct par nos confrères de SNRT News, était très attendue par les férus de l’histoire du Maroc et a suscité un engouement sans précédent sur les réseaux sociaux.

Documents incontestables et authentiques à l’appui, Bahija Simou, docteure d’État en histoire contemporaine et auteure de plusieurs ouvrages, a présenté, avec brio et durant plus d’une heure, un pan important de l’histoire du Maroc, un État-nation qui a durant des siècles possédé une vision extrêmement claire et précise de sa souveraineté sur les régions du Sahara oriental.

«Le Maroc n’a jamais cessé de défendre ses frontières orientales qu’il possédait depuis le 17ème siècle jusqu’à l’arrivée des Français», a-t-elle affirmé, soulignant que «dès son accession à l’indépendance en 1956, et en avril de la même année ainsi qu’en 1957, la France tenta d’entrer en discussion avec le Maroc pour résoudre le problème des frontières du Sahara oriental, et ce par la voix de l’ambassadeur de France à Rabat, Alexandre Parodi, qui insistait pour rencontrer le gouvernement marocain, auquel il avait suggéré une solution du problème, soulignant que parmi les questions à résoudre figurait la région de Tindouf». Selon l’historienne et directrice des Archives royales, la France comptait restituer, à ce moment-là, Tindouf au Royaume du Maroc.

Bahija Simou rappelle à cet effet que «Feu le roi Mohammed V refusa cette proposition et répondit à la France qu’agir ainsi serait donner un coup de poignard dans le dos des combattants algériens» et que le Souverain préférait «attendre l’indépendance de l’Algérie pour résoudre ce problème des frontières avec “nos frères algériens”».

Une réponse qui reflétait, a-t-elle poursuivi, «ses nobles principes qui respectent le bon voisinage et la fraternité dans l’Islam ainsi que les liens de sang entre les tribus marocaines et algériennes».

Appui du Maroc à la révolution algérienne

Cette réponse incarnait, également, «sa philosophie de solidarité avec la révolution algérienne», fait valoir Bahija Simou, qui rappelle dans ce sens l’appui précieux et décisif du Maroc à cette révolution.

«Nos chemins de fer, les moyens de propagande, nos casernes militaires et nos ports ont été mis, entre autres, à la disposition des Algériens pour parvenir à la victoire finale», a-t-elle martelé. Force est de rappeler également, selon elle, «les positions diplomatiques et les aides financières et militaires (fourniture d’armement et soldats)» à l’Algérie durant cette période.

Peu avant sa digression sur l’apport considérable du Maroc à la révolution algérienne et son refus de traiter la question du Sahara oriental avec la France, Bahija Simou a mis en avant le cas d’un personnage peu connu jusque-là, à savoir Ali Ben Mohammed Soussi Semlali, qui faisait partie de la commission chargée d’identifier les frontières. Ce dernier avait présenté au sultan Moulay El Hassan en 1887 un document où il l’invitait à une répartition territoriale sous forme d’une carte complète du Maroc où les régions sahariennes, de l’Est et de l’Ouest, apparaissaient de façon nette et claire. «Le document est d’autant plus précieux qu’il mentionne les tribus avec leurs noms marocains authentiques, leurs emplacements et le nombre de leurs populations», dit-elle.

Le Sultan reçut la Baïa (allégeance) de ces régions au 20ème siècle

Et de poursuivre en évoquant l’année 1900, date pendant laquelle la France a occupé des régions marocaines comme «Timimoune, Ksour Mtarfa, Beni Abbas, Aïn Saleh», avant de s’approprier, entre 1900 et 1903, «les oasis de Touat, les environs de Béchar, Bourara, Tidikelt et Aïn Safra».

L’État marocain, ajoute-t-elle, s’était insurgé contre ces dépassements «comme le démontre le livre d’Alfred Georges Paul Martin, intitulé “Quatre siècles d’histoire marocaine au Sahara de 1504 à 1902”, paru pour la première fois en 1923». Cet ouvrage de 613 pages, rédigé par cet ancien officier interprète de «l’armée d’Afrique», est riche en documents prouvant sans l’ombre d’un doute la souveraineté du Maroc sur le Sahara oriental sous l’autorité directe des sultans chérifiens.

«La résistance féroce rencontrée par les colons français dans nos régions du Sahara, occidental et oriental, a poussé ces derniers à la signature du protocole de 1901, et le protocole du 20 avril 1902. Ces deux protocoles sont les deux décisions portant exécution des dispositions du traité de Lalla Maghnia. Les lecteurs avertis du protocole de 1902 peuvent y déceler que la souveraineté n’a pas été ôtée au Maroc, mais que le droit de pacification a été octroyé aux Français. La souveraineté marocaine fut donc maintenue», souligne cette spécialiste des archives coloniales.

À propos de ces deux accords, Alfred Georges Paul Martin écrit dans son livre que Le360 a consulté: «L’extension territoriale réalisée par la France dans le Sahara depuis 1900, et dont le Gourara, le Touat et le Tidikelt ne constituaient qu’une partie, avait rendu instante la question de la frontière laissée jadis en suspens par le traité de 1845, et avait imposé la nécessité d’une conversation avec le gouvernement chérifien.» Une énième preuve, et non des moindres, que ces régions appartenaient de droit et historiquement à l’empire marocain.

La preuve en est que le sultan Moulay Hafid avait reçu la Baïa, l’allégeance des tribus locales, en 1907, dans l’ensemble des régions du Sahara oriental, à savoir les provinces de Touat, Tidikelt et Bourara, qui sont demeurées sous souveraineté marocaine, souligne la directrice des Archives royales.

Lignes Varnier et Trinquet

Le 14 janvier 1912 (deux mois avant le protectorat), la France a unilatéralement adopté la ligne Varnier qui fixait les limites de la compétence administrative, via laquelle elle a procédé à l’amputation arbitraire des régions du Sahara oriental marocain. Bahija Simou explique à ce propos que sur la base de cette ligne, la France s’est emparée de Tafna et de plusieurs autres provinces marocaines. Le Maroc n’avait pas reconnu cette ligne.

Il s’est ensuivi la deuxième ligne, celle de Trinquet, qui a complété la première avant de s’arrêter à Tindouf. «C’est comme cela que s’est opérée l’extension française au détriment des territoires marocains, de l’Est à l’Ouest», conclut-elle.

Par Saad Bouzrou
Le 08/03/2024 à 15h10

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C 'est simple,la France doit liberer les archives concernant le Sahara Oriental et le Sahara Atlantique, c'est la moindre du chose....

C'est la raison essentielle pour laquelle que les communistes-chiites de l'est, conseillés par les grands géo politologues ennemis du royaume, évitent les tables rondes...

On est tous convaincu que le Sahara orientale est Marocaine et il ne faut pas s'attendre à le récupérer sans livrer batail. C'est pourquoi je me dis que si jamais l'Algérie mene une guerre contre nous à cause du Sahara occidentale, alors ça sera une occasion rêvée pour notre pays en gagnant cette guerre pour "à la fois" régler une fois pour toute le problème du Sahara occidentale et récupérer le Sahara orientale. C'est une option tout à fait réaliste et plausible. Rappelez vous qu'on a récupérer oued dahab en 1979 grâce au polisario dont les attaques ont obligé la Mauritanie de s'en désister, qui pouvait l'imaginer avant que se soit arrivé. Merci polisario

Génial ! Et dire que personne n’a pensé à ce raccourci depuis 1963😳😳

Les frères de sont révélés des traîtres ,il n’y avait pas de honte à négocier avec les français pour récupérer ce qui nous appartient de droit

OK. Maintenant que nous savons que le sahara oriental doit nous être restitué, que peut (doit) faire le Maroc ? Quelles instances internationales consulter ? Que peut on espérer ? Pour le sahara actuel, on en est à 50 ans de procédure. Un juriste peut-il répondre ?

Le Grand Roi Hassan 2 Allâh ya rahmou, avait signé en 1972 le tracé des frontières avec le chien boukharouba, mais jamais à jamais n'a été voté au parlement marocain, donc caduque! La colonisatrice et vilaine France (gouvernement) n'a jamais voulu remettre ses archives lors de son arrivée chez l'ex-bordel ottoman en 1832 et s'est comportée comme une voyoute en commençant à démembrer le Maroc et c'est un fait historique. L'empire ottoman n'a jamais mis les pieds au Sahara oriental MA, ni jamais colonisé le Maroc! Nos responsables politiques "quels qui soient" ont la responsabilité morale de récupérer le Sahara oriental dont la responsable directe est la colonisatrice France, qui garde à ce jour les archives, comme elle garde honteusement les crânes décapités Dz au musée de l'homme à PARIS.

Il ne suffit pas de dire; il faudra aller le récupérer ce bout de territoire... et c'est là que ça coince. Une requête écrite et envoyée à Alger, suffirait peut-être à la restitution de ce Sahara oriental. Qui sait.

Bravo Mohammed V et vive le sahara marocain !

Et on fait quoi maintenant, on attend que le Tbibine et son amant Chlingueri7a nous le restituent, le machin ONU ? une autre marche verte ou on va frontalement nous même les récupérer ?

pas besoin de guerre ni du machin . Le pays que la France a créé et a monstrueusement élargi son territoire va s’effondrer. Ce n’est qu’une question de temps. Ce qui est important, c’est que le Maroc soit prêt à récupérer ses terres le moment venu et que nous ne laissons pas l'Iran, la Turquie, la Russie ou la France stationner leurs forces dans le Sahara oriental marocain après l'implosion de ce cancer .

Le Maroc doit absolument recouvrir toutes ses terres spoliées par la France et rattachées illégalement à l'Algérie.

C est indiscutablement le colonialisme hexagonal qui a depécé des territoires marocains,a savoir le Sahara oriental et les a remis illégalement a sa création coloniale,qui lui a donné l appellation dite aujourd'hui l Algérie.

Madame Bahija Simou a omis de parler de la proposition du Général de Gaulle de restituer le Sahara Oriental à condition que le Maroc cesse toute assistance aux maquisards du FLN, ce que Feu Mohamed V avait refusé. Un accord avait été établi entre le gouvernement provisoire de la république algérienne, dirigé par Farhat Abbas, par lequel il avait été stipulé que le tracé de la frontière à l'Est du Maroc sera fait au lendemain de l'indépendance de l'Algérie. Une fois indépendante, l'Algérie par la voix de son gouvernement dirigé par Ben Bella refusa l'application de cet accord. Triste constat de la part de ce que nous appelions "nos frères". Bien entendu tous les dirigeants algériens se cachaient derrière le slogan de "territoires hérités de la colonisation". Drôle de frères. BS

Voici donc la raison pour laquelle l'Algérie héberge nourrit et arme les fantoches séparatistes.polisariendu tout. L 'algerie cherche a occuper et detourner les regards et à cacher l'arbre avec une passoire.. ils ont même crier haut que voici la preuve que les marocains veulent réaliser le grand maroc..

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